Attentat du 14 juillet: pourquoi l'hommage national à Nice est-il célébré trois mois après

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VL
Publié le 12 octobre 2016 - 13:14
Mis à jour le 16 octobre 2016 - 20:06
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Des fleurs déposées sur la Promenade des Anglais.
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©Valery Hache/AFP
L'émotion mais aussi la colère avaient été fortes à Nice après l'attentat du 14 juillet qui a coûté la vie à 86 personnes.
©Valery Hache/AFP
Un hommage national aux victimes de l'attentat du 14 juillet est rendu ce samedi à Nice en présence de François Hollande, trois mois après la tragédie. Une cérémonie qui rompt avec les habitudes en la matière. Mais l'hommage aux victime du terrorisme est une pratique toute récente, et il a fallu tenir compte des demandes, voire peut-être aussi de la colère des familles des victimes.

François Hollande se rend à Nice ce samedi 15 octobre pour participer à l'hommage national aux victimes de l'attentat qui a frappé la Promenade des Anglais le 14 juillet dernier. La cérémonie devait à l'origine se tenir vendredi 14, mais les mauvaises conditions météo ont poussé les autorités à la repousser. Cet hommage prend une forme inédite de part son lieu et le délai intervenu entre le drame et cette commémoration.

Certes, de premières cérémonies avaient eu lieu dans les jours qui ont suivi l'attentat, notamment dans le cadre du deuil national décrété pour les 16, 17 et 18 juillet. Mais l'hommage national diffère du deuil national car est une mesure plus informelle. Par exemple, il ne nécessite pas la prise d'un décret en Conseil des ministres.

Il n'y a donc pas de règle figée pour une telle cérémonie, a fortiori en mémoire des victimes d'attentats puisque le premier hommage national de ce type ne remonte qu'au 27 novembre, deux semaines après les attentats de Paris et Saint-Denis. Jusqu'à ces attaques sans précédent sur le sol français, l'hommage national était une tradition essentiellement militaire. C'est d'ailleurs pourquoi il est habituellement rendu aux Invalides, même lorsqu'il concerne des personnalités civiles (Michel Rocard, Pierre Mauroy). Pour les policiers, il est traditionnellement rendu dans leur préfecture de police de rattachement.

Mais la France n'avait jamais été frappée aussi durement en province qu'à Nice le 14 juillet (86 morts). Et les familles des victimes ont tenu à ce que l'hommage national ait lieu sur place plutôt qu'à Paris. C'est là l'élément clé qui explique les trois mois d'attente entre le drame et la cérémonie: il ne relève pas uniquement d'une décision de l'Etat mais aussi d'une demande des familles des victimes. Celles des trois policiers tués en janvier 2015 l'ont demandé, pas celles des membres de Charlie Hebdo.

Officiellement et selon la secrétaire d'Etat aux victimes Juliette Méadel, ces trois mois ont été nécessaires pour permettre aux associations de victimes de se constituer et de s'organiser, ainsi que pour "laisser le temps aux familles de se recueillir avec leurs proches".

Mais le contexte tendu a pu également avoir joué. En effet, l'efficacité du dispositif de sécurité déployé sur la Promenade des Anglais pour le feu d'artifice du 14 juillet fait encore débat. Et dès les premiers jours qui ont suivi l'attentat, certains parmi les familles des victimes ont mis en cause la responsabilité de l'Etat.

Manuel Valls a fait les frais de cette colère à Nice -ville par ailleurs très marquée à droite- lors de la minute de silence du 18 juillet durant laquelle il avait été hué. François Hollande avait alors choisi d'observer ce moment de recueillement à Paris, au ministère de l'Intérieur. L'exécutif pourrait donc avoir attendu que les tensions s'apaisent avant de célébrer cet hommage national à Nice en présence du chef de l'Etat. Reste à savoir si trois mois après la colère est suffisamment retombée pour que l'hommage ne soit pas gâché.

 

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