Mélenchon récuse le "vote utile", mais se dit le mieux placé contre l'extrême droite

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Par AFP - Paris
Publié le 24 mars 2022 - 19:49
Mis à jour le 25 mars 2022 - 12:44
Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Presse)
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Jean-Luc Mélenchon a récusé jeudi la formule de "vote utile", que ses rivaux à gauche l'accusent de cultiver pour se hisser au second tour de l'élection présidentielle, tout en soulignant qu'il était le mieux placé pour empêcher l'extrême droite d'y parvenir.

"On essaie de convaincre que nous avons un bon programme, mais on ne dira pas qu'on est le vote utile parce que cela sous-entendrait que le reste, c'est des votes inutiles", a déclaré le candidat de la France insoumise (LFI).

Interrogé à sa sortie d'une rencontre avec le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, il a souhaité que "tous (les Français) aillent voter, pour qui ils veulent mais qu'ils votent, qu'ils participent à la vie du pays".

"A cette étape, s'il s'agit d'empêcher l'extrême droite d'être présente au second tour, on ne voit pas très bien pour qui on pourrait voter d'autre que moi", a-t-il toutefois ajouté.

"Si on pense qu'on veut la retraite à 60 ans, c'est pour moi qu'il faut voter parce que je le propose", a-t-il complété.

Dans l'entourage de M. Mélenchon, on préfère parler de "vote efficace", censé se rapporter à des thématiques, pas de "vote utile", à connotation électoraliste.

Crédité d'environ 13% des voix au premier tour selon de récents sondages, M. Mélenchon se détache nettement de ses principaux concurrents à gauche, l'écologiste Yannick Jadot, la socialiste Anne Hidalgo ou le communiste Fabien Roussel.

Mme Hidalgo a vivement critiqué mardi l'idée d'un "vote utile" en faveur du candidat LFI, qualifiant la gauche radicale dont il est le héraut de "gauche la moins utile du monde", incapable d'assumer le pouvoir.

Mme Hidalgo comme M. Jadot ont refusé à ce stade de dire pour qui ils se prononceraient dans l'hypothèse d'un second tour entre le président sortant Emmanuel Macron et M. Mélenchon.

Ce dernier a rencontré jeudi séparément les directions de quatre centrales syndicale (FO, Solidaires, CFDT, CGT), et doit s'entretenir prochainement avec la CFE-CGC. Des échanges ont aussi déjà eu lieu avec la FSU.

"Il y a un sentiment clair qu'il y a des enjeux sociaux lourds dans cette élection", a-t-il déclaré, tout en soulignant qu'il s'agissait d'avoir un dialogue avec les syndicats, qui par tradition ne donnent pas de consignes de vote.

M. Berger a rappelé que sa centrale avait pour principe de recevoir tous les candidats, à l'exception de ceux d'extrême droite, pour des "échanges de vues".