"Pourquoi je ne me ferai pas vacciner"

Auteur(s)
Robin Cisneros
Publié le 21 décembre 2020 - 12:10
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La Coalition pour les innovations en préparation aux épidémies (CEPI) a annoncé le financement de trois efforts pour développer un vaccin contre le virus, et 19 millions de dollars ont été débloqués
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Vax, vae victis ?
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Tribune : Vais-je me faire vacciner avec un vaccin à ARNm (Pfizer), ou à vecteur adénoviral (AstraZeneca) ? 
Spoiler : sans être un antivax de tout poil, la réponse est catégorique : non.

On lit partout que l’incorporation d'un ARNm viral dans le génome de l'hôte, en dehors du cadre bien spécifique d'un rétrovirus (type VIH), est impossible, et que dire le contraire c'est propager une fake news, voire révèle les penchants complotistes de celui qui tient de tels propos.

Cependant, une abondante bibliographie scientifique et technique révèle qu'il ne s'agit pas d'une fake news.

Le processus d'incorporation d'un ARN étranger au patrimoine génétique d'un hôte nécessite ce que l'on appelle la rétro-transcription (transcription d'un ARN en ADN, ce qui est le processus inverse de ce qui se fait en principe). On partait du principe que seul les rétrovirus étaient capable d'une telle prouesse car ce sont les seuls organismes à posséder une enzyme appelée "retro-transcriptase".

Depuis un certain nombre d'années, on sait que jusqu'à 10% de notre patrimoine génétique est d'origine virale. Cependant, démonstration a récemment été faite qu'une bonne partie de ces 10% ne provient pas de rétrovirus [1]. Ceci pose donc nécessairement la question d'une activité de rétro-transcription naturelle, au sein des cellules de l'hôte, en absence de rétro-transcriptase.

Depuis maintenant au moins 40 ans [2], l'activité de rétro-transcription dans les cellules humaines est connue et démontrée. En effet, sous certaines configuration, l'ADN polymerase, responsable de la réplication de l'ADN, semble pouvoir transformer de l'ARN en ADN, adoptant ainsi le rôle d'une rétro-transcriptase. Ce sujet n'a d'ailleurs jamais cessé de passionner les scientifiques, et l'une des dernières publications à ce propos permet (pour les initiés) de bien comprendre les mécanismes mis en oeuvre dans cette activité de retro-transcription de l'ADN polymérase [3].

Ceci nous montre bien que le risque d'une rétro-transcription de l'ARNm vaccinal, vectorisé, n'est pas totalement impossible, contrairement à ce que l'on peut lire.

Étant donné qu'aucune étude n'a été réalisée sur l'incorporation des brins d'ARNm qui seront injectés par ces vaccins-géniques dans le génome des hôtes, et que les éventuelles conséquences à moyen et long terme sont encore moins connues et seront d'autant plus difficiles à étudier qu'il est considéré comme fake news qu'une rétro-transcription de l'ARNm vaccinal soit possible, le principe de précaution me semble de mise. Principe de précaution [4] d'ailleurs basé sur le "Vorsorgenprinzip" du philosophe Allemand Hans Jonas, qui l'énonce comme un impératif catégorique formulé de quatre manières :

  • « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur terre » ;
  • « Agis de façon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d'une telle vie » ;
  • « Ne compromets pas les conditions pour la survie indéfinie de l'humanité sur terre » ;
  • « Inclus dans ton choix l'intégrité future de l'homme comme objet secondaire de ton vouloir »

Certes, je digresse vers une question beaucoup plus philosophique, relative aux questions d'éthique, qui n'est cependant pas non plus dénuée d'intérêt. La question du choix des commentateurs et de la présence d'une voix quasi unanime s'élevant pour cette technique de vaccination pose également question alors que débat il doit y avoir.

Mais en tout état de cause, je refuserais de me faire vacciner, par quel que vaccin-génique que ce soit, à vecteur Adénoviral ou à ARNm par exemple, et il serait bon que l’ensemble des études relatives au risque d’incorporation du matériel génétique apporté par de tels thérapeutiques soient étudié, ainsi que les risques à court, moyen et long termes que cette incorporation peut faire porter à la population, de manière irréversible, compris pour notre descendance.

Bibliographie :

[1] https://www.jle.com/en/revues/vir/e-docs/virus_et_genes_viraux_endogenes_evolution_et_impact_307413/article.phtml

[2] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/87260/

[3] https://www.jbc.org/content/294/15/6073

[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_de_pr%C3%A9caution#cite_ref-13
 

Robin Cisneros est docteur en génie des procédés, ingénieur conseil en innovation.

 

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