Voitures "en ruine", manque d'effectifs sur le terrain... La complainte du mal-être policier

Voitures "en ruine", manque d'effectifs sur le terrain... La complainte du mal-être policier

Publié le 21/10/2016 à 08:20 - Mise à jour à 08:21
©Bertrand Guay/AFP
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
-A +A

Le mal-être policiers a un visage: du matériels vétustes et hors d'usage, des manques d'effectifs, une direction qui ne les soutient pas. Antoine, policier de son état, s'est joint jeudi 20 au soir aux près de 500 policiers une nouvelle fois rassemblés à Paris.

Voitures "en ruine", manque d'effectifs sur le terrain, gilets pare-balles hors d'âge: parce qu'il en a lui aussi "ras-le-bol" des conditions d'exercice de son métier, Antoine, brassard rouge "police" au bras, s'est joint jeudi 20 au soir aux près de 500 policiers une nouvelle fois rassemblés à Paris.

Cet agent de police d'une trentaine d'années en poste dans la capitale, qui ne donne pas son vrai prénom, brave son devoir de réserve pour crier son malaise. L'attaque aux cocktails Molotov contre des collègues à Viry-Châtillon (Essonne), le 8 octobre, a été le déclencheur de ce mouvement de grogne, qui place le gouvernement sur la défensive et a dépassé les syndicats.

"Les syndicats ne pensent qu'à leur gueule, ils font leur guéguerre entre eux, de la politique, c'est pour ça que le pouvoir panique: cette-fois il ne peut pas leur donner un truc pour nous calmer", explique-il au milieu de ses collègues rassemblés sur l'esplanade du Trocadéro avant de partir en cortège sauvage une nouvelle nuit vers les Champs-Élysées.

Pourtant ce qu'il faut, ce sont des moyens. "Le matériel, c'est n’importe quoi", lâche-t-il. "J'ai le même gilet (pare-balles) depuis 8 ans, les plaques bougent, j'ai fait une demande pour le changer en janvier, j'attends encore. Il y a deux gilets neufs par commissariat pour les mecs qui font la garde statique devant. Les autres gardent leurs vieux gilets", détaille-t-il.

Quant aux voitures de fonction, "elles ont des problèmes d’embrayage, elles partent en ruine". Après l'attaque de Viry-Châtillon, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé que les véhicules seraient dotés de filtres anti-caillassage, voire de blindage.

Une annonce qui est loin de convaincre Antoine: "Déjà quand on est deux, la voiture n'avance pas, alors ajoutez-y un blindage... Et puis ça revient à dire aux mecs qu'ils peuvent nous caillasser, on est blindés". Les tenues ignifugées, également promises par Manuel Valls? "Au bout de cinq lavages elles ne le seront plus", croit-il savoir. L'état des locaux n'est selon lui pas meilleur: "Allez voir le commissariat du VIIIe, ils mangent avec les souris, les chiottes sont à la turque".

Mais c'est surtout le manque de moyens sur le terrain qui exaspère Antoine. "On retire des gars du terrain pour rédiger des plaintes, il n'y a plus personne en patrouille et après on s'étonne", dénonce-t-il, en réclamant la fin des gardes statiques devant les bâtiments car "c'est pas notre boulot, pendant ce temps-là on ne fait pas d'anticriminalité".

A la suite des attentats de 2015, le gouvernement a doté policiers et gendarmes de fusils d'assaut, de nouvelles voitures, des moyens qui ont principalement bénéficié aux services spécialisés aux dépens des policiers de la sécurité publique.

Défendant les efforts du gouvernement, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a rappelé mercredi qu'une "hausse de 15% des crédits" d'équipements du ministère était décidée pour 2017 et souligné que 6.300 postes avaient été créés depuis 2012, 2.700 supplémentaires venant s'y ajouter l'an prochain. Pour répondre aux revendications des policiers, le ministre a également annoncé des "concertations" d'ici décembre avec les fonctionnaires de police sur la question des dotations ou encore des travaux immobiliers.

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Antoine, policier de son état, s'est joint jeudi 20 au soir aux près de 500 policiers une nouvelle fois rassemblés à Paris.

Newsletter


Fil d'actualités Société




Commentaires

-