Vrais mensonges et fausses vérités: les nouveaux standards de la propagande

Auteur(s)
Xavier Azalbert, pour FranceSoir
Publié le 05 mars 2022 - 19:10
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Pilule rouge
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Vrais mensonges et fausses vérités: les nouveaux standards de la propagande
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EDITO - Depuis peu, une translation de l'espace dans lequel nous opérons, intervient.

Dans cette vergence dialectique que l'on nomme «metaverse», le faux est le nouveau vrai. La vérité ne se doit plus d’être un jugement conforme à son objet, l’objet doit se conformer à la vérité. Dans ce paradigme à la merci du pouvoir, au gré de ses besoins, elle est transformée et reformée, inversée et renversée. Aussi, la vérité d'aujourd'hui peut s'opposer à la vérité d'hier. Elle devient ainsi soit un dogme élastique interprétable, soit une notion dépassée qui se doit d'être écartée. C’est un mouvement de flux et reflux incessant dans lequel une chose peut être affirmée un jour et son exact contraire dès le lendemain.

La vérité n’est plus la correspondance entre ce qui est dit et ce qui est. Elle est dite. La vérité n’est plus recherchée et démontrée. Elle est imposée. Devant le pouvoir, le fait s'efface devant l'opinion, la cohérence devant l'incohérence, la constance devant l’inconstance, l'objectivité devant la subjectivité.

Loin « cent faux » (s'en faut), ce n’est pas en empruntant un chemin sémantique tortueux que nous pouvons nous rendre dans la bonne direction. Ni même la moins pire. Le réel finit par rattraper le récit.

Dans le métaverse permanent qui nous est imposé par la propagande d'État en guise d'informations vérifiées et démontrées, c'est donc dorénavant un ensemble de fausses vérités inversées et de mensonges assumés qui accaparent l'actualité. Concomitamment à la modification de la terminologie en droit de la notion d'urgence, une torsion du réel a permis aux pouvoirs publics d'avoir une gestion à vue et à géométrie variable de la crise sanitaire liée à la covid-19. Cette torsion leur a permis d’imposer le récit suivant :

  • l'hydroxychloroquine et les traitements précoces ne fonctionnent pas ;
  • les thérapies expérimentales doivent être approuvées en usage de masse ;
  • le principe de précaution consiste à injecter les enfants et les femmes enceintes ;
  • le droit doit être étatisé ;
  • l'État peut substituer aux droits individuels, des devoirs mutualisés ;
  • les médias ne doivent plus jouer le rôle de 4ème pouvoir : ils ne doivent pas aller à l'encontre des messages du Gouvernement, cela pour ne pas exposer inutilement les citoyens.

Tout ceci va à l'encontre de l'expérience empirique, de l'observation.

Ainsi, dans le plan raisonné de la nouvelle vérité du métaverse, le théorème d'incomplétude de Gödel prend, hélas, tout son sens. En mathématiques, la notion de « démontrabilité » étant relative à un système d’axiomes, une certaine affirmation mathématique peut très bien être démontrable par un système sans l’être par un autre. Aussi, de la même manière qu’il existera toujours des énoncés mathématiques vrais, mais indémontrables sans recourir au bon système, dans le système du métaverse, il est possible d’asséner des vérités sans nécessairement les démontrer.

Cela en devient Orwellien, sauf pour ceux qui analysent le plan connexe de la vraie vie.

Car ceux qui se heurtent au réel constatent que, en réalité :

  • les traitements précoces fonctionnent : de nombreuses études le démontrent ;
  • les vaccins ont des effets secondaires importants et peu de bénéfices : ils n'empêchent ni la contamination, ni la transmission, ni les formes graves de la maladie ;
  • le principe de précaution devrait prévaloir sur l'urgence à injecter des enfants ;
  • l'État devrait être garant de nos droits et non pas nous imposer des devoirs qui bafouent nos droits ;
  • le droit devrait être indépendant de toutes considérations politiques ;
  • les médias devraient être indépendants et libres.

Dans le meilleur des mondes, la vérité devrait l'emporter sur le mensonge, le faux, ce nouveau vrai antinomique à la vérité, que l'on constate partout dans le métaverse. Il est donc temps de ramener le bon sens à un espace orthonormé, où les axes sont indépendants les uns des autres.

Ainsi dans cet espace orthonormé aux dimensions indépendantes, la justice, par exemple, est réellement indépendante du pouvoir, et l'État agit véritablement dans l'intérêt des citoyens. La norme serait alors la raison et le bon sens serait au service du bien commun. Ce n'est plus une organisation des dysfonctionnements imposée artificiellement par le mensonge à la population pour les privilèges de certains, qui opère.

Comme quoi, comme souvent (comme toujours ?), Proudhon avait donc bel et bien raison, totalement raison, concernant le principe de mutuelle*.

*Ce qu'il appelait le mutuellisme (Système des contradictions économiques ou philosophie de la misère [1846])

Dans le métaverse, alors que la réalité est tout autre, le faux serait devenu le nouveau vrai, un paradigme instauré au moyen d'un "illusionnisme scientiste".

 

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