Boxeur gilet jaune : "pas un procès politique" (avocat de Gendarmes et citoyens)

Auteur(s)
La rédaction de France-Soir
Publié le 11 janvier 2019 - 18:55
Image
Christophe D., le "boxeur de CRS gilet jaune"
Crédits
©DR
L'avocat de l'association partie civile Gendarmes et citoyens rappelle que le procès du boxeur gilet jaune relève du droit commun.
©DR
Alors que la première audience de Christophe Dettinger, le "boxeur gilet jaune", s'est déroulé dans un climat tendu, Jean-Philippe Morel, avocat de l'association partie civile Gendarmes et citoyens contacté par France-Soir, met en garde contre les "fantasmes" autour d'un "procès politique" alors qu'il s'agit d'un "dossier malheureusement ordinaire".

L'ex-boxeur professionnel Christophe Dettinger sera finalement jugé les 13 février prochain pour avoir violenté plusieurs gendarmes mobiles lors d'une manifestation de gilets jaunes le 5 janvier. Parmi les parties civiles se trouve l'association Gendarmes et citoyens. Son avocat déplore un climat tendu qui ne doit pas prendre le pas sur le jugement des faits.

"Je m'insurge contre cette vision d'un procès politique. C'est un détenu de droit commun qui reconnaît avoir commis des violences graves", explique à France-Soir Maître Jean-Philippe Morel. "C'est un dossier malheureusement ordinaire. Depuis plusieurs semaines, on a des comparutions immédiates pour violences sur les forces de l'ordre". "En droit pénal, on juge des faits et une personnalité", rappelle-t-il.

Voir: Gendarmes agressés: l'ex-boxeur écroué avant son procès, renvoyé au 13 février

Pour la partie civile il ne doit pas s'agir ici de faire le procès des gilets jaunes ou de la politique du gouvernement, malgré les pressions qui peuvent survenir. "L'ambiance était extrêmement tendue, la sérénité nécessaire aux débats était difficile à assurer (lors de la première audience mercredi 9, NDLR). Mais les juges sont restés sereins dans le respect des droits de la défense et de la partie civile" , détaille l'avocat de Gendarmes et citoyens. Il considère d'ailleurs qu'une audience à huis clos le 13 février ne ferait que "renforcer les fantasmes" sur une prétendue partialité de la justice, même si l'idée reste envisageable en cas de troubles graves pouvant affecter la sérénité des débats.

Si certains syndicats de policiers ont prévenu que le verdict serait "scruté", Maître Morel rappelle que "la partie civile n'est pas là pour réclamer une sanction pénale", même si celle-ci ouvre la voie aux réparations. L'association s'est constituée partie civile "pour exprimer une solidarité entre camarades gendarmes" et "souhaite que les esprits s'apaisent".

Selon lui, le symbole le plus fort serait que Christophe Dettinger "présente des excuses puisque sa parole est désormais très écoutée et que lui même reconnaît avoir commis une infraction grave. En faisant une vidéo avant de se rendre, il savait qu'il allait faire le buzz et cela fait de lui une figure emblématique". Reste donc à voir si les débats parviendront à s'extraire d'un contexte très particulier, et quelles seront les réactions au verdict.

Lire aussi:

Christophe D., le "boxeur gilet jaune" qui a affronté les CRS s'explique en vidéo

Leetchi clôt la cagnotte de soutien à l'ex-boxeur accusé d'agression de gendarmes

L'article vous a plu ? Il a mobilisé notre rédaction qui ne vit que de vos dons.
L'information a un coût, d'autant plus que la concurrence des rédactions subventionnées impose un surcroît de rigueur et de professionnalisme.

Avec votre soutien, France-Soir continuera à proposer ses articles gratuitement  car nous pensons que tout le monde doit avoir accès à une information libre et indépendante pour se forger sa propre opinion.

Vous êtes la condition sine qua non à notre existence, soutenez-nous pour que France-Soir demeure le média français qui fait s’exprimer les plus légitimes.

Si vous le pouvez, soutenez-nous mensuellement, à partir de seulement 1€. Votre impact en faveur d’une presse libre n’en sera que plus fort. Merci.

Je fais un don à France-Soir

Dessin de la semaine

Portrait craché

Image
Castex
Jean Castex, espèce de “couteau suisse” déconfiné, dont l'accent a pu prêter à la bonhomie
PORTRAIT CRACHE - Longtemps dans l’ombre, à l’Elysée et à Matignon, Jean Castex est apparu comme tout droit venu de son Gers natal, à la façon d’un diable sorti de sa ...
13 avril 2024 - 15:36
Politique
Soutenez l'indépendance de FS

Faites un don

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre inscription à la Newsletter hebdomadaire de France-Soir est confirmée.

La newsletter France-Soir

En vous inscrivant, vous autorisez France-Soir à vous contacter par e-mail.