Drôle d'anniversaire...

Drôle d'anniversaire...

Publié le 17/03/2021 à 17:39
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Auteur(s): Alain Tranchant, pour France Soir

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Un an, an déjà. Et combien de temps encore ? Telle est la question que se posent les Françaises et les Français en cet anniversaire de la drôle de guerre déclarée au coronavirus par le président de la République.

Drôle de guerre, parce que si "nous sommes en guerre", il ne suffit pas de le répéter à six ou sept reprises au cours d'une allocution pour ne plus jamais en parler ensuite. Drôle de guerre aussi, parce que si "nous sommes en guerre", c'est pour vaincre. Et le pouvoir a déjà perdu plusieurs batailles. Celle des masques, pour lesquels le gouvernement a adapté sa communication à sa logistique. Celle des tests, arrivés pour ainsi dire après la bataille et, dès lors, galvaudés, quel qu'en soit le coût pour la Sécurité sociale. Et, maintenant, notre pays est engagé dans un combat incertain : celui d'une vaccination de masse, déjà marquée par un décollage tardif, et désormais interrompue par le fait du prince ?

Si "l'histoire d'une guerre commence en temps de paix" suivant Charles de Gaulle, bien placé pour mesurer l'impréparation de nos armées en 1940, l'observateur est bien obligé de constater que l'on a connu meilleure mobilisation pour l'effort de guerre. Pourtant, M. Macron avait été prévenu par M. Salomon que la France n'était pas en état de faire face à une épidémie. Et quant à la manière dont la guerre a été conduite, il est indéniable que la négation de tout traitement précoce de la maladie et son corollaire, le choix exclusif de la vaccination, constituaient un pari à très haut risque, parce que nul n'était assuré de la découverte de vaccins dans des délais aussi courts. Et, au pays de Pasteur, la recherche n'a pas été au rendez-vous. 

Mais quand un pouvoir politique a fait le choix de la vaccination comme seule réponse à la pandémie, alors il a le devoir de tout faire pour la préparer, l'organiser et la mener à bien. Et, là, à tous les niveaux du commandement, ressort l'impression d'une improvisation totalement désordonnée. Ainsi le peuple français a-t-il pu assister ces jours derniers à un feuilleton du plus mauvais goût : pendant le week-end, le Premier ministre clame avec détermination sa confiance dans le vaccin AstraZeneca ; le lendemain, le chef de l'Etat en suspend sine die l'application, sitôt la position allemande rendue publique ; le troisième jour, le Premier ministre annonce son intention de se faire vacciner avec AstraZeneca. Voici comment la confiance dans le pouvoir s'érode, et voilà comment le doute puis la défiance s'installent.

A l'heure de ce premier anniversaire - le dernier, il faut l'espérer ! - il est clair que le président de la République n'était pas préparé lui-même à conduire l'effort de "guerre". Mais les institutions ne lui imposent pas de tout faire tout seul, même s'il porte la responsabilité suprême. Il lui appartenait donc de désigner un général en chef, capable de l'éclairer, apte à mener le combat et à le gagner. C'est là que le bât blesse. Il est incompréhensible que M. Macron ait cru devoir faire appel à des personnes qui n'avaient jamais géré d'épidémie. L'amateurisme a ses charmes, certes, mais dans la conduite de la guerre, il a ses limites. Et on le mesure aujourd'hui, quand le chef de l'Etat se trouve contraint de prendre ses distances avec un Conseil scientifique qui lui doit la vie, ou de passer outre à ses recommandations privées ou objurgations publiques.

Alors que la multiplication des variants du virus fait peser une grave menace sur la sortie du tunnel, le pouvoir doit prendre en compte l'extrême lassitude d'une population que l'on a pu endormir une année durant avec le "quoi qu'il en coûte", mais dont le réveil pourrait être brutal. Au moment où les beaux jours arrivent, le couvre-feu à 18 heures ne pourra pas longtemps être tenu. Et, pour les professions à l'arrêt depuis des mois, combien de dirigeants ou de salariés n'ont pas l'intention de laisser leur entreprise, ou leur emploi, au champ d'honneur.

Dans quelques semaines, au mois de juin, doivent avoir lieu des élections départementales et régionales. Dans un an, le pays se trouvera en pleine campagne électorale pour le premier tour de l'élection présidentielle. Si une chose est certaine, le calendrier politique, une autre l'est beaucoup moins, je veux parler de la situation sanitaire et de l'état moral de la nation. Et pourtant, il va bien falloir sortir du régime d'exception et retrouver la liberté. C'est un impératif, un impératif catégorique.

Auteur(s): Alain Tranchant, pour France Soir

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