Les États-Unis et l'OTAN quittent le traité historique sur les armes de la guerre froide

Auteur(s)
France-Soir
Publié le 07 novembre 2023 - 21:55
Image
Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, le 21 avril 2023 à la base américaine de Ramstein
Crédits
AFP - ANDRE PAIN
Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, le 21 avril 2023 à la base américaine de Ramstein.
AFP - ANDRE PAIN

La réponse du berger à la bergère. Alors que la Russie s'en est retirée dans la nuit de lundi à mardi, les États-Unis et l'OTAN ont annoncé ce jour qu'ils suspendaient, eux aussi, leur participation au "traité sur les forces armées conventionnelles en Europe" (FCE). Vers une nouvelle guerre froide ?

C'est évidemment ce que tout le monde craint, notamment depuis le début du conflit entre la Russie et l'Ukraine (soutenue par les États-Unis). Voilà quelques années que la tension entre les deux superpuissances ne fait que s'accentuer.

En 2019, c'était le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire qui était rendu caduc par les deux camps. Aujourd'hui, avec la fin du FCE, nous pouvons légitimement considérer que la guerre froide n'est plus sous scellés. D'autant qu'il y a quelques jours, la Russie a aussi révoqué sa ratification du traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE) — que les États-Unis n'avaient de toute façon pas signé. Alors que va-t-il se passer ?

Lire aussi :  La Russie révoque sa ratification du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires

Concrètement, la suspension du FCE offrira aux États-Unis une plus grande souplesse dans le déploiement de forces sur les flancs nord et sud de l'OTAN, notamment en Roumanie et en Bulgarie, à proximité de l'Ukraine. Elle permettra également aux alliés occidentaux d'éviter de partager des informations sur le déploiement de leurs forces avec des pays proches de la Russie. Par ailleurs, exit les limites de déploiement relatives au nombre de chars, de véhicules blindés, d'artillerie lourde, d'avions de combat et d'hélicoptères d'attaque.

Auparavant, pour éviter qu'un camp ou l'autre ne prépare une attaque surprise, l'OTAN et le Pacte de Varsovie (dirigé par l'Union soviétique) étaient contraints par des limites égales. À partir du 7 décembre prochain, date à laquelle la suspension aura lieu pour les États-Unis, ce ne sera plus le cas.

"Le retrait de la Russie est la dernière d'une série d'actions qui sapent systématiquement la sécurité euro-atlantique", a déclaré l'organe directeur de l'OTAN, le Conseil de l'Atlantique Nord, comme l'a rapporté le Wall Street Journal. Selon les autorités militaires occidentales, il fallait une réponse claire : "L'inaction aurait envoyé un mauvais message", a assuré un haut fonctionnaire du département d'État. Selon William Alberque, directeur de la stratégie, de la technologie et du contrôle des armements à l'Institut international d'études stratégiques de Londres, cette réaction arrive trop tardivement : "Nous aurions dû suspendre totalement le traité dès 2007", a-t-il dit, année lors de laquelle la Russie avait cessé de partager des informations à propos de la disposition de ses troupes.

Pour d'autres, "l'accord prévoit toujours d'importants mécanismes de transparence et de vérification" qu'il ne faudrait pas bouder.

Se voulant rassurant, le haut fonctionnaire du département d'État a promis que cette décision ne signifiait pas que les États-Unis font une croix sur le contrôle des armements. "Avec nos alliés, nous discutons d'idées pour travailler avec des partenaires responsables afin de poursuivre les efforts visant à réduire les risques, à prévenir les perceptions erronées, à éviter les conflits et à instaurer la confiance", a-t-il expliqué.

Qui vivra verra !

L'article vous a plu ? Il a mobilisé notre rédaction qui ne vit que de vos dons.
L'information a un coût, d'autant plus que la concurrence des rédactions subventionnées impose un surcroît de rigueur et de professionnalisme.

Avec votre soutien, France-Soir continuera à proposer ses articles gratuitement  car nous pensons que tout le monde doit avoir accès à une information libre et indépendante pour se forger sa propre opinion.

Vous êtes la condition sine qua non à notre existence, soutenez-nous pour que France-Soir demeure le média français qui fait s’exprimer les plus légitimes.

Si vous le pouvez, soutenez-nous mensuellement, à partir de seulement 1€. Votre impact en faveur d’une presse libre n’en sera que plus fort. Merci.

Je fais un don à France-Soir

Dessin de la semaine

Portrait craché

Image
Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon, un désillusionné à la quête de sa VIe République
PORTRAIT CRACHE - De l'UNEF à la fondation de La France Insoumise, le chemin politique de Jean-Luc Mélenchon est un véritable tourbillon de dissidences, de réactions ...
18 mai 2024 - 16:30
Politique
Soutenez l'indépendance de FS

Faites un don

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre inscription à la Newsletter hebdomadaire de France-Soir est confirmée.

La newsletter France-Soir

En vous inscrivant, vous autorisez France-Soir à vous contacter par e-mail.