Christophe Barbier, ou le facho-centrisme

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Patrice Gibertie, pour FranceSoir
Publié le 06 novembre 2021 - 12:47
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Christophe Barbier fait le poirier sur le plateau de BFMTV, le 3 janvier 2018.
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Une des nombreuses cascades de Christophe Barbier : il faisait le poirier sur le plateau de BFMTV, le 3 janvier 2018.
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TRIBUNE — Barbier et BFM ont franchi les limites de l’infamie ! Barbier a dit tout haut ce que macronistes et les Khmers roses verts pensent tout bas. N’ont-ils pas envisagé la vaccination obligatoire ?

Christophe Barbier veut que des « administrations qui ont les noms des non-vaccinés » donnent « les fichiers à des brigades », « des agents, des équipes » chargés d’aller « frapper à la porte des gens » ! Mauvais remake du nazisme…

Faut-il s’en étonner ; ce ne sont pas les populistes qui menacent la démocratie, mais les extrémistes du centre ! Vous êtes surpris ? On assimile les électeurs qui votent mal à des fascistes en puissance alors que nombre d’entre eux aspirent au contraire à faire prévaloir les principes démocratiques

On voit émerger un discours officiel, avec le soutien des médias et des institutions culturelles, expliquant que, tout compte fait, la liberté, ce n’est pas vraiment formidable. La macronie n’a cessé de mettre en place des mesures liberticides au nom de la Vérité autoproclamée de Big Pharma. La censure a chassé des plateaux télé tous les scientifiques de renom et la chasse aux sorcières poursuit les réfractaires.

Alors, les extrémistes du centre veulent protéger les grands enfants du peuple de la contagion du doute critique.



Le phénomène est historiquement ancien, les « modérés » n’en sont pas et ils se sont toujours méfiés du peuple qui vote mal, ils étaient bien peu nombreux dans les rangs de la Résistance en 39-45… Ils soutenaient Pétain comme en Allemagne le Zentrum de Von Papen ouvrit les portes du pouvoir à Hitler.

Que cela plaise ou non, c'est Praud et CNews, souvent accusés de « populisme », qui incarnent la Démocratie.

C‘est France Soir ou "le Courrier des stratèges" qui donnent la parole aux scientifiques…


Atlantico reprenait les analyses du politologue britannique David Adler, en interrogeant Vincent Tournier (mai 2018) :

David Adler présente un résultat très original, troublant même tant il vient bouleverser la manière d’analyser la situation actuelle. Traditionnellement, on s’inquiète plutôt du déclin des valeurs démocratiques du côté des populistes ou des contestataires. Or, Adler montre que, s’il y a du souci à se faire, c’est plutôt du côté des électeurs modérés, ceux qui se placent au centre (pris ici au sens large, c’est-à-dire incluant le centre-gauche et le centre-droite). Les plus éloignés de la démocratie ne sont donc pas ceux que l’on croit. Adler parle du « paradoxe centriste » : les électeurs dont on pense qu’ils sont les mieux intégrés dans le système démocratique sont au contraire ceux qui y croient le moins. [...]

Leur désaffection pour la démocratie est difficile à expliquer, mais on peut se demander si elle ne vient pas du sentiment que, du moins pour une partie des élites, la démocratie a cessé d’être perçue comme le meilleur moyen pour assurer la préservation de ses intérêts. Si on utilisait un langage marxiste, on pourrait dire qu’il y a une disjonction entre les intérêts des élites et le moyen par lequel elles entendent préserver ceux-ci. Jusqu’à présent, la démocratie était un bon moyen, mais aujourd’hui, c’est un peu moins vrai car la volonté populaire ne va pas dans le bon sens. Par exemple, une grande partie des élites actuelles est acquise à l’idée que les frontières doivent être le plus ouvertes possibles, mais ce souhait est loin d’être partagé par les opinions publiques. [...]

C’est l’autre résultat important de David Adler : il montre que, non seulement les centristes sont moins sensibles aux valeurs démocratiques, mais qu’en plus ils sont davantage demandeurs d’un pouvoir fort. Les centristes ne sont donc pas seulement éloignés de la démocratie ; ils ont bel et bien des velléités autoritaires. Cet attrait pour l’autoritarisme peut s’expliquer par une forme d’incompréhension par rapport aux élections : c’est le sentiment que le peuple ne suit pas, donc qu’il faut le ramener dans le droit chemin. On voit bien, depuis quelques années, que les résultats des urnes sont jugés décevants par une partie des élites. Le peuple vote mal.

Le succès des partis populistes conforte régulièrement cette méfiance. Les électeurs sont accusés de ne pas être fidèles aux valeurs démocratiques. Or, si on suit l’analyse d’Adler, c’est justement tout le contraire : c’est au nom de la démocratie que les électeurs se détournent des partis de gouvernement. [...]

Bref, c’est toujours la faute des électeurs, jamais celle des élites. Pourtant, dans une entreprise, si un produit ne se vend pas, on ne va pas s’amuser à dire que c’est parce que le client n’est pas à la hauteur. [...]

On assimile les électeurs qui votent mal à des fascistes en puissance alors que nombre d’entre eux aspirent au contraire à faire prévaloir les principes démocratiques. [...] 

L’autre risque, plus important, est de discréditer la démocratie. La situation est assez cocasse : ce sont les partis contestataires qui se revendiquent de la démocratie (il suffit de voir le FN ou la France insoumise, lesquels ne cessent de réclamer des référendums) alors que les partis de gouvernement hésitent à utiliser le mot, préférant dénoncer le populisme et la démagogie.

Les facho-centristes trouvent-ils les médias trop mous ? Ils veulent un organe offensif et pour ce faire usurpe le titre d’une revue de la résistance communiste : « Franc-Tireur », elle sera dirigé par Barbier lui-même.

Plutôt qu’un newsmagazine, ce sera « un libelle, un manifeste ». Un arsenal de papier proposant « un armement intellectuel, journalistique, pour lutter contre la progression de l’obscurantisme ». Lorsque Christophe Barbier présente la publication qu’il s’apprête à diriger, le verbe est haut, le vocabulaire, choisi. « Dès qu’on prononce le mot centrisme, ça fait mou, tiède. Alors qu’on veut faire quelque chose de très puissant, de très offensif », expose l’éditorialiste de BFM-TV, ancien directeur de la rédaction de L’Express. (le Monde)

Annoncé de longue date, le projet de magazine politique voulu par le financier tchèque Daniel Kretinsky, fondateur du groupe de presse Czech Media Invest (CMI) et actionnaire indirect du Monde, entre dans sa dernière ligne droite.  Nommé Franc-tireur, le titre sera porté sur les fonts baptismaux numériques le 6 octobre. (France Info) Après avoir racheté Elle, Version Fémina, Télé 7 Jours ou Marianne, lancé S, le magazine de Sophie Davant, le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky s’apprête à éditer Franc-Tireur, un hebdomadaire dont le premier numéro sortira le 17 novembre.

Depuis octobre 2018, Daniel Kretinsky est détenteur de 49 % des parts de la société Le Nouveau Monde, actionnaire du journal Le Monde. Son nom apparaît dans les Panama Papers.

Christophe Barbier, ancien directeur de la rédaction de L’Express, qui codirigera la rédaction, "s’est entouré de plumes comme Raphaël Enthoven, Caroline Fourest, Rachel Kahn ou l’ancien leader de Force Ouvrière Jean-Claude Mailly." "On voit une radicalisation des idées politiques, la parole est aux extrêmes et à tous les populistes. Beaucoup de gens les combattent, mais chacun est dans son coin, de manière désordonnée. Il fallait les réunir. Tous ces franc-tireurs isolés auront leur maison, leur journal : contre tous les obscurantismes et les extrémismes politiques. » (France Info)

 

Article initialement paru sur le blog de Patrice Gibertie et repris avec l'aimable autorisation de son auteur.

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