Devant le Congrès des États-Unis, un officier du renseignement militaire évoque des programmes de rétro-ingénierie à partir d’une technologie "non humaine" (partie 1/2)

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Gilles Gianni, avec Jean Neige, France-Soir
Publié le 03 août 2023 - 14:00
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David Grusch
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Capture d'écran par photographie - Congrès des Etats-Unis d'Amérique
David Grusch soutient que de nombreux enregistrements vidéos d'OVNIs sont détenus par l’armée US.
Capture d'écran par photographie - Congrès des Etats-Unis d'Amérique

SCIENCE EXOGÈNE - PARTIE 1 - PARTIE 2 - Le 16 juillet dernier, David Grusch, un officier du renseignement américain, est interrogé sous serment devant le Comité de surveillance et de responsabilité (1), l’influent comité d’enquête de la chambre basse du Congrès. Selon cet ancien de l'US Air Force devenu un lanceur d'alerte, des officines gouvernementales camouflent l’existence de programmes de recherche chargés de copier et reproduire de la technologie "non humaine". Une rétro-ingénierie rendue possible, d’après Grusch, grâce à du matériel récupéré lors de crashs d’engins "non terrestres". L’exopolitique fait-elle son coming out auprès du grand public ? 

Le 13 mars 1997, à Phoenix en Arizona, plusieurs phénomènes aériens non identifiés (en anglais : unidentified aerial phenomena, UPA. En français : PAN (2) ) sont observés de nuit par des milliers de personnes. L'acteur hollywoodien Kurt Russell, alors en vol dans son avion personnel, signale la présence d'un "vaisseau" dans le ciel. Au sol, d'autres témoins le décrivent en forme de "V", capable de recouvrir le ciel.

Suite à un grand nombre de signalements rapportés aux autorités locales, le gouverneur républicain de l'État, Fifre Symington, doit tenir une conférence de presse. Alors que celle-ci débute de façon formelle, le gouverneur lance soudainement que l’affaire est résolue. Il invite des policiers à faire entrer le "coupable" dans la salle. Il s'agit en fait d'un homme vêtu d'un grotesque déguisement d'extraterrestre, tel que représenté par la culture populaire. L'événement est totalement tourné en dérision. 

Un quart de siècle après ce qui a été nommé "les lumières de Phoenix", le comportement du personnel politique a bien changé aux États-Unis. Finies les moqueries à propos des objets volants non identifiés (OVNIs). De grandes administrations comme la NASA (3) ou le Pentagone (4) abordent le sujet ouvertement entourés de scientifiques et spécialistes en la matière. Le sujet quitte progressivement la sphère de la science-fiction, pour ne pas dire du complotisme, pour celle de la technologie et de la recherche (5).

Un témoignage devant le Congrès US

Le 16 juillet dernier, David Grusch, un officier du renseignement US membre de l'Agence nationale Géospatiale (National Geospatial-Intelligence Agency), est interrogé sous serment devant la Chambre des représentants des États-Unis. Cet ancien de l'US Air Force, à la carrière "irréprochable" selon des gradés, décoré en Afghanistan, est devenu lanceur d'alerte en se plaçant sur la protection de la directive présidentielle PPD-19. Un statut qui l'autorise en tant que militaire à transmettre au Sénat des informations classifiées.  

C'est une plainte que l'officier a déposée auprès du bureau de l'Inspecteur Général de la communauté du renseignement (Intelligence community inspector general, ICIG), qui lui vaut son audition au Capitole. Cet organisme est chargé de détecter la mauvaise gestion et la fraude au sein de l’administration fédérale. Et selon David Grusch, des programmes secrets (6) aux financements troubles, non déclarés et tenus au secret par des officines liées au gouvernement, sont développés autour d’un matériel technologique dont l’origine n'est pas terrestre.

Un matériel dont seraient constitués des engins aériens capables de prouesses aéronautique hors normes, comme ceux observés par des pilotes de la Navy, dont les vidéos ont été déclassifiées par le Pentagone en 2020. Ces sources, qui datent de 2015, ont été divulguées sur les réseaux sociaux dès 2017. À ce jour, au moins l’une d’entre elles demeure inexpliquée. Mais Grusch soutient que de nombreux autres enregistrements de ce type sont détenus par l’armée : "Il existe de nombreuses vidéos qu'il est tout à fait juste de publier via un processus de déclassification", déclare-t-il.

"Des engins aussi grands qu'un terrain de football" 

Ces incroyables informations lui ont été transmises dans le cadre de ses activités par des membres du ministère de la Défense qui viennent se confier à lui. "J’ai eu beaucoup d’anciens officiers supérieurs du renseignement qui sont venus me voir (...), qui m’ont confié qu’ils faisaient partie d’un programme", dit-il devant le Congrès. Certains d’entre eux ont aussi été témoins de l'existence d'engins "aussi grands qu’un terrain de football", poursuit-il. 

Grusch, qui n’avait "jamais entendu parler" de ces programmes, affirme désormais disposer "des documents et d’autres preuves" qui démontrent leur existence. Des preuves qui ne peuvent pas être toutes présentées publiquement. L'ancien de l'US Air force invite plusieurs fois les représentants de la Chambre basse à une discussion privée pour davantage d’explications. 

Ces derniers, républicains comme démocrates, reçoivent et écoutent ce lanceur d’alerte dont il ne souhaite pas "qu'il aille en prison", dixit Anna Paulina Luna, élue républicaine de Floride. On s'inquiète même pour sa survie. Les Men in Black issus du film éponyme, qui raconte l’histoire d’hommes en noir enquêtant sur les extraterrestres, et détenant leurs secrets les plus fous, sont-ils donc réels ?

David Grusch n’est pas seul à l’audition. Ryan Graves, instructeur chez les Marines, ancien lieutenant et pilote de F-18, raconte son expérience alors engagé dans une opération durant la guerre d’Afghanistan. Il précise parler au nom de multiples pilotes de lignes et vétérans militaires qui auraient vécu des faits similaires : 

"En 2003, un groupe important de sous-traitants de Boeing travaillait près de l'une des installations de lancement de la base aérienne de Vandenberg (base militaire spatiale, Santa-Barbara, Californie) lorsqu'ils ont observé un très grand carré rouge de 100 mètres de côté s'approcher de la base depuis l'océan et planer à basse altitude au-dessus de l'une des installations de lancement. L'objet est resté environ 45 secondes avant de s'éloigner au-dessus des montagnes. Un événement similaire s'est produit 24 heures plus tard, dans la soirée. (...) Après le coucher du soleil, d'autres observations ont été signalées sur la base, y compris des comportements agressifs. Ces objets s'approchaient à vive allure de certains agents de sécurité avant de s'éloigner. Cette information a été reçue par l'un des témoins qui s'est adressé à moi à Americans for Safe Aerospace". 

Notes : 

(1) United States House Committee on Oversight and Accountability 

(2) PAN : Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés, selon la terminologie du CNES, Centre national d'études spatiales.

(3) Par exemple, le 31 mai 2023, la célèbre agence spatiale américaine a tenu sa première réunion publique sur le phénomène des UPA, regroupant des astronautes, universitaires, journalistes scientifiques afin d'aborder le sujet de façon rationnelle.

(4) En France, en 1997, la COMETA (COMité d'ÉTudes Approfondies), une association composée d’anciens généraux de l’armée de l’air et de scientifiques du CNES avait remis au Premier ministre Lionel Jospin un rapport dont la conclusion émettait l'hypothèse extra-terrestre pour expliquer la réalité physique d'objets volants non identifiés, aux prouesses aéronautiques extraordinaires. 

(5) Ce paradigme a été amorcé en France il y a bien longtemps par l’astrophysicien, cosmologiste et ancien directeur de recherches au CNRS, Jean-Pierre Petit : au lieu de se focaliser sur l’origine fantasmée de ces "objets" ou de s'appuyer sur des témoignages sans source fiable, celui-ci a préféré essayer de répondre aux questions "mais comment peuvent-ils voler ?" et "peut-on fabriquer de telles machines ?"

(6) "Black Budgets" ou "Black Programs", ces programmes de recherche financés par des fonds publics alloués à des entreprises privées possèdent une dénomination officielle : "Special Access Program" (SAP) ou "Special Access Required" (SAR).

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