La liberté d’expression n’a jamais été aussi importante et en danger. C’est le devoir de chacun d’en faire son affaire – Débriefing avec Jay Bhattacharya

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Xavier Azalbert, France-Soir
Publié le 18 décembre 2023 - 17:00
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Jay Bhattacharya
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ay Bhattacharya a découvert, comme beaucoup d'autres, les limites de la liberté d'expression à l'occasion de l'épisode Covid.
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DEBRIEFING - Jay Bhattacharya, médecin et économiste, est professeur de la célèbre université californienne de Stanford. En octobre, 2020, il s’est élevé contre la gestion de la crise sanitaire en étant l’un des auteurs de la Great Barrington Déclaration avec les professeurs Martin Kulldorff (biostatisticien, Harvard) et Sunetra Gupta (épidémiologiste, Oxford). Cette déclaration a été signée par près d’un million de personnes.

Elle attira sur ces trois personnes les foudres des médias et de la communauté scientifique.


Jay Bhattacharya revient dans cet entretien essentiel sur la déclaration et ses conséquences. Il a fini par le surnommer “fringe scientist” (scientifique à la marge ou marginal) alors qu’il était, avant l’épisode Covid un professeur et chercheur reconnu. Aujourd’hui, avec le renouveau de X (anciennement Twitter), la liberté d’expression semble être un peu plus protégée malgré les appels de certains à censurer cette plateforme. Il évoque aussi les procès en cours (dans le Missouri notamment) qui ont mis à jour l’influence et l’ingérence des autorités sur les réseaux sociaux.

La Great Barrington Declaration peut être consultée et signée sur le site https://gbdeclaration.org/

 

La déclaration de Barrington lancée depuis les Etats-Unis, le 4 octobre 2020, en version française : 

“En tant qu’épidémiologistes des maladies infectieuses et scientifiques spécialisés en santé publique, nous sommes inquiets des impacts physiques et mentaux causés par les politiques actuelles contre le Covid-19 et nous recommandons une approche alternative que nous appelons ‘Protection focalisée’ (Focused Protection).

Que nous soyons de gauche ou de droite, et quel que soit notre pays d’origine, nous avons consacré nos carrières à la protection des populations. Les politiques actuelles de confinement produisent des effets désastreux sur la santé publique à court, moyen et long terme. Parmi les conséquences, on peut citer, entre autres, une baisse des taux de vaccination chez les enfants, une aggravation des cas de maladies cardiovasculaires, une baisse des examens pour de possibles cancers ou encore une détérioration de la santé mentale en général. Cela va engendrer de grands excès de mortalité dans les années à venir, notamment dans la classe ouvrière et parmi les plus jeunes. Maintenir les écoliers en dehors de l’école est une grande injustice. 

Conserver ces mesures en attendant qu’un vaccin soit disponible causera des dégâts irréparables. Les couches sociales les moins favorisées seront les plus touchées. 

Heureusement, notre compréhension du virus s’améliore. Nous savons que la vulnérabilité à la mort par le Covid-19 est plus de mille fois plus haute parmi les personnes âgées et infirmes que chez les jeunes. En effet, pour les enfants, le Covid-19 est moins dangereux que bien d’autres maux, y compris la grippe. 

L’immunité grandissant dans la population, le risque d’infection baisse pour tout le monde, y compris les plus vulnérables. Nous savons que toutes les populations vont finir par atteindre l’immunité collective, c’est-à-dire le point où le nombre de nouvelles infections est stable, et que ce processus peut s’accompagner (sans pour autant dépendre) de l’existence d’un vaccin. Par conséquent, notre objectif devrait être de minimiser la mortalité et le mal fait à la société jusqu’à ce qu’on atteigne l’immunité collective. 

Une approche à la fois compassionnelle et prenant en compte les risques et les bénéfices consiste à autoriser celles et ceux qui ont le moins de risques de mourir du virus de vivre leurs vies normalement afin qu’ils fabriquent de l’immunité au travers d’infections naturelles tout en protégeant celles et ceux qui ont le plus de risques de mourir. Nous appelons cela la Protection Focalisée. 

Le fait d’adopter des mesures pour protéger les plus vulnérables devrait être le but central des réponses de santé publique au Covid-19. A titre d’exemples, les résidences pour personnes âgées devraient être dotées de personnel qui a acquis l’immunité et qui réalise fréquemment des tests pour les autres membres du personnel et les visiteurs. Par ailleurs, la rotation du personnel devrait être la plus faible possible. Les personnes retraitées qui vivent chez elles devraient se voir livrer leurs courses à domicile. Quand c’est possible, elles devraient rencontrer les proches en plein air plutôt qu’à l’intérieur. Une liste de mesures complètes et détaillées, incluant des approches pour les foyers comprenant plusieurs générations, peut être mise en œuvre. C’est largement dans la capacité et les prérogatives des professionnels de la santé publique. 

Ceux qui ne sont pas vulnérables devraient immédiatement être autorisés à reprendre une vie normale. Des mesures d’hygiène simples, comme se laver les mains et rester chez soi si l’on est malade, devraient être pratiquées par chacun pour réduire le seuil de l’immunité collective. Les écoles et les universités devraient rouvrir pour des enseignements en présentiel. Les activités extrascolaires comme le sport devraient reprendre. Les jeunes adultes qui présentent peu de risques devraient travailler normalement plutôt que depuis chez eux. Les restaurants et les commerces devraient ouvrir. Les arts, la musique, le sport et les autres activités culturelles devraient reprendre. Les personnes qui présentent plus de risques peuvent participer si elles le souhaitent à ce processus tandis que la société dans son ensemble bénéficie de la protection ainsi conférée aux plus vulnérables par ceux qui ont construit l’immunité collective.

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