En France, le gouvernement se déclare prêt à réagir face à un "convoi de la liberté"

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FranceSoir
Publié le 08 février 2022 - 19:40
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Convoi de la liberté à Ottawa.
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Les manifestants venus soutenir les camionneurs et leur « convoi de la liberté » ont bloqué les axes principaux d’Ottawa ce week-end.
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Après Ottawa et la Nouvelle-Zélande, la France ?

Depuis le 29 janvier, des centaines de camions encerclent le Parlement de la capitale canadienne et bloquent la circulation pour protester contre les restrictions sanitaires et l’obligation vaccinale contre le Covid-19.

Depuis, le mouvement s’est répandu à Wellington, la capitale néo-zélandaise, bloquée par le même procédé.

Voir aussi : "Convoi de la liberté" en Nouvelle-Zélande : des camions bloquent la circulation autour du Parlement

Et bouillonne en France. Le 7 février, un « convoi de la liberté » d'une trentaine de manifestants a été intercepté en région parisienne, entre l'Essonne et la Seine-et-Marne, par les forces de l’ordre. D’après l’AFP, cette interception s’est déroulée « dans le calme ».

Cette mobilisation fait suite à l'appel de plusieurs milliers d'opposants au passe vaccinal qui ont fait savoir sur les réseaux sociaux leur projet de « rouler sur Paris » dans le cadre d'une action citoyenne baptisée «convois de la liberté». Objectif : pousser les autorités françaises à mettre un terme aux restrictions sanitaires et au passe vaccinal. Dans un communiqué officiel affiché sur Facebook, le Convoy France écrit :

« Les citoyens entendent récupérer : leur liberté, leurs droits fondamentaux, l’accès inconditionnel aux soins, à l’éducation et à la culture, le respect des valeurs essentielles de notre Constitution. Stop au sacrifice des enfants et de la jeunesse, cessons la maltraitance subie quotidiennement ! Le Canada nous a ouvert la voie, la convergence européenne pour nos ENFANTS et TOUS les CITOYENS, c’est maintenant ! »

Face à un convoi de la liberté à la française, « la réponse de l’État sera extrêmement ferme »

Sur BFMTV, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a déclaré prendre très au sérieux ces appels à la mobilisation. Toutefois, il écarte toute mobilisation massive, pour l’heure.

« Aujourd’hui, nous n’avons pas de renseignements qui nous démontrent que cela s’organise dans des proportions qui seraient importantes », a affirmé le ministre, soulignant que « la réponse de l’État sera extrêmement ferme » en cas de blocages.

« Nous mettons les moyens de renseignement et d’action si jamais des gens voulaient bloquer la liberté des uns et des autres, surtout un accès à la capitale. (…) Les gendarmes sont très mobilisés, nous prendrons nos responsabilités pour ne jamais laisser entraver la liberté de circulation », a détaillé Gérald Darmanin. Le cas échéant, « la réponse de l’État sera extrêmement ferme », a-t-il prévenu.

À Ottawa, contrairement à la description de la situation dépeinte par divers média, Alexis Cossette, directeur de l'information à Radio Québec, nous rapportait dans une interview que beaucoup de policiers se sont joints aux manifestants dans un esprit festif : « Des policiers qui font des "high-five" avec les manifestants, des gens qui dansent, qui chantent, avec un mélange de culture propre au Canada. »

Dans l’Hexagone, l’organisation d’un « convoi de la liberté » à la française continue à mûrir et à faire des émules. Un groupe Facebook a été créé le 26 janvier 2022 et il rassemble déjà près de 280 000 membres. Des appels à rallier Paris vendredi y circulent.

Un projet qui avait dès le 28 janvier suscité l’enthousiasme du président des Patriotes, Florian Philippot, qui se déclarait disposé à « proposer un hébergement solidaire » et à mobiliser « des dizaines de milliers de manifestants en soutien ».

D’autres personnalités comme Idriss Aberkane ou l’économiste Philippe Herlin ont fait connaitre leur soutien à un tel projet.

Et celui-ci est en train de se concrétiser. Dès le 9 février, six « convois » de covoiturage ou de particuliers à bord de leurs propres véhicules sont annoncés au départ notamment de Bayonne, Nice, Strasbourg ou encore Cherbourg. Ces manifestants doivent rallier Paris le 11 février dans la soirée. Toutefois, aucun lieu précis de regroupement n’est précisé. Certains appellent ensuite à rejoindre Bruxelles pour une « convergence européenne » le 14 février.

Voir aussi : Bientôt un "Convoi de la liberté" en Europe ?

Y aura-t-il donc une action de blocage ? À cette question, le collectif "Convoy France officiel" répond que « chacun est libre ». Le 5 février, dans un tchat vidéo, Marisa, porte-parole de ce nouveau mouvement, a tenu à préciser que le collectif n'appelait pas directement à une action de regroupement ou de blocage.

Les services de renseignement évaluent « la menace potentielle » que représente la mobilisation

Les services de renseignement évaluent « la menace potentielle » de cette mobilisation. « Cette initiative est prise au sérieux par les autorités », a rapporté à l'AFP une source policière qui prévoit « des dispositifs de vigilance ».

« L'évaluation de la menace potentielle fait cependant encore l'objet d'analyses par les services de renseignement, compte tenu du contexte électoral et de la volonté de jouer le mimétisme avec le mouvement canadien », a précisé cette source. Sur les tchats consultés par l'AFP quelques messages évoquaient des actions possibles, notamment sur le périphérique parisien. Mais la majorité des participants proposaient surtout des moments conviviaux, notamment à travers une distribution de repas ou d'hébergement sur la route.

En France, une vaste part des participants à cette déclinaison française du mouvement canadien sont proches du mouvement des Gilets jaunes et cherchent à exprimer « une nouvelle manière d'exprimer leur ras-le-bol général », a indiqué à l'AFP un organisateur qui a souhaité conserver l'anonymat. En revanche, il faut noter qu’il ne s’agit pas d'une mobilisation des chauffeurs routiers à proprement parler, a-t-il souligné. En outre, l’AFP a confirmé à deux syndicats du secteur du transport routier, FO et la CFTC qu’ils n’ont aucun lien avec ce mouvement.

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