Dangers des microplastiques : quand les lobbies font bloc contre l’Europe pour continuer à polluer

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Dangers des microplastiques : quand les lobbies font bloc contre l’Europe pour continuer à polluer

Publié le 04/09/2020 à 12:47 - Mise à jour à 12:51
© MEHDI FEDOUACH / AFP
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Auteur(s): FranceSoir
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Alors que l'UE essaie de limiter la dissémination des microplastiques dans l'environnement, les lobbies du plastique parviennent à faire bloc pour ne pas avoir à trouver d'alternatives biodégradables à ces particules ultra-polluantes qui s'insinuent dans tous les organismes vivants.

Les micro plastiques sont un fléau pour les organismes terrestres et marins. Ils s’insinuent partout et polluent durablement la planète, sans doute même pour l’éternité. Selon une étude publiée dans la revue Nature Communication, l’océan Atlantique pourrait d’ores et déjà contenir quelque 200 millions de tonnes de ces micro plastiques « invisibles »…

Ces toutes petites particules proviennent de l’usure naturelle des objets (pneus de voitures, marquage au sol des routes, etc), mais sont aussi délibérément incluses dans les produits industriels. Au-delà de certains cosmétiques, la plus grande source de pollution de ces microplastiques ajoutés intentionnellement provient de l’activité agricole : des polymères qui enrobent des semences et des granulés d’engrais à diffusion lente. C’est notamment cette source de pollution que l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) souhaite limiter. Dans une proposition du janvier 2019, ses membres alertaient sur le fait qu’il n’est pas possible, aujourd’hui, de conclure « avec une certitude raisonnable que des effets nocifs ne se produisent pas actuellement dans l’environnement, ou ne se produiront à pas à l’avenir », rapporte Le Monde.

A lire aussi : Comment limiter le rejet des microfibres textiles ultra-polluantes de nos lave-linge ?

Microplastiques et problème de taille
Interdire ces microparticules dans les produits industriels permettrait de réduire les émissions d’environ 500 000 tonnes sur vingt ans et coûterait quelque 9,4 milliards d’euros. Largement amendée, sa proposition finale doit être déposée à la fin de l’année. Les débats concernant notamment la dimension exacte d’un microplastique, qui n’a pas encore de définition précise. L’ECHA proposait à l’origine que le terme concerne les particules mesurant entre 1 nanomètre et 5 millimètres (et entre 3 nanomètres et 15 millimètres pour les fibres). Mais sous la pression des industriels (du plastique, de la chimie et des cosmétiques notamment), cette dimension est passé à 100 nanomètres minimum et à 300 nanomètres pour les fibres. Une manière pour « l’industrie de pouvoir continuer à utiliser ou de passer à des nanoparticules qui sont à la fois plus toxiques et plus facilement absorbées par les cellules vivantes », déplore l’ONG European Environmental Bureau (EBB) pour qui, au final, l’initiative a été « tellement déformée que, faute de rectification, elle finira par aggraver le problème au lieu de l’améliorer ».

Des alternatives biodégradables à développer dans les années à venir
Outre ce problème de taille, un problème de délais. Alors que l’ECHA proposait donner cinq ans aux industriels pour développer des alternatives biodégradables aux microplastiques, la dernière version de la proposition en date en indique huit. Mais les fabricants réclament davantage de temps encore.

Autre point d’achoppement entre l’ECHA et les lobbies : l’exigence en matière d’information et de transparence. Dénonçant une « charge administrative supplémentaire importante sans valeur ajoutée significative » et un « défi insurmontable », ils ont d’ores et déjà obtenu de ne pas avoir à déclarer l’identité des polymères ou les quantités précises utilisées. Sans cette transparence et ces informations, il sera pourtant difficile de les repérer dans l’environnement.

La version finale de la proposition de l’ECHA est attendue pour la fin de l’année 2020.

 

Auteur(s): FranceSoir

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Les microparticules de plastiques s'insinuent partout et dans tous les organismes vivants

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