Chronique N°90 : Les masques FFP2 ne profitent qu’aux virus et aux marchands du temple

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François Pesty, pour FranceSoir
Publié le 19 mars 2022 - 14:40
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Pesty chronique n°90
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DALE DE LA REY / AFP / FS
Les masques sont-ils vraiment utiles ? François Pesty sort sa loupe et sa calculatrice :
DALE DE LA REY / AFP / FS

CHRONIQUE — Cela fait longtemps que l’idée de dédier une chronique aux masques FFP2 me taraudait. On peut dire qu’il nous a pendu au nez. C’est le cas de le dire.

Le 3 janvier, Marie Bernardeau, animatrice du 14h-17h sur France Info se faisait l’écho de l’appel du député Les Républicains, Éric Ciotti, à les généraliser en France. Ces masques, soi-disant plus filtrants ont été rendus obligatoires en Italie, en Grèce, en Allemagne dans certains Länders, chez les supporters lors des matchs de football en Espagne, et surtout depuis un an en Autriche où j’ai passé quelques jours en février.

Imposé dès la file d’attente à l’embarquement dans l’aéroport Charles de Gaulle, voici le pire que j’aie eu à porter :

Tellement peu respirable que l’on suffoque au bout de quelques minutes. En plus, il exhale une odeur chimique, genre « antimites à la naphtaline », dieu merci aujourd’hui abandonnée. Une odeur en tous cas, qui a provoqué chez moi des maux de tête… Qui plus est, la petite pince jaune pour fixer le masque sur le nez, qui contient du métal, peut être blessante ! Je me demande même s’il est conforme à la norme AFNOR que nous allons découvrir ensemble plus loin…

En entrant dans l’avion, je n’ai pas hésité à scander devant le steward d’accueil un « This device is both unconfortable and useless ». Je soutiens qu’effectivement, il s’agit de l’objet, hélas, le plus inutile de la gestion de cette pandémie.

Très aimablement, il m’en propose un autre, en me garantissant qu’il serait beaucoup plus confortable.

Effectivement, celui-ci est un peu moins inconfortable. Surtout, il n’a pas cette odeur chimique très désagréable et probablement problématique pour la santé…

Cela dit, j’ai été heureux de retour en France d’enfiler à sa place mon habituel et valeureux masque en tissus de catégorie 1, lavable et réutilisable, certes usagé, mais beaucoup plus « respirant » que le FFP2.

Vous ne me trouvez pas une petite ressemblance avec le Pr Didier Raoult ?

En plus de ma chronique, mes cheveux longs sont un moyen de protester contre cette lamentable gestion de la pandémie covid dans notre pays. Du moment que l’Institut Pasteur ne sort pas une étude démontrant qu’une tignasse longue transmet plus le virus qu’un crâne rasé, je savoure le peu qu’il nous reste de liberté (nous étions le 24 février 2021 et le port du masque n’a été levé que ce 14 mars).

Norme AFNOR

Les masques FFP1, 2 ou 3, doivent répondre aux exigences de la norme française NF EN 149+A1 datée de septembre 2009 (tapez dans le moteur de recherche « NF EN 149+A1 » et cliquez sur la loupe), mais pour pouvoir consulter cette norme gratuitement et exclusivement pendant la pandémie [1], il est nécessaire de s’inscrire sur le site, sinon, il vous faudra l’acheter pour la modique somme de 278,58 €).

Pour visualiser la norme des masques FFP2, il vous faudra une fois inscrit(e) ou connecté(e), cliquer sur le lien « Consultation libre autorisée exceptionnellement par l’ISO et l’IEC dans le contexte de crise du covid-19 ».

Vous n’êtes plus qu’à un clic du Graal, la fameuse norme NF EN 149+A1.

Enfin, nous y sommes !

[1] L’AFNOR, Association française de normalisation, est au départ (1929), une association 1901. Mais le groupe AFNOR, lui, résulte de la fusion de l’AFNOR avec l’AFAQ (Association française pour l’assurance de la qualité) et il est organisé en trois filiales « commerciales ». Le groupe AFNOR a ouvert gracieusement la consultation des normes correspondantes aux dispositifs de protection, le temps que durerait la pandémie et à condition de s’inscrire. Alors, dépêchez-vous, car la pandémie étant en train de se terminer en eau de boudin, il n’est pas certain que cette facilité accordée par l’institution des normes, reste encore longtemps en vigueur.

Le document que vous pourrez ou pas consulter, est protégé par le droit d’auteur « Toute mise en réseau, reproduction et rediffusion, sous quelque forme que ce soit, même partielle, sont strictement interdites », qu’on se le dise.

Je me contenterai donc de résumer les points importants : L’efficacité des masques FFP2 n’est évidemment pas testée sur des aérosols de virus respiratoires, mais sur des aérosols de solution de chlorure de sodium d’un diamètre de 0,6 μm (μm = micron = un millionième de mètre) équivalent à 600 nm (nm = nanomètre = un milliardième de mètre).

Le covid-19 (SARS-COV-2) présente un diamètre de 60 à 140 nm. Il est donc 4 à 10 fois plus petit que les particules utilisées pour vérifier la conformité la norme AFNOR des masques FFP2.

Voilà pourquoi le virus est le premier à profiter du masque FFP2, comme des autres masques. Il les traverse sans aucune difficulté !

La figure ci-dessous propose une représentation visuelle de la taille relative des différentes particules utilisées pour tester les divers masques de « protection » et de la comparer à celle du virus.

50 essais sont réalisés en laboratoire, 10 testeurs faisant chacun 5 exercices. La fuite totale à l’intérieur du masque, qui comprend la fuite au joint facial, la fuite de la soupape expiratoire, si elle existe, et la pénétration du filtre (fuite au travers du ou des matériau(x) constitutifs du masque). Deux conditions sont à réunir pour satisfaire au test :

- La fuite totale vers l’intérieur ne doit pas être supérieure à 11% pour au moins 46 des 50 essais.

- La fuite moyenne arithmétique pour 8 des 10 testeurs ne doit pas être supérieure à 8%.

Inutile de dire que si on tolère jusqu’à 11% ou même 8% de fuite avec des particules de 600 nm de diamètre, le FFP2 est une véritable passoire qui laissera passer probablement près de 100% des virions du Covid-19 qui sont 4 à 10 fois plus petits.

Je passe sur la véritable usine à gaz pour faire ces mesures. Les testeurs sont placés dans une enceinte et doivent faire divers exercices en marchant sur un tapis roulant. Ils doivent ajuster leur masque FFP2 selon la notice du fabricant. L’appareillage nécessite un générateur d’aérosol produit à partir d’une solution à 2% de NaCl et un photomètre de flamme pour doser la concentration en NaCl dans l’air avec une sonde d’échantillonnage placé à l’intérieur du masque FFP2 porté par le testeur. Un système d’échantillonnage séparé dans l’enceinte ou mieux un autre photomètre de flamme dédié à l’enceinte permet de contrôler la concentration en NaCl à l’extérieur du masque dans l’air inhalé par le testeur. Cette concentration doit être constante. La différence de concentration en sodium entre l’enceinte et ce que l’on retrouve dans l’air prélevé à l’intérieur du masque, base les calculs de pourcentage de fuite.

- Par ailleurs, des essais de pénétration du matériau filtrant sont également réalisés avec des particules de chlorure de sodium, ainsi que d’huile de paraffine, les deux essais au débit de 95 litres par minute. La pénétration des aérosols d’essai ne doit pas dépasser 6%.

Il est intéressant à ce niveau de préciser qu’une feuille d’instruction (téléchargeable après connexion), énumère les différentes modifications de la norme AFNOR précédente, applicable aux masques FFP2, et qui datait d’octobre 2001, suite à l’amendement A1 d’une norme européenne. La lecture de cette feuille d’instruction ne laisse aucun doute sur le fait que les tests dits de « fuite totale vers l’intérieur » n’ont pas été substantiellement modifiés depuis donc plus de 20 ans ! Incroyable, non ? Entre-temps, nous avons eu quand même le SARS-COV1 de 2002 à 2004, la grippe H1N1 en 2009, le MERS-COV qui a sévi au Moyen-Orient en 2012, et donc le SARS-COV2 en 2019-2022. Et, il ne s’est rien passé de sérieux au niveau des normes à satisfaire, et encore moins de leur conception, pour obtenir l’autorisation de commercialiser des masques de protection, dont les FFP2. Tous ces virus sont de petite taille et aucun masque n’est aujourd’hui adapté à leur filtration. Un véritable scandale…

Le site de l’AFNOR propose aussi une page FAQ (questions les plus fréquemment posées) à propos de savoir si l’on doit porter un masque chirurgical ou un masque FFP ?

Sur le site de l’INRS, Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (ici), sont présentées les caractéristiques de filtration des masques chirurgicaux et FFP2.

Petit clin d’œil à propos des masques chirurgicaux de type IIR dont il est question ci-dessus : si la pénétration au travers du masque des aérosols de solution de chlorure de sodium est inférieure à 2% pour des particules de 3 μm = 3.000 nm, quelle sera la proportion de particules virales 20 à 50 fois plus petites qui sera inhalée par son porteur ?

L’exécutif français, comme dans de nombreux autres pays qui ont rendu obligatoire le port du masque, n’a cessé de proclamer péremptoirement qu’il nous protégeait contre le virus de la Covid-19, sans la moindre preuve de leur efficacité.

En effet, est-ce en testant la capacité de filtration des différents masques sur des aérosols d’une bactérie ou de solutions de chlorures de sodium, qu’il est possible de vérifier leur efficacité contre des virus respiratoires beaucoup plus petits ?

Voir ma chronique N°63 « La Physique peut-elle déjuger la Médecine et décréter l’efficacité des masques contre les virus respiratoires ? »

L’AFNOR et tous ceux qui s’appuient sur ses normes, nous prennent pour des imbéciles.

La vérification, le contrôle, la démonstration de l’efficacité des masques ou de n’importe quel autre dispositif de protection destiné à nous protéger des virus, passe nécessairement par la réalisation d’études cliniques randomisées.

Études cliniques randomisées.

La revue méthodique avec méta-analyses de la Collaboration Cochrane publiée le 20 novembre 2020 et en accès libre sur le site de la Cochrane Library, constituait la 5ème réactualisation d’une revue systématique réalisée d’abord en 2007, puis en 2009, 2010, 2011, et donc enfin en 2020, sur le thème « Physical interventions to interrupt or reduce the spread of respiratory viruses (Review) », en français « Interventions physiques pour interrompre ou réduire la propagation des virus respiratoires (revue) » par la collaboration Cochrane, une organisation internationale d’experts médicaux sans conflits d’intérêts avec les entreprises de la santé.

Une recherche systématique d’essais cliniques randomisés ayant comparé l’efficacité des masques FFP2 (N95 chez les anglo-saxons) avec celle des masques chirurgicaux a été faites dans les bases de données d’articles médicaux CENTRAL, PubMed, Embase, CINAHL et sur le site d’enregistrement des essais cliniques ClinicalTrials.gov et WHO ICTRP (portail de l’OMS) respectivement à partir du 1er avril et du 16 mars 2020.

Contrairement aux précédentes revues sur le sujet, les experts de la Cochrane n’ont pas inclus d’études observationnelles sujettes à d’importants biais, mais exclusivement des études cliniques randomisées et contrôlées, ainsi que des études cliniques randomisées en grappes. La démarche immuable de la Cochrane pour réaliser ses revues méthodiques, systématiques, est de sélectionner toutes les études publiées et d’éliminer celles qui comportent des biais inacceptables

Sur les 15 études cliniques randomisées comparant les masques FFP2 aux masques chirurgicaux, retrouvées dans la littérature scientifique médicale, cinq ont été sélectionnées sur leur absence de biais rédhibitoires et dix ont été écartées en raison le plus souvent de risques de biais élevés ou en présence d’imprécisions majeures. Selon les études, l’efficacité des masques était jugée sur trois critères. L’apparition de symptôme(s) de maladie respiratoire ou de syndromes grippaux, ou la positivité de tests de laboratoires.

En voici les résultats (traduction à l’aide de DeepL) tels que commentés par les auteurs de cette revue de la Cochrane : « Les comparaisons entre les masques respiratoires FFP2 (N95) et les masques chirurgicaux en termes d’apparition de symptômes de maladie respiratoire ou d’une grippe confirmée par un test positif de laboratoire, ont montré des estimations de l'effet suggérant une incertitude considérable pour tout bénéfice dans le premier cas et probablement peu ou pas de différence pour le second.

Cinq essais (quatre en milieu médical et un en milieu domestique) ont comparé les masques respiratoires N95/P2 aux masques chirurgicaux. La mise en commun de trois de ces essais a montré une estimation de l'effet suggérant une incertitude considérable quant à savoir s'il y a un avantage entre les appareils respiratoires N95 et les masques médicaux/chirurgicaux pour le résultat de la maladie respiratoire clinique (RR 0,70, IC 95 % 0,45 à 1,10 ; 3 essais, 7 779 participants ; preuve de très faible certitude), et que les appareils respiratoires N95 peuvent faire peu ou pas de différence pour le résultat du syndrome grippal (RR 0,82, IC 95 % 0,66 à 1,03 ; 5 essais, 8 407 participants ; preuve de faible certitude) et probablement peu ou pas de différence pour le résultat de la maladie confirmée en laboratoire pour le résultat grippe confirmée en laboratoire (RR 1,10, IC 95 % 0,90 à 1,34 ; 5 essais ; 8 407 participants ; certitude modérée).

La présence d'imprécision (intervalles de confiance larges) et d'hétérogénéité, en particulier pour les résultats plus subjectifs et moins précis de la maladie respiratoire clinique et du syndrome grippal par rapport à l'infection grippale confirmée par un test de laboratoire, rend difficile l'évaluation d'un éventuel avantage des masques médicaux/chirurgicaux ou des respirateurs N95/P2. Le fait de restreindre le regroupement aux professionnels de santé n'a pas modifié les résultats globaux.

Les deux essais présentant les taux d'événements les plus élevés ont été assez cohérents dans leurs conclusions d'absence de différences significatives entre les masques N95 et les masques chirurgicaux pour les résultats suivants : grippe confirmée en laboratoire et toutes les infections virales confirmées en laboratoire (Loeb 2009 ; Radonovich 2019). Trois des essais ayant contribué à cette analyse ont été menés par des membres du même groupe (MacIntyre 2009 ; MacIntyre 2011 ; MacIntyre 2013).

En général, les effets néfastes ont été peu ou pas du tout signalés dans les essais comparant les masques respiratoires N95 aux masques chirurgicaux. L'inconfort général entraînant une diminution de l'observance du port le plus souvent signalée ».

Il faut rappeler ici que les résultats de ces méta-analyses obtenus par la Cochrane sont de même nature lorsque les auteurs ont comparé les masques chirurgicaux à l’absence de port de masque. Les figures suivantes suivent le mode habituel de représentation des résultats des méta-analyses :

Comparaison de l’efficacité des masques FFP2 versus masques chirurgicaux, tous types de participants, jugée sur la symptomatologie d’infections (respiratoires) virales, de syndromes grippaux et sur la positivité des tests de laboratoires

Comparaison de l’efficacité des masques FFP2 versus masques chirurgicaux, chez des professionnels de santé, jugée sur la symptomatologie d’infections (respiratoires) virales, de syndromes grippaux et sur la positivité des tests de laboratoires.

Une autre revue méthodique, menée par des chercheurs chinois, publiée en mars 2020 dans Journal of Evidence Based Medicine (ici) aboutit aux mêmes résultats et conclusions.

Les avis du HCSP

Le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP) a émis récemment deux avis sur le port du masque FFP2 :

- « Avis relatif aux masques dans le cadre de la lutte contre la propagation du virus SARS-CoV-2 en rapport avec l'émergence du variant Omicron (population générale) », daté des 23 décembre 2021 et 15 janvier 2022.

- « Avis relatif au port des appareils de protection respiratoire de type FFP2 par les professionnels de santé dans le cadre de la lutte contre la propagation du virus SARS-CoV-2 » daté du 7 janvier 2022.

Les deux avis n’ont été mis en lignes que le 26 janvier, ce qui témoigne d’une tergiversation et d’un embarras certain de la part du HCSP.

Deux pages du site donnent l’accès aux avis. L’une concerne le port du masque en « population générale » suite à une saisine du HCSP le 17 décembre par la Direction Générale de la Santé (DGS) et l’autre, s’adresse aux professionnels de santé qui exercent au sein des établissements de santé, du secteur médico-social ou de la ville après saisine du HCSP le 23 décembre 2021 également par la DGS.

Ces deux pages arborent une espèce de tronc commun s’apparentant à des précautions oratoires. Le HCSP rappelle que :

« L’efficacité et la performance de protection (filtration) des masques, quels qu’ils soient, sont étroitement dépendantes de la constance du port, de l’ajustement au visage et de la qualité du port couvrant impérativement le nez, la bouche et le menton ».

« Le masque ne peut à lui seul réduire le risque de transmission ; il constitue une mesure parmi l’ensemble des mesures de protection à respecter (vaccination, hygiène des mains, ventilation des locaux, distanciation sociale, etc.) ».

« Le HCSP souligne les fortes incertitudes et manques de données scientifiques sur plusieurs aspects importants de l’analyse du rapport bénéfices/risques en faveur d’un élargissement du port d’APR de type FFP2 en population générale ».

Cela me rappelle les propos tenus par le Pr François Bourdillon, préfigurateur et ancien directeur général de Santé Publique France, auditionné par la mission d’enquête de l’Assemblée nationale le 17 juin 2020 (à retrouver dans ma chronique N°11 « Bas les masques : une efficacité trop incertaine »). Comme la plupart des médecins de santé publique, sa doctrine est la « réduction du risque ».

La mienne est bien différente : Ça marche ou ça ne marche pas. Quand on n’est pas capable de mesurer la réduction d’un risque, il n’est pas possible d’affirmer que cela marche !

Ci-dessous la doctrine que l’on peut qualifier de « Millefeuille » du HCSP pour réduire les risques de contamination par le covid-19, publiée dans un avis datant du 18-04-2021 :

Remplacer une mesure de protection contre les virus respiratoires qui n’a pas démontré sa supériorité sur celle qu’elle remplace (FFP2 versus masque chirurgical), surtout quand cette dernière n’a elle-même rien prouvé non plus (masque chirurgical versus absence de port), et l’ajouter à un empilement de mesures quasiment toutes incertaines quant à leur efficacité, a peu de chance d’améliorer la performance globale. On croirait entendre Pierre Dac.

Le tableau ci-dessous présente une synthèse des recommandations faites dans l’avis du HCSP portant sur la place du masque FFP2 chez les soignants.

Plutôt que les recommandations du HCSP, personnellement et sur la base des résultats de la revue méthodique avec méta-analyses de la Collaboration Cochrane, j’entérine le « pas ou peu de différence d’efficacité du FFP2 avec le masque chirurgical, et mon désaccord est profond avec le HCSP.

Le même HCSP a dû « se masturber le cerveau » pour son avis sur la place du masque FFP2 en population générale. En effet, il a accouché de quatre scénarii :

Scénario 1. Pas de place pour le masque FFP2 en population générale. Selon le HCSP, le risque pris est le suivant « Laisser penser que le masque FFP2 n’est pas plus performant que les autres types de masque alors qu’il l’est, mais à condition d’être correctement ajusté et adapté au visage, pour la protection individuelle de celui qui le porte ».

Mon opinion : Les utilisateurs de masques FFP2 vont-ils passer des heures devant un miroir pour ajuster parfaitement leur masque à leur visage ? Un peu de sérieux. On est dans la vraie vie, nous.

Scénario 2. Le FFP2 serait indiqué chez les personnes à risque de formes graves de Covid-19 et en échec vaccinal et capable de le supporter. Échec vaccinal inclus les immunodéprimés.

Mon opinion : Dispose-t-on seulement d’une étude comparative d’efficacité du FFP2 versus masque chirurgical chez des immunodéprimés ? Mais, bon sang, qu’attend l’Institut Pasteur pour mettre en place une étude clinique randomisée ?

Scénario 3. Personnes à risque de formes graves de Covid-19 et en échec vaccinal + population générale capable de le supporter dans les lieux clos et confinés ou mal aérés/ventilés

Mon opinion : Faites donc des études cliniques randomisées et on en reparlera. Au fait, nous n’avons toujours pas vu passer dans une grande revue médicale les résultats des études allemande et française faites lors de concerts. Qu’est-ce qu’on nous cache ?

Scénario 4. Toute la population générale y aura droit. Dans cette hypothèse, le HCSP liste un tas de « risques possibles » :

- Discrédit ressenti sur les masques utilisés actuellement par la population générale avec le sentiment de ne pas avoir été suffisamment protégés auparavant,

- Cibler des populations à risque avec réactions des autres populations,

- Capacité de la population à correctement porter les masques FFP2 laissant un faux sentiment de sécurité en cas de port non ajusté,

- Incitation des personnes non ciblées par les indications du port des masques FFP2 à ne plus porter de masque,

- Découragement suite à un nouveau changement avec abandon d’observance,

- Incitation des personnes non vaccinées à porter des masques FFP2 et à ne pas se faire vacciner,

- Accentuation des inégalités sociales de santé pour les populations les plus en difficulté par défaut d’accessibilité (sauf si des mesures correctives sont prises par l’État et/ou les employeurs),

- Tension d’approvisionnement / Rupture de stock / Impact sur les prix,

- Coût pour les employeurs ou les citoyens.

Mon opinion : C’est à mourir de rire. Ils ont oublié le principal risque : « Que cela ne serve à rien ! »

Sincèrement, l’absence dans la bibliographie des deux avis du HCSP de la 5ème réactualisation de la revue méthodique avec méta-analyses de la Collaboration Cochrane est inexcusable !

Nous avons vu que les virus respiratoires profitent de leur petite taille pour passer au travers des masques quels qu’ils soient et nous infecter. Mais, ce ne sont pas les seuls à profiter des masques. Ceux qui les vendent se frottent les mains, mais pas uniquement avec du gel hydro-alcoolique…

Les marchands du temple

À tout seigneur tout honneur, Christian Curel, Président du Syndicat des fabricants français de masques (F2M), était interviewé le 8 janvier 2022 par Jules de Kiss sur France Info :

[Une interview à réécouter intégralement] : Jingle, puis une voix féminine « France Info, 14 h-17 h, Bernard Thomasson « À suivre, la ruée sur les masques FFP2, face à la déferlante Omicron. Face à un variant Omicron plus contagieux, les masques FFP2 ont la cote en ce moment. Le gouvernement attend l’avis du Haut Conseil de Santé Publique (HCSP), mais la demande bondit depuis plusieurs jours. Christian Curel est le président du syndicat des producteurs de masques [2].

[2] Il est aussi le président-fondateur de l’entreprise privée PRISM, qui fabrique et commercialise des masques chirurgicaux et FFP2. Une industrie florissante en temps de crise sanitaire, comme en témoigne la présence de pas moins de 5 entreprises différentes, représentées au bureau du syndicat F2M : PRISM, Groupe Lemoine, Savoy International, Auriol Masques et Solugerm, et une encore plus impressionnante liste des 18 entreprises membres du syndicat (ici), qui n’ambitionnent pas moins que l’autosuffisance de la France en matière de production et d’approvisionnement en masques de protection.

Christian Curel « C’est un petit peu irrationnel. C’est-à-dire que depuis Noël, on va dire, il y a effectivement beaucoup, beaucoup de demande. Je pense que les gens sont assez inquiets. On parle des professionnels. Et donc, ils font des stocks pour éviter de se retrouver à court par la suite. Sachant, qu’il y a peu de risque qu’il y ait effectivement ces ruptures de stock après, mais bon ».

Jules de Kiss « C’est-à-dire que si la demande augmente nettement, notamment, imaginons que le (Haut) Conseil de Santé Publique, euh, recommande ce masque pour davantage de situations qu’aujourd’hui. On attend évidemment cet avis. On ne sait pas ce qu’il en est, et que le gouvernement suive cela, vous vous pourriez, quoi qu’il advienne, assurer l’offre, face à une demande qui augmenterait ? »

Christian Curel « Tout à fait. Donc, d’abord, il y a pas mal de stock chez nos fabricants, aujourd’hui. Euh. Il y a des capacités de production qui sont importantes. On peut, je pense, augmenter assez facilement sur du 40 à 50 millions de masques FFP2 par semaine en fabrication. Et, il ne faut pas oublier que dans le pire des cas pour les soignants, il y a aussi un stock stratégique qui a été constitué. Donc, il y a une réserve également qui existe, qui n’existait pas évidemment il y a deux ans ».

Jules de Kiss « Christian Curel, vous dites que ce sont surtout les professionnels qui ont augmenté leurs achats de masques FFP2. Vous parlez des professionnels de santé, euh j’imagine. Mais, il y a aussi la grande distribution qui commence à vendre ces masques. Est-ce que vous voyez, ces clients, ces nouveaux clients passer des commandes maintenant, parce qu’avant, c’était surtout en pharmacie, en milieu hospitalier, pour les magasins de bricolage aussi. Mais maintenant, il y a aussi la grande distribution. Vous voyez ces clients arriver ? [3] »

[3] Quel business !

Christian Curel « C’est exactement le cas. C’est-à-dire que vous avez aujourd’hui des demandes de, qui affluent de partout. Pas que des médicaux, donc avec évidemment les centres hospitaliers, les EHPADs etc, achètent ne serait-ce que parce que, ben, ils ont plus de cas de covid, donc ils sont obligés d’avoir plus de protection [4] Donc, ça, c’est tout à fait normal que dans des périodes de forte pandémie, il y ait plus de consommation de masques FFP2, dans la partie médicale. Mais, vous avez raison, c’est beaucoup plus de commandes des pharmacies, des commandes importantes de la part de la grande distribution, mais également de la part des plateformes Internet ».

[4] « plus de protection », mais par rapport à quoi ? Mais non ! La taille du virus, à savoir 60 nm de diamètre, dix fois plus petite que les particules (aérosols de solution de chlorure de sodium de 0,6 μm  = 600 nm) avec lesquelles sont testés les masques FFP2, rend totalement utopique l’efficacité de ces appareils de protection conçus pour des bactéries mais pas pour des virus respiratoires comme le Covid-19. Ce que confirment les études cliniques randomisées comparant le port du masque FFP2 à celui du masque chirurgical. La quasi-totalité de ces études ont été réalisées en milieu hospitalier chez des soignants

Jules de Kiss « Justement, puisque la grande distribution entre dans la danse. On sait que généralement, ça peut permettre de faire baisser les prix. On voit que les prix, bah, c’est un peu différent en fonction des grandes surfaces entre elles, et puis entre les grandes surfaces et les pharmacies. Mais, rien que dans la grande distribution, ils peuvent aller de 24 à 75 centimes, le masque FFP2. Qu’est-ce qui explique ces différences de prix ? Et combien ça coûte d’ailleurs pour vous la production d’un masque ? »

Christian Curel « Alors, la production d’un masque FFP2, de toute façon, en termes de coûts de matières, est déjà 5 fois plus importante que celle du masque chirurgical. Ça c’est clair. Après, il y a effectivement plus de réglementaire, etc. Donc, il est clair qu’un masque FFP2 coûte beaucoup plus cher en termes de production, qu’un masque chirurgical. Après, quand vous me parlez de masques à 23 centimes, je crois que c’est Intermarché qui a annoncé, mais en indiquant qu’il vendait à coût zéro ».

Jules de Kiss « A prix coûtant, oui »

Christian Curel « Je vous rappelle qu’Intermarché a sa propre production. C’est peut-être pas sur ce prix-là qu’il faut se fixer. Mais, je pense qu’effectivement, vous pouvez avoir des masques qui sont autour de 50 centimes. Je vous rappelle par exemple que l’Italie les a imposés et a imposé un prix maximal de 70 centimes, qui peut être effectivement le cas, parce que, je vois effectivement des fois, on me dit qu’il y a des masques à plus d’un euro. Je trouve ça effectivement, euh, extrêmement cher pour ce type de masques ».

Jules de Kiss « D’ailleurs, est-ce que vous pouvez nous raconter, de manière assez simple et didactique, si c’est possible, comment est-ce que vous fabriquez ces masques FFP2 ? Qu’est-ce qui change dans leur confection ? Vous avez dit qu’il y avait plus de matière par rapport aux masques chirurgicaux, parce que ça va nous expliquer pourquoi ils sont plus protecteurs. Ça nous intéresse ».

Christian Curel « Ces masques-là, les masques FFP2, si vous voulez, ont plusieurs couches et ont des couches supplémentaires par rapport aux masques chirurgicaux. Le masque chirurgical, quand vous le portez, ne protège que les gens à l’extérieur [5], c’est-à-dire, les gens en face de vous. Le masque FFP2, protège vers l’extérieur et vous protège également vous [6].

[5] C’est n’importe quoi. Le masque chirurgical, mais aussi le FFP2, n’empêchent pas leur porteur de transmettre aux autres des aérosols de virions respiratoires. Il retient les grosses gouttelettes et les éventuelles bactéries qui s’y trouvent. Raison pour laquelle il est important de le porter à l’hôpital, notamment dans les blocs opératoires, pour les chirurgiens, anesthésistes, panseuses… Mais pas les virus respiratoires, trop petits pour être retenus.

[6] Ce VRP du masque FFP2 est un menteur professionnel. Attiré par l'appât du gain, il est prêt à dire n’importe quoi pour accroitre ses parts de marché, et cela, sans la moindre éthique. Je ne peux pas croire qu’il n’ait pas connaissance des études cliniques randomisées qui démontrent son inefficacité, d’ailleurs attendue, contre les virus respiratoires. Comment peut-on accepter que ce type puisse se faire une publicité gratuite sur les ondes d’une radio publique d’information. Elle fait quoi la cellule d’investigation du « Vrai du Faux » de France Info ? (Relire ma chronique N°72 : ici). Et en plus avec l’argent du contribuable !

Christian Curel « C’est du coup son utilité énorme, dans le variant encore Omicron. Puisqu’un masque chirurgical, sur un Omicron, est quasiment inefficace. Dans un milieu clos, ou dans un milieu où il y a une densité, un masque chirurgical ne vous protège absolument pas contre un variant Omicron, qui est très contagieux [7], d’où l’intérêt effectivement... »

[7] Qu’est-ce qu’il nous raconte là ? Le masque chirurgical n’est pas devenu inefficace à l’arrivée d’Omicron. Il l’a toujours été contre les coronavirus, mais aussi les autres virus respiratoires. Tous les variants, depuis la souche originelle de Wuhan, jusqu’à Omicron, sont des coronavirus 2019, et ont tous un diamètre de 60-140 nm. Et les études cliniques randomisées qui ont comparé l’efficacité sur l’apparition des symptômes et la positivité des tests de laboratoires du masque FFP2/N95 à celle du masque chirurgical amènent au constat que « Le masque FFP2 ne fait pas ou peu de différence avec le masque chirurgical. Lequel ne fait pas ou peu de différence avec l’absence de port » (Revue méthodique avec méta-analyse de la Collaboration Cochrane et méta-analyse chinoise). Ce margoulin, soucieux de s’en mettre plein les poches et qui évidemment n’avance aucune preuve, n’a qu’un seul but, refourguer sa camelote aux plus crédules…

Jules de Kiss « Donc, vous vous dites achetez tous des masques FFP2, alors ? »

Christian Curel « Alors, moi, je dis depuis le début. Et je pense que depuis le début de la pandémie on aurait dû faire ce qu’il y avait en Allemagne ou en Autriche, parce que c’est pas d’aujourd’hui qu’il y a l’Allemagne et l’Autriche comme ça. C’est de dire, que pour les gens à risque. Je parle vraiment des gens à risque. Déjà, ceux-là, il faudrait qu’ils aient des FFP2. Il faudrait qu’ils aient des FFP2 depuis l’été 2020. C’est-à-dire à partir du moment où il y en a eu. Vous avez par exemple, une étude qui est parue aux Etats-Unis, qui dit que avec des masques chirurgicaux, c’est 30% de chances d’avoir un, de l’attraper. Et avec des masques FFP2, c’est 0,4(%), dans la même situation [8]. Donc si vous voulez, il y a une facteur de 75 entre les deux, donc euh. On est quand même quelque chose qui est important, alors. On voit bien que le Omicron est peu virulent. Mais, par contre, si vous avez des facteurs de risque, il faut quand même vous protéger. Donc je pense que tous les gens qui ont des facteurs de risque devraient depuis le début avoir des masques FFP2. Pour les autres. Ben effectivement, c’est mieux de se protéger comme ça, mais, ben, avec le Omicron, vous avez quand même moins de formes graves quand vous avez pas de facteur de risque, donc, c’est à chacun de se positionner, en disant voilà. Je veux quand même me protéger ou pas [9]

[8] J’ai adressé un courriel voici une semaine à ce bonimenteur sur son adresse syndicale. Ou bien cette étude miraculeuse n’existe pas. Ou alors, il n’a pas osé me l’envoyer en réponse à ma demande qui était cordiale.

[9] Pour rappel, et particulièrement au vu de ce dernier paragraphe, ne soyez pas horrifié par tant de fautes d’orthographe, de grammaire, de tournure, d’écriture, d’expression orale si peu maîtrisée… Je m’efforce à chaque fois de retranscrire très fidèlement ce qui s’entend à l’écoute des fichiers audio et je considère que l’authenticité de ces transcriptions, prime sur un embellissement du texte qui ne me parait pas souhaitable.

Jules de Kiss « Dernière question, euh, Christian Curel, parce que c’est important. Est-ce que les acteurs publics français commandent en priorité des masques que vous produisez en France, qu’ils soient chirurgicaux ou FFP2 ? Ou alors, il y a toujours des commandes importantes à l’étranger ? »

Christian Curel « Quand on a un afflux comme ça, où les gens, n’ont pas le choix. C’est-à-dire, s’ils veulent des masques supplémentaires. Si vous faites venir de Chine, il faut huit semaines, le temps de faire venir un container. Donc, ça veut dire que c’est trop tard. Donc, là, forcément, il y a plus de demande vers les masques français, puisque c’est la seule solution pour finalement, euh, augmenter les stocks. Après, euh, nous, sur le côté syndicats, nous avons beaucoup œuvré depuis un an avec les ministères, et donc nous espérons que ça va être étendu aux autres professions que la partie santé et que les privés vont aussi prendre en charge ces nouvelles recommandations d’achats des masques ».

Bernard Thomasson « Christian Curel, le Président du syndicat des producteurs de masques. Il répondait à Jules de Kiss ».

Triste constat pour terminer :

Le business prime sur la santé publique. Le bagou commercial sur l’information loyale des usagers. Les gains sonnants et trébuchants sur l’effet homéopathique de ces soi-disant appareils de protection respiratoire.

L’efficacité des masques se décrète, mais ne se démontre jamais. Les mesures restrictives de nos libertés, prises sans sourciller par l’exécutif, avec l’obligation de porter le masque, ont permis l’évangélisation, puisqu’il s’agit d’une véritable croyance religieuse. L’asservissement de notre peuple, par trop moutonnier, n’a pas vraiment posé de difficulté

L’humain préfère croire à ce genre de baliverne, qui le rassure, et en sera probablement reconnaissant à l’exécutif.

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