Grève de l'IVG : plaintes contre le syndicat des gynécologues

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La rédaction de France-Soir
Publié le 10 avril 2019 - 17:01
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Aller une fois par an chez le gynécologue pour le dépistage des cancers de l'appareil génital, c'est le message d'une campagne accrocheuse
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© DIDIER PALLAGES / AFP/Archives
Le syndicat des gynécologues avait brandi la menace de la grève des IVG en mars.
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Une trentenaire en formation pour devenir sage-femme devait ce mercredi 10 participer à une réunion de conciliation avec le docteur Bertrand de Rochambeau, président du Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France (Syngof). Elle a déposé plainte après la menace brandie par le syndicat d'appeler à la grève des IVG.

Le syndicat de gynécologues était finalement revenu sur sa menace de grève des IVG, mais la simple évocation de l'idée a été jugée suffisante par Gwendoline Cros pour porter l'affaire devant le Conseil de l'Ordre des médecins.

"Il était impossible de les laisser se servir de l’IVG comme d’une monnaie d’échange. Cette emprise du pouvoir médical sur notre corps est insupportable", explique au Parisien cette mère de famille d'une trentaine d'années qui a eu recours à l'IVG il y a une dizaine d'années et poursuit des études de sage-femme.

En mars dernier, le Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France (Syngof) s'était élevé contre le risque que représente pour les praticiens le système actuel de couverture assurantielle. Dans un mail, le Syngof avait invité ses adhérents à "être prêts à arrêter la pratique des IVG".

Voir: Un syndicat de gynécos menace d'une grève des IVG, Buzyn "condamne"

La prise de position avait provoqué un tollé auprès des associations défendant les droits des femmes et été dénoncée par la ministre de la Santé Agnès Buzyn et l'Ordre des médecins. D'autant plus que le président du syndicat, le docteur Bertrand de Rochambeau, avait déjà fait polémique en exprimant publiquement son opposition personnelle à l'avortement.

Le Syngof avait finalement rétropédalé, résumant l'affaire à "une fausse polémique" volontairement provoquante afin de se faire entendre. Des appels à une sanction avaient été formulés par des militantes féministes. Le Conseil national de l'Ordre a annoncé la semaine dernière poursuivre les responsables des syndicats.

Gwendoline Cros a également déposé plainte devant l'Ordre des médecins. Sa démarche a abouti à une réunion de conciliation ce mercredi entre elle et le docteur de Rochambeau. Une première procédure qui ne devrait pas aboutir à un compromis, la trentenaire étant là pour obtenir "des sanctions exemplaires contre ceux qui prennent l’IVG en otage. J’irai, pour toutes les femmes, au bout de ma démarche".

Lire aussi:

Avortement et clause de conscience: le Dr. de Rochambeau fait polémique (vidéo)

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