Décès de Madame Claude, la plus célèbre des proxénètes françaises

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RT
Publié le 22 décembre 2015 - 12:45
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Madame Claude
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Vers la fin de sa vie, Madame Claude est retournée à l'anonymat.
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Madame Claude, la célèbre proxénète, est morte samedi à l'âge de 92 ans à Nice. Dans les années 60-70, elle était à la tête d'un réseau de prostitution de luxe qui fournissait des "call girls" aux grands de ce monde.

Son nom était devenu synonyme de proxénétisme. Madame Claude, celle qui se vantait d'avoir réussi à rendre "le vice joli", est décédée samedi 19 à l'hôpital à Nice (Alpes-Maritimes) à l'âge de 92 ans, révèlent Le Point et Jean-Marc Morandini. Dans les années 60-70, elle était à la tête d'un réseau de prostitution qui fournissait des filles aux plus grands ce monde, hommes politiques ou vedettes du show-biz. Le président américain John F. Kennedy aurait même compté parmi eux.

Madame Claude, Fernaude Grudet de son vrai nom, naît en 1923 à Angers (Maine-et-Loire) dans un milieu très modeste: son père vent des sandwiches à la gare. Fille-mère, elle s'installe à Paris dans les années 50 où elle prend le prénom de Claude et commence à fréquenter les milieux du banditisme et se prostitue. Quelques années plus tard, elle monte sa propre entreprise de prostitution au 32 rue de Boulainvilliers, dans le 16e arrondissement de Paris.

Au fil des ans, elle perfectionne un système consistant à mettre en relation des jeunes femmes averties, sélectionnées pour leur allure et leur minimum de culture, avec une clientèle aisée par le biais du téléphone, d'où le nom de "call girl" qu'on donnera plus tard à ces jeunes femmes à qui Madame Claude rend leur liberté dès qu'elles le souhaitent.

Parmi sa clientèle on compte, dit-on, des personnalités comme le shah d'Iran, Mouammar Kadhafi, John F. Kennedy ou Giovanni Agnelli. Mais, outre les artistes, les politiques et les hommes d'affaires, Madame Claude s'entoure également de figures du grand banditisme et de l'administration policière afin d'assurer sa protection. Pour qu'on la laisse tranquille, elle prend même l'habitude de transmettre les confidences faites sur l'oreiller aux services secrets.

Madame Claude mène donc son business en parfaite immunité jusqu'à l'arrivée de Valéry Giscard d'Estaing au pouvoir et de Michel Poniatowski à la tête du ministère de l'Intérieur. A partir de 1976, le juge Jean-Louis Bruguière entreprend de démanteler le réseau et le fisc commence à s'intéresser à elle, lui réclamant 11 millions de francs. Les nombreux et puissants amis ne sont plus au rendez-vous. Seule l'écrivaine Françoise Sagan, son amie et voisine à Carjac, dans le Lot, la défend publiquement. Condamnée, Madame Claude s'enfuit à Los Angeles en 1977.

Trois ans plus tard, persuadée d'être protégée par la prescription fiscale, elle revient en France. En 1985, elle est arrêtée et purge une peine de quatre mois de prison. A sa sortie, elle tente de reprendre ce qu'elle fait de mieux: le proxénétisme.

" Je n'ai exercé que quelques mois, à une très petite échelle, mais probablement mon passé et mon nom m'ont desservie. J'ai très vite été incarcérée", racontera-t-elle plus tard. Condamnée à trois ans de prison, dont six mois ferme, et à 1 million d'euros d'amende, elle est ruinée. Pour payer, elle décide de sortir un livre de souvenir dont les droits d'auteurs seront reversés au Trésor public.

A la fin de ses déboires judiciaires, Madame Claude retourne à l'anonymat, choisissant la douceur de la Côte d'Azur pour finir ses jours. Jusqu'à 2010, où l'émission Un jour à destin a bouleversé sa modeste et paisible retraite, dressant d'elle un portrait à charge d'une manipulatrice.

Car des décennies plus tard, son personnage continue de passionner. De la télévision en passant par la littérature et le cinéma, sa vie romanesque et scandaleuses en a inspiré plus d'un. En 1977, Françoise Fabian l'interprète dans Madame Claude, de Just Jaeckin. " Je l'ai rencontrée avant le tournage, car le premier scénario que l'on m'avait fait lire était plus proche de Marguerite Gautier que de cette entremetteuse moderne. Elle fut très aimable et semblait contente que je l'incarne. J'ai été frappée par sa vision cynique des rapports entre les hommes et les femmes. Pour elle, les hommes ne semblaient être que des portefeuilles", se rappelle l'actrice, citée par Le Point. "Je captais derrière ses propos des blessures secrètes". 

 

 

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