Nathael retrouvé, l'Alerte enlèvement toujours efficace à 100%

Nathael retrouvé, l'Alerte enlèvement toujours efficace à 100%

Publié le :

Samedi 20 Août 2016 - 14:38

Mise à jour :

Samedi 20 Août 2016 - 14:41
©Chauveau Nicolas/Sipa
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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Déclenchée à 18 reprises depuis sa création, l'Alerte enlèvement a une nouvelle fois fonctionner samedi en permettant de retrouver le petit Nathael, 9 ans, enlevé dans la nuit de jeudi à vendredi par son père, placé en garde à vue. Les premières constatations ne font état d'aucune violence subie par l'enfant.

Nathael, un garçon de neuf ans enlevé par son père vendredi 19 en Saône-et-Loire, en l'absence de droit de garde, a été retrouvé ce samedi 20 en bonne santé dans le Vaucluse, au terme d'une nouvelle "Alerte enlèvement" fructueuse.

Les gendarmes l'ont découvert au bord d'une rivière "dans le secteur de Bédarrides", avec son père et non loin du domicile de celui-ci, a précisé le vice-procureur de Mâcon, Frédéric Jacques, lors d'une conférence de presse à Charnay-lès-Mâcon. Les enquêteurs n'ont relevé aucune trace de violence ou de contrainte sur Nathael qui devait rapidement être remis à sa mère.

Ce garçon aux cheveux clairs et aux yeux noisette avait été enlevé dans la nuit de jeudi à vendredi à Romenay, une petite commune de Saône-et-Loire, où il séjournait chez ses grands-parents paternels pendant les vacances.

Ses parents sont séparés mais sa mère avec laquelle il vit dans le Var a conservé de bonnes relations avec ses beaux-parents et leur avait confié l'enfant pour quelques jours. Nathael devait revenir à Toulon vendredi mais quand sa grand-mère est venue le réveiller vers 06h30, elle n'a trouvé que des coussins dans son lit.

Le père, âgé de 58 ans, venu du Vaucluse en voiture, était rentré dans la maison dont il possède les clefs durant la nuit, son téléphone portable ayant borné vers 2h à Romenay - il l'a éteint par la suite. Avant de reprendre la route avec l'enfant, vêtu de son pyjama et d'un tricot.

En fin de matinée vendredi, le véhicule a été contrôlé par les gendarmes près de Mâcon mais l'alerte enlèvement n'avait pas encore été déclenchée, la grand-mère n'ayant pas signalé la disparition. C'est la mère, informée par une sœur du père habitant aussi dans le Vaucluse, qui a porté plainte à Toulon, à la suite de quoi l'alerte a pu être déclenchée en soirée.

Une vingtaine de gendarmes ont alors été mobilisés autour du domicile du père, des témoignages permettant de le localiser avec son fils. Le père, placé en garde à vue à Avignon, doit être transféré dans la journée à la section de recherches de la gendarmerie de Dijon. Il encourt 5 ans de prison.

Sans emploi, ni compte en banque, il vit dans une situation instable selon le parquet et avait déjà enlevé son fils en 2012, durant deux mois. Ce précédent lui a valu d'être condamné en 2014, procédure au cours de laquelle il avait refusé une expertise psychiatrique.

En mars dernier, la justice toulonnaise avait accordé temporairement à la mère l'exercice exclusif de l'autorité parentale, privant le père de son droit de garde et de visite. "Il le savait mais il a choisi la solution de force", a souligné le magistrat.

Le plan "Alerte enlèvement", mis en place en France en 2006, est un dispositif d'alerte massive lancé sous l'autorité du procureur de la République, via une cinquantaine de canaux de diffusion (radio, télévision, sites internet, panneaux de gare et d'autoroutes, panneaux d'affichage urbain, réseaux de la SNCF ou de la RATP, 22.000 bornes de la Française des Jeux) pour mobiliser la population dans la recherche de l'enfant enlevé et de son ravisseur.

Les particuliers peuvent relayer l'alerte via les réseaux sociaux et des applications de smartphones.

Il a été déclenché 18 fois depuis son lancement, selon le ministère de la Justice, et a toujours permis jusqu'à présent de retrouver les enfants enlevés. Il est largement inspiré du plan "Amber Alert", créé au Texas en 1996, après l'enlèvement et l'assassinat de la petite Amber Hagerman.

Il n'est cependant activé que si plusieurs critères sont réunis: un enlèvement avéré et pas une simple disparition; une victime mineure dont l'intégrité physique ou la vie doivent être en danger; des éléments d'information permettant de localiser l'enfant.

La dernière alerte de ce type remontait à l'enlèvement d'une fillette de quatre ans en juillet à L'Isle-d'Abeau (Isère), retrouvée saine et sauve quelques minutes après le déclenchement du dispositif.

 

A chaque fois qu'elle a été déclenchée depuis 2006, l'Alerte enlèvement a permis de retrouver le ou les enfants en vie.


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