Manuel Valls alerte sur "l'urgence" à "bâtir un pacte avec l'islam de France"

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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
Publié le 31 juillet 2016
Mis à jour le 31 juillet 2016
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Manuel Valls estime que "l'islam a trouvé sa place dans la République" mais que, "face à la montée du djihadisme", il y a "urgence" à "bâtir un véritable pacte".
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Dans une tribune publiée dans "Le Journal du dimanche", le Premier ministre précise les contours du "pacte" qu'il veut bâtir avec l'islam, afin defaire face à "la montée du djihadisme".

Manuel Valls estime que "l'islam a trouvé sa place dans la République" mais que, "face à la montée du djihadisme", il y a "urgence" à "bâtir un véritable pacte" avec la deuxième religion de France, via "la Fondation pour l'islam de France", dans une tribune publiée dans Le Journal du Dimanche. "L’islam a trouvé sa place dans la République (...) contrairement aux attaques répétées des populismes, à droite et à l’extrême droite", qui ont mis cette religion au "cœur de leur rhétorique du bouc émissaire", déclare le Premier ministre.

"Ce rejet insupportable de l’islam et des musulmans, ces paroles, ces actes, tout comme les paroles et les actes antisémites, antichrétiens, doivent être combattus – et ils le sont – avec la plus grande force", assure-t-il. Pour autant, après les récents attentats de Nice et Saint-Etienne-du-Rouvray, l'ancien maire d'Evry appelle à "un devoir de lucidité face à la montée de l’islamisme et du djihadisme mondialisé avec sa vision apocalyptique", qui prend "en otages de nombreux musulmans de France".

"Tous les salafistes ne sont pas des djihadistes... mais presque tous les djihadistes sont des salafistes. Cette mécanique infernale pousse des individus par centaines, parfois très jeunes – hommes, femmes, de culture musulmane ou convertis de fraîche date – à prendre les armes et à les retourner contre leur pays", insiste-t-il.

Soulignant la "mobilisation sans précédent des pouvoirs publics" dans la lutte contre "la radicalisation", il juge que la France "doit faire au monde entier la démonstration éclatante que l’islam est compatible avec la démocratie".

M. Valls, qui s'est dit vendredi dans le journal Le Monde "favorable" à une interdiction temporaire du financement étranger des mosquées, rappelle qu'il "y a plus de dix ans, une fondation (la Fondation pour l'islam de France, ndlr) a été créée pour réunir en toute transparence les fonds nécessaires". "Son échec est total. Il ne doit pas nous décourager. Il faut reconstruire une capacité de financement française", insiste-t-il.

"Il y a urgence à aider l’islam de France à se débarrasser de ceux qui le minent de l’intérieur. Pour cela, il nous appartient de bâtir un véritable pacte avec l’islam de France, donnant à la Fondation une place centrale", ajoute le chef du gouvernement, dans le droit fil de ce qui a été fait en 1905 avec la loi de séparation des Eglises et de l'Etat.

Dans un appel à "agir" contre "l'islamisme radical", intitulé "Nous, Français et musulmans, sommes prêts à assumer nos responsabilités" et également publié dans le JDD, une quarantaine de personnalités -dont le philosophe Abdennour Bidar, l'essayiste Hakim El Karoui et la sénatrice PS Bariza Khiari- se disent "concernés par l’impuissance de l’organisation actuelle de l’islam de France, qui n’a aucune prise sur les événements".

Préconisant de "changer de générations" et de mener "la bataille culturelle contre l’islamisme radical, auprès des jeunes et des moins jeunes", ils soulignent eux aussi qu'"il est temps" de "réactiver" la Fondation pour l’islam de France, qui "n’a jamais fonctionné", et de "lui donner la capacité de collecter des ressources".

De fait, insiste Manuel Valls, tout en refusant "tout tentation néoconcordataire", qui "serait une insulte à la laïcité", il va falloir "revoir certaines règles pour tarir les financements extérieurs et accroître en compensation les possibilités de levées de fonds en France". "Tout devra être mis sur la table, avec les musulmans de France et leurs instances représentatives", précise-t-il.

Car, prévient le Premier ministre, "si l’islam n’aide pas la République à combattre ceux qui remettent en cause les libertés publiques, il sera de plus en plus dur pour la République de garantir ce libre exercice du culte". "Il faudra un engagement massif et puissant. D’abord, des musulmans. Et je les appelle à agir dans leur famille, leur quartier".

 

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