Malgré les préoccupations sécuritaires, la cérémonie d’ouverture des JO de Paris ne sera pas délocalisée. “On a la capacité de sécuriser cet événement”, affirme la ministre des Sports

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France-Soir
Publié le 05 décembre 2023 - 10:45
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Julien de Rosa / AFP
Amélie Oudéa-Castéra a affirmé que les autorités sont conscientes, “depuis le premier jour”, du “défi sécuritaire particulier” que constituent les Jeux à Paris et assure que “tout est mis en ordre pour réduire la menace au maximum".
Julien de Rosa / AFP

FRANCE - Les transports ou encore la pollution de la Seine ne sont pas les seuls soucis organisationnels auxquels le comité d’organisation des Jeux olympiques (JO) de Paris en 2024 est confronté. La dernière attaque au couteau, qui a mené samedi 2 décembre à la mort d’un touriste et à la blessure de deux autres sur le pont de Bir-Hakeim, soulève une autre question de taille, à savoir la sécurité. Paris prévoit-elle de délocaliser la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques en cas de problème ? Pas selon la ministre des Sports. Lundi 4 décembre, Amélie Oudéa-Castéra a affirmé que les autorités sont conscientes, “depuis le premier jour”, du “défi sécuritaire particulier” que constitue cet événement. Elle assure que “tout est mis en ordre pour réduire la menace au maximum avec un état de vigilance absolu”.

Samedi, un homme fiché S, dont les troubles psychiatriques étaient, semble-t-il, lourds, a attaqué et assassiné un touriste allemand à l’entrée du pont de Bir-Hakeim, proche de la tour Eiffel et situé dans une zone où se dérouleront l’été prochain des épreuves des Jeux et la cérémonie d’ouverture. L’assaillant a blessé deux autres personnes, dont un Britannique au marteau, après avoir traversé le pont, avant d’être neutralisé par les forces de l’ordre.

“Paris ne sera pas en état d’urgence”

Ces attentats réguliers s’ajoutent aux préoccupations des organisateurs des JO 2024, qui s’ouvriront dans moins de 235 jours et durant lesquels des millions de touristes sont attendues.

La question sécuritaire a bien évidemment été soulevée à la suitre de l’attaque de Bir-Hakeim. Amélie Oudéa-Castéra, était l’invitée lundi matin deFrance Inter. La ministre des Sports a évoqué les dernières actualités liées à l’événement sportif. Lorsqu’on lui a demandé si elle était inquiète, la ministre a tenté de relativiser, estimant que “la menace terroriste, notamment la menace islamiste radicale, existe, est là, elle n’est pas nouvelle, ni spécifique à la France ni spécifique aux Jeux”.

Ses services et le comité d’organisation sont “lucides sur cette menace”, poursuit-elle, “et nous mettons tout en ordre pour la réduire au maximum”. La ministre des Sports a fait référence à “des dispositifs de sécurité qui vont être considérablement rehaussés pendant les Jeux olympiques et paralympiques”. Evoquant l’attaque du pont de Bir-Hakeim, cet “endroit où s’est passé cet attentat horrible correspond à un périmètre dans lequel on a la possibilité d’avoir des contrôles extrêmement poussés. Ce sont des périmètres extrêmement sécurisés. On a incontestablement, sur la cérémonie d’ouverture, un défi sécuritaire tout particulier, on le sait depuis le premier jour”, a déclaré la ministre.

Elle a en outre affirmé que “Paris ne sera pas en état d’urgence” et que pour la cérémonie d’ouverture, “il n’y a pas de plan B”. “On a un plan A dans lequel il y a plusieurs plans bis”. Oudéa-Castéra a parlé de “variables d’ajustement” ou de “modulations” comme le “nombre de points de festivités”, la “gestion des périmètres de sécurité” ou encore les activités artistiques en marge des JO. 

Oudéa-Castéra désavoue Anne Hidalgo

Une délocalisation de la cérémonie d’ouverture est-elle envisageable ? “Ce n’est pas une hypothèse sur laquelle on travaille”, poursuit Amélie Oudéa-Castéra, affirmant que les autorités “ont la capacité de sécuriser cet événement”, grâce, notamment, au périmètre Silt (en référence à loi sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme, NDLR), mais aussi aux périmètres dits rouge et bleu qui régissent la circulation et qui vont permettre, à son avis, “de sécuriser en profondeur la zone". Ce système a été dévoilé il y a quelques jours par Laurent Nuñez, préfet de police de Paris, qui a révélé que l’obtention d’un QR Code serait nécessaire pour se déplacer aux abords des compétitions sportives.

La ministre des Sports a également été interrogée sur les transports. Fin novembre, la maire de Paris, Anne Hidalgo, déclarait “qu’on ne va pas être prêt” en matière de transports publics et de “mise à l’abri” des personnes sans domicile fixe. Invitée dans l’émission Quotidien de TMC, elle a cité “des endroits” où ces services “ne seront pas prêts parce qu’il n’y aura pas le nombre de trains et la fréquence (adéquate). Anne Hidalgo reconnaissait que Paris “était déjà en difficulté dans les transports du quotidien”. A la question de savoir si cette situation incombait à la région Ile-de-France, chargée des transports en région parisienne, la maire de Paris a précisé que le gouvernement avait “un peu” sa part de responsabilité”.

Oudéa-Castéra tente aussi de rassurer sur cette question, affirmant qu’on sera prêts. On a un travail très important à mener pour finaliser les infrastructures, boucler les derniers éléments des plans de transport. Mais pour le reste, il n’y a pas d’alerte. On a des grands patrons dans nos opérateurs de transports, des équipes mobilisées, pour être prêts le jour J”.

Outre la sécurité dans la zone entourant la Seine, le Comité d’organisation des JO fait aussi face à un autre défi de taille : les épreuves de natations prévues dans le fleuve. En août, la mauvaise qualité de l’eau de la Seine a obligé les organisateurs à annuler plusieurs épreuves tests en prévision des JO. La pollution bactériologique a dissuadé le Comité d’organisation de laisser des nageurs plonger en plein centre de la capitale. Un problème plus que jamais d’actualité...

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