Jeune tué à Nantes: le policier change sa version et évoque un "accident"

Jeune tué à Nantes: le policier change sa version et évoque un "accident"

Publié le :

Vendredi 06 Juillet 2018 - 15:21

Mise à jour :

Vendredi 06 Juillet 2018 - 15:30
Le policier auteur du tir qui a tué Aboubakar F. mardi a changé sa version des faits en garde à vue. Il a expliqué aux hommes qui l'interrogeaient que le coup est parti tout seul alors qu'il tentait d'interpeller la victime à l'intérieur du véhicule.
© JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
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La rédaction de France-Soir

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C'est sans doute un tournant de l'enquête: le CRS qui a tué le jeune Aboubakar F., 22 ans, abattu à Nantes en marge d'un contrôle, vient de changer sa version des faits. Actuellement en garde à vue, il évoque un "accident" et non plus la légitime défense selon une information recueillie par RTL.

Mardi 3, le jeune originaire de la cité de la Muette à Garges-lès-Gonesse en banlieue parisienne était atteint par un tir mortel. L'agent ayant fait usage de son arme a expliqué que le jeune homme avait tenté de fuir le contrôle, a priori du fait d'un mandat d'arrêt courant depuis 2017 pour "vol en bande organisée, recel et association de malfaiteurs".

Jeudi 5 dans la soirée, le policier auteur du tir avait été placé en garde à vue du chef de "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Les éléments connus depuis le moment du drame ont donc fait changer la version des faits établie par le suspect. Toujours selon RTL, ce dernier explique maintenant qu'il a voulu interpeller Aboubakar F. à l'intérieur du véhicule en passant la moitié de son corps dans l'habitacle de la voiture, son arme à la main. C'est alors que le coup serait parti accidentellement et que la balle se serait fichée dans la gorge de la victime.

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En fin de journée, la garde à vue du policier pourrait être reconduite mais il pourrait également être mis en examen.

La mort d'Aboubakar F. a entraîné une flambée de violence à Nantes. De nombreuses voitures ont été brûlées et des incendies volontaires ont ravagé onze bâtiments publics ou commerces.

Le CRS a changé sa version des faits en garde à vue.


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