J’aurais cru à ce gouvernement si…

Auteur(s)
Laurence Waki
Publié le 24 octobre 2023 - 14:13
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Castex
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F. Froger / Z9 pour France-Soir
Jean Castex, Premier ministre du déconfinement... Comment croire à ce chef de gouvernement qui n'aura eu de cesse de nous parler comme à des benêts durant son passage à Matignon.
F. Froger / Z9 pour France-Soir

TRIBUNE/OPINION- Il faut sortir de l'amnésie, cette amnésie qui pousse à l'apathie, afin d'agir, afin d'être acteur politique, pour soi et pour tous. Repérer les mêmes dysfonctionnements, à des fins dites sanitaires, mais aussi climatiques, mais aussi d'anti-terrorisme. Voir ces points communs qui amènent à toujours plus de restrictions, de suppressions des libertés fondamentales, à de plus en plus de contrôles sur tout, même sur les actes les plus quotidiens et anodins, de dématérialisation vers un tout-Numérique pour un mode mécaniste, vers la pensée unique pour ne suivre que les injonctions dénuées de sens et contradictoires ; à devenir obéissants sans conscience, à fonctionner en marionnettes. Quatrième partie : J’aurais cru à ce gouvernement si… 

 

J’aurais cru à ce gouvernement s’il ne nous avait pas accusé de nous confiner parce qu’on s’était mal comporté au premier tour des élections municipales le 15 mars 2020, parce qu’on n’avait pas été sages, que c’était de notre faute, on l’avait bien cherché… Comment peut-on qualifier cela, d’un gouvernement, vis-à-vis de citoyens libres ? 

J’aurais cru à ce gouvernement s’il n’avait pas été décidé d’actions coercitives à l’encontre des Français, illustrées par la mise en place des attestations dérogatoires, afin de faciliter des verbalisations par des policiers et gendarmes, sommés de ne pas réfléchir, et non de protéger les personnes, qui suppose de savoir faire la part des choses. 

J’aurais cru à ce gouvernement si nous avions eu des informations justifiées, avec des excuses quant aux restrictions, en nous donnant lisibilité complète des stratégies, des objectifs attendus et des adaptations, voire des rectifications, dans un temps donné. 

J’aurais cru à ce gouvernement s’il n’avait pas imposé l’état d’urgence sanitaire, qui suppose faire taire de force tout autre moyen, toute autre voix. 

J’aurais cru à ce gouvernement si des courriers nous avaient été adressés, avec des bilans des actions, et de l’humilité pour expliquer le pourquoi des décisions comme des tentatives, et non des diktats et des ordres de surcroît qui se contredisent, sans ligne directrice. 

J’aurais cru à ce gouvernement si les masques n’avaient pas été rendus obligatoires, encore avec des moyens coercitifs, partout en tout lieu, en intérieur, en extérieur, et pire encore pour les enfants, qu’ils puissent être recommandés si besoin avec preuves, et qu’ils soient distribués gratuitement à tous ceux qui le demandaient. 

J’aurais cru à ce gouvernement si le nombre des lits dans les hôpitaux avaient été revus à la hausse, que le système de tarification des actes médicaux avait été retiré, et que celui qui avait mis en place cette T2A, M. Castex, ainsi responsable de la transformation des hôpitaux en entreprises productivistes de soins, ne soit pas rappelé, encore moins pour “déconfiner”, et pire pour devenir Premier ministre et orchestrer dans cette même logique de restrictions la population française, sans ne rien remettre en question. 

J’aurais cru à ce gouvernement si ne ressortait en permanence cette notion fallacieuse que la circulation de ce virus était de notre responsabilité, que le citoyen avait le contrôle dessus, s’il obéissait docilement et en silence aux dernières consignes (avant leurs rapides obsolescences !), et qu’il était coupable de son retour en chiffre, présenté comme important, inquiétant, et qualifié de nouvelle vague. 

J’aurais cru à ce gouvernement si dès le début, le président Macron n’avait pas confondu permettre des aides renforcées de soin, en termes d’infrastructures, de moyens financiers, et l’augmentation du nombre de professionnels de santé, avec une déclaration de guerre et le langage assorti, nous prenant pour ses soldats seulement autorisés à lui obéir. 

Voilà pourquoi je ne peux croire en ce gouvernement. Sans même à chercher le pourquoi de cette “politique” sanitaire actuelle. Ni ne peux croire que cela soit dans l’intérêt des citoyens de suivre un plan qui se montre tracé d’avance, sans contact véritable avec le terrain. Et la pondération s’y assortissant. 

Mais j’aurais aussi cru la presse écrite, celle dite de référence, si elle avait rempli sa mission fondamentale. Que la presse se fourvoie à ne devenir que des réécritures de dépêches AFP, ce n’est pas nouveau, mais qu’elle ne soit ici que le vecteur de consignes gouvernementales sans fournir d’analyse que suppose sa place nécessaire dans une démocratie, de contre-pouvoir, surtout quand l’exécutif s’arroge encore une fois les pleins pouvoirs, montre son déclin, en plus de sa perte notoire d’indépendance.  

Comme j’aurais aimé, mais aussi eu besoin, de véritables informations, de véritables indignations, de véritables engagements citoyens. Quand, en lieu et place, on m’a expliqué comment remplir une attestation dérogatoire, ou de m’adapter au confinement, ou de sans aucun complexe, annoncer des “cas”, comme s’il s’agissait de malades condamnés à mourir… Que de communiqués de presse, sous couvert d’articles sourcés, que d’égrenages de chiffres, que d’attaques simplistes contre les empêcheurs de la pensée unique, qualifiés sans nuance mais avec beaucoup de hargne d’“anti-masques”, de “complotistes”, de “rassuristes”, etc. ; ce volontaire amalgame fait, à l’encontre de membres d’un pays qui se veut libre, composé de citoyens en droit à s’auto-déterminer et à réfléchir, en leur adressant des réprimandes de cours de récré émises par des sales gosses voulant gagner leurs galons de leaders sur les autres. Tant pis pour cette presse qui s’oublie. 

Je crois pourtant aux journalistes. Je crois en ce nécessaire travail qui informe. Et même plus que jamais. Où sont-ils donc en ce moment ? Quand vont-ils avoir leurs places ? Je crois aussi aux intellectuels. Je crois aux artistes. J’ai moi-même ces casquettes-là. Mais aussi : je crois aux citoyens, à tous ceux qui pensent, à tous ceux qui agissent. Avec bienveillance. 

Oui. Aussi croire à ce gouvernement prochain quand tout un chacun est reconnu comme citoyen, dans le respect de ses droits, avec cette garantie d’un État-providence, pour se sentir fier de notre pays, qui ne peut nous confondre avec des mendiants sans aptitudes à penser et à se diriger. 

JE VEUX CROIRE. Avoir de nouveau CE POUVOIR DE CROIRE. De faire confiance, et parfois d’exprimer mon désaccord à ceux qui sont élus. Parce que la gouvernance exercée par ceux qui sont aussi avant tout des citoyens, se trompent aussi, ou déçoivent. Parce que nous sommes dans un État de droit. Pays des libertés. Et à ce jour, encore en paix. C’est cela la loi de la République. Qui donne envie de tonner à sa suite : “Vive la République ! Vive la France !” 

Une première version de ce texte a été publiée sur le site internet de Laurence Waki, écrivain et philosophe, le 14/11/2020.

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