Maroc: le procès de deux jeunes homosexuelles reporté au lendemain de la COP22

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Maroc: le procès de deux jeunes homosexuelles reporté au lendemain de la COP22

Publié le 08/11/2016 à 17:46 - Mise à jour à 17:57
©Frederic J. Brown/AFP
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr

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Alors que la COP22 s'ouvre en grande pompe à Marrakech, la justice marocaine a décidé en fin de semaine dernière de reporter le procès de deux jeunes filles, arrêtées en octobre pour "homosexualité, vagabondage et détention d'images indécentes" afin d'éviter le mauvais buzz. L'audience aura donc lieu le 25 novembre, soit le vendredi après la conférence sur le climat.

A l'heure de la COP22, le Maroc fait bonne figure. Afin d'éviter les vagues, la justice du pays a libéré provisoirement les deux jeunes filles arrêtées fin octobre pour "homosexualité, vagabondage et détention d'images indécentes". Cette décision inattendue a été prise jeudi 3, la veille du jour où devait se tenir leur procès, révèle Le Monde ce mardi 7.

Il y a quelques semaines, Sanaa et Hajar, respectivement âgées de 16 et 17 ans, ont fugué de chez elles pour se retrouver à Agadir (Ouest). De retour chez elle, Sanaa a été interrogée par sa famille qui avait repéré un suçon sur sa nuque. Innocemment, la jeune fille a alors avoué sa relation homosexuelle et montré le selfie d'un baiser sur son téléphone évoquant "un souvenir pour la vie". Craignant une relation "déviante", ses proches ont alors alerté la police qui l'a arrêtée ainsi que sa petite-amie. Car au Maroc, l'un des 77 pays au monde à pénaliser encore l'homosexualité, le Code pénal punit de six à trois mois d'emprisonnement "quiconque commet un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe".

Sans surprise, cette affaire a déclenché une vive réaction de la communauté internationale et des associations féministes et de défense des droits de l'Homme. L'Union féministe libre (UFL), une association marocaine qui œuvre pour l’émancipation des femmes, a notamment condamné "vivement l’arrestation des deux filles, ainsi que le traitement qu’elles subissent actuellement au sein de la prison de Boulamharaz".  Elle en a également profiter pour faire appel "aux composantes du mouvement féministe ainsi qu’aux associations des droits humains et avocats marocains afin de mettre fin aux séries d’arrestations que connaissent notre pays et l’injustice dans laquelle nous vivons désormais".  Le Comité des droits de l'homme des Nations unies a quant à lui invité le royaume à "remettre en liberté quiconque se trouve en détention uniquement au motif de relations sexuelles librement et mutuellement consenties" ainsi qu'à "mettre fin à la stigmatisation sociale de l'homosexualité".

Et il faut croire que cette indignation a fini par payer, en surface du moins, puisque, jeudi, les deux jeunes filles ont été libérées à la surprise générale. "La mobilisation de la société civile et la couverture de l’affaire par la presse internationale ont fait craindre un mauvais buzz alors que tous les projecteurs sont braqués sur Marrakech" avec l'ouverture de la COP22 lundi 7, explique un avocat casablancais au Monde. Mais l'audience n'a malheureusement pas été annulée pour autant. Elle a juste été reportée au 25 novembre, soit le premier vendredi après la conférence sur le climat. Un simple écran de fumée donc. 

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr


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Au Maroc, le Code pénal punit de six à trois mois d'emprisonnement "quiconque commet un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe".

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