En Knockistan, la vaccination bat son plein

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Estelle Fougères, pour FranceSoir
Publié le 12 mai 2021 - 14:00
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Que seront-ils prêt à nous raconter pour nous vendre un vaccin ?
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Les Français peuvent se féliciter d’avoir à la tête de l’état des ministres et un chef qui ne s’économisent pas pour les protéger de la Peste Pangoline. Et le premier à se lancer était notre jeune ministre de la Santé Olivier Véran qui n’a pas hésité pas à tomber la chemise devant les caméras pour recevoir sa piqûre d’AstraZeneca.

Mais que s'est-il passé quelques jours plus tard ? La multiplication des effets indésirables relatés dans de nombreux pays européens dont certains allant jusqu’aux décès de plusieurs patients, a conduit les autorités françaises à suspendre la vaccination avec ce produit pendant quelques jours, le temps d’effectuer certaines vérifications. Comme cela était fâcheux, après tout le mal que le ministre s’était donné pour convaincre le bon peuple des bienfaits du vaccin.

Quelques jours plus tard, la suspension était levée et le bénéfice de l‘AstraZeneca déclaré plus grand que le risque. Croyant que tout le monde oublierait cet incident fâcheux, les autorités rouvraient la vaccination avec l’AstraZeneca désormais réservée au plus de 55 ans alors qu’elle était auparavant préconisée pour les moins de 65 ans. Mais le peuple n’avait pas oublié les accidents graves, l’interdiction toujours pas levée dans certains pays et les tergiversations sur l’âge. Tout cela faisait d’autant plus désordre que les médecins ne savaient pas quoi dire à leurs patients de moins de 55 ans qui avaient reçu une première dose et qui devaient faire quelques semaines plus tard la seconde.

Comment faire oublier ce début de campagne désastreux ? Il fallait donc convaincre encore et toujours. Cette fois, on décida de taper plus haut en envoyant le Premier ministre Jean Castex qui avait refusé d’être parmi les premiers vaccinés. On se souvient tous du sacrifice qui avait été le sien et ces mots altruistes prononcés en décembre 2020 résonnent encore à nos oreilles: « Croyez-moi, je ne figure pas dans les publics prioritaires. Vous voyez bien le premier inconvénient. Si je suivais votre recommandation, d’aucun pourrait considérer que je suis un passe-droit. » Diantre, un passe-droit dans une république qui se veut irréprochable comme la nôtre, c’eût été choquant et le peuple peu habitué à ce genre de pratique ne le lui aurait certainement jamais pardonné !

Mais les mois ont passé et la situation a changé ; les réfrigérateurs sont remplis de doses d’AstraZeneca qui ne trouvent pas preneur. C’est le 26 mars dernier que Jean Castex retrousse sa manche de chemise devant les caméras. Mais cela n’a pas eu l’effet escompté et la vaccination avec cette molécule désormais rebaptisée Vaxevria continuait d’être boudée des Français. Le 19 avril, le vaccinodrome de Nice qui devait rester ouvert tout le week-end avec ses 4000 doses de vaccins disponibles a dû fermer ses portes le samedi en début d’après-midi faute de volontaires.

C’est alors que le « génie » de Jean Castex frappa encore : faire appel aux stars pour venir se faire vacciner devant les caméras. Grand fan de Sheila, il ordonnait aux services de communication de Matignon de contacter l’interprète de « L’école est finie » qui avait marqué son enfance. L’information fuitait et quelques heures plus tard, l’intéressée démentait avec la plus grande fermeté sa participation en écrivant un tweet dans lequel elle ne masque pas son mécontentement :

« Un grand manque d’élégance ! Je n’ai absolument aucun contact avec le gouvernement et je trouve très embarrassant de se retrouver associée à un projet de campagne de vaccination lié à une marque de laboratoire sans avoir été contactée ni de près ni de loin. Je ne souhaite pas entretenir la confusion dans l’esprit de chacun où aujourd’hui les raccourcis vont plus vite que la vérité. La rumeur doit stopper. Sheila. »

Après ce nouveau camouflet pour l’exécutif, il fallait l’intervention divine de Jupiter pour tenter de redresser la situation et le 6 mai le chef de l’Etat tweetait : « Vacciner le jour. Vacciner la nuit. Vacciner le week-end. Vacciner les jours fériés. » Mais qu’en est-il du "corps du roi" dont chacun sait qu’il a contracté le covid en décembre 2020 ? Interrogé sur CNews sur sa propre vaccination, le président a déclaré qu’il ne la ferait pas tant que sa sérologie post-infection montrerait la présence d’anticorps, une déclaration qui va à l’encontre de ce que préconisent la Haute Autorité de Santé (HAS) et le Conseil scientifique à savoir une injection unique entre 3 et 6 mois après l’infection.

« Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais » dénoncent les dangereux complotistes, pourfendant sans relâche la parole d’un Président dont ils dénoncent les numéros d’équilibristes et la pratique du « en même temps ». Trop simples, trop primaires, ils ne connaissent pas la pensée complexe de celui qui a étudié la philosophie. Il faut bien comprendre ce qu’est le doute et à quel point il peut torturer un homme dont l’hémisphère gauche du cerveau envoie un message immédiatement contredit par l’hémisphère droit, surtout si l’on croit son entourage qui affirme que le président a acquis une grande maîtrise des travaux épidémiologiques ! Or les épidémiologistes ne sont pas tous d’accord sur la vaccination, certains la conseillent pour l’ensemble de la population quand d’autres recommandent la prudence en ne vaccinant que les personnes fragiles.

Mais comme en matière de vaccination, le « en même temps » est difficilement applicable, le président semble se glisser dans le sillage de son célèbre prédécesseur François Mitterrand qui aimait rappeler qu’il « fallait donner du temps au temps ». Après tout, lorsqu’on sait que ces produits sont en expérimentation puisqu’ils n’ont obtenu que des AMM conditionnelles, peut-on lui donner tort et lui reprocher d’être trop prudent ?

On ne sait si Emmanuel Macron a acquis toute la connaissance en épidémiologie mais pour sûr, il a compris ce qu’est le temps de sécurité que tout vaccin exige.

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