Covid : Une chroniqueuse sur CNews reconnaît une "obligation" des journalistes "à confesser des choses qui se sont révélées être fausses, voire des mensonges"

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France-Soir
Publié le 03 juin 2023 - 11:30
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Capture d'écran par photographie
Charlotte d’Ornellas a regretté l’absence de débats durant la crise sanitaire.
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MÉDIAS/COVID - Un premier aveu, en attendant d’autres ? Sur le plateau de CNews, Charlotte d’Ornellas, chroniqueuse de l’émission "L’heure des pros" chez Pascal Praud et journaliste de Valeurs Actuelles, a évoqué le traitement par les médias français de la pandémie du Covid. Mardi 30 mai 2023, elle a reconnu que les journalistes "ont été obligés de confesser des choses qui se sont révélées être fausses, voire même des mensonges". Elle cite les questions liées à l’efficacité de la vaccination dans la baisse de la transmission du coronavirus ou les effets secondaires du vaccin. "Poser la question, c’était déjà attaquer la science, être dans le complotisme", a-t-elle regretté. 

L’émission "L’heure des pros" a consacré une bonne partie de son épisode du mardi à son invité, le Pr Didier Raoult et la publication de son étude rétrospective sur l’efficacité de l’hydroxychloroquine. Si les journalistes présents sur ce plateau se sont bien attardés sur plusieurs aspects de cette étude et d’autres questions brûlantes concernant l’ancien président de l’IHU-Méditerranée, ils ont franchement exprimé leur désarroi face à ce débat.

"Nous sommes démunis. Nous avons d’un côté, vous (Pr. Raoult, ndlr), qui jouissez d’une réputation depuis des années et d’un autre côté, des gens qui disent exactement le contraire", fait remarquer l’animateur, Pascal Praud. 

Poser des questions "interdites", c’est "être dans le complotisme" 

Un sentiment partagé par la chroniqueuse Charlotte d’Ornellas, qui a regretté l’absence de débats qui auraient été utiles "puisque nous sommes, nous [journalistes], incapables de trancher" sur ces questions. "En plus, y a une telle assurance et de tels mots employés des deux côtés... Ils ont tellement l’air d’être sûrs d’eux sur une matière normalement scientifique que c’est déstabilisant", ajoute-t-elle. La journaliste chez Valeurs Actuelles "aimerait voir ce genre de débats" car, "depuis le début du Covid, des questions obligatoires sont interdites".  

"Nous avons vécu 2 années pendant lesquelles on nous disait qu’on n'a pas toutes les réponses sur un traitement mais qu’il faut aller vite, et, en même temps, sur d’autres traitements, c’est absolument interdit", fait-elle remarquer. Elle évoque des interrogations sur le vaccin qui “était obligatoire pour les enfants et les adolescents” ou encore ses effets secondaires constatés. "Je ne dis pas que c’était le cas de tout le monde, ni que c’était tout le temps. Mais y a la question des myocardites pour les enfants, les jeunes sportifs qui font des arrêts cardiaques (...) Poser ces questions, c’était déjà être contre la science", déplore-t-elle.  

L’animateur Pascal Praud cite notamment la question de la prétendue efficacité du vaccin dans la réduction transmission du coronavirus. Charlotte d’Ornellas souligne que "personne, à ce moment-là, ne disait ‘je ne sais pas’. Poser la question, c’était être dans le complotisme. Et quand on a une réponse contraire, on nous dit qu’on ne pouvait pas tout savoir’. Vous aviez quand même l’air de très bien savoir", fustige-t-elle.  

Une attitude que Pascal Praud attribue "aux prêtes de l’espace médiatique, qui expliquent ce qu’il faut penser sur ces sujets, comme la Covid, le climat, la retraite...". Une influence confirmée par la chroniqueuse, qui avoue avoir "été obligés [journalistes] de confesser des choses qui se sont révélées être fausses, voire des mensonges". "Nous sur les plateaux de télévision (...) On est obligé de relayer la parole sans jamais se poser de questions (...) Nous, je dis un ‘nous’ médiatique, avons défendu des positions soutenues par certains médecins qui se sont révélées être fausses". 

Un débat "sur tout, comme celui sur l'hydroxychloroquine" 

Mme d’Ornellas appelle ainsi à avoir un débat comme celui sur l'hydroxychloroquine "sur tout le reste, tous les traitements, tous les médicaments". "Est-ce qu’on peut simplement avoir un peu d’esprit critique, et dire 'je ne vais pas relayer ce que disent tous ces médecins parce que je ne sais pas', (...) ce n’est pas remettre en cause tout le vaccin de reconnaître qu’aujourd’hui, il est même impossible d’évoquer cette question-là sans se faire engueuler. Ce n’est pas normal", poursuit-elle.

Elle rappelle en guise d’exemple le discours médiatique sur l’obligation de vacciner les enfants sans que les journalistes aient eu "le droit de dire ‘vous avez vu les effets ? Est-ce qu’on peut avoir des réponses là-dessus?".  

Des aveux sur lesquels rebondit encore l’animateur de L’heure des pros, qui fait remarquer que "le livre le plus vendu actuellement en France est celui de la généticienne Alexandra Henrion-Caude (Les Apprentis sorciers: tout ce qu’on vous cache sur l’ARN messager, paru le 8 mars 2023 et vendu à 14 431 exemplaires, ndlr)".

"Personne ne l’a reçu sur aucun plateau à part ici, et interrogez-vous pourquoi ce livre est le plus vendu (...) C’est pour cela que je gardais un peu mes distances (...) Notre métier, c’est de témoigner de la réalité, d’apporter une contradiction et de développer l’esprit critique", a-t-il conclu.  

Le Pr Raoult a publié une étude rétrospective qui démontre l’efficacité de l’hydroxychloroquine en traitement précoce de la Covid-19, faisant l’objet de nouvelles attaques de la part de sociétés savantes, de tribunes et opinions relayées par plusieurs médias mainstream. Avant d’évoquer mardi ces questions sur le plateau de Cnews, il était l’invité des "Débriefings" de France-Soir.  

Il a affirmé durant cet entretien que si l’hydroxychloroquine, ce traitement "économique, pas cher et sûr" n’avait pas été "saboté" depuis le début, "des milliers de morts" auraient pu être évités. Il en veut pour preuve son "étude exhaustive qui reprend tous les patients qui sont venus pour se faire soigner pendant deux ans", à qui le choix d’accepter ou de décliner ce traitement a été donné.  

Un protocole qui a associé dans un premier temps l’hydroxychloroquine et un antibiotique de type macrolide, l’azithromycine (AZI). D’autres types de traitements ont pu être proposés en alternative ou en complément, comme l’ivermectine, les corticoïdes, le zinc. "On a eu la surprise que l’hydroxychloroquine sans AZI avait les mêmes résultats" (bénéfiques, ndlr), indique le professeur Raoult.

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