Marisol Touraine: "ma volonté n'est pas d'embêter les médecins"

Marisol Touraine: "ma volonté n'est pas d'embêter les médecins"

Publié le 13/11/2015 à 10:02 - Mise à jour à 10:09
©Lilian Auffret/Sipa
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr
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La ministre de la Santé Marisol Touraine était ce vendredi l'invitée de BFMTV et RMC. Alors que les médecins manifestent à nouveau contre sa loi Santé, elle a une nouvelle fois défendu le tiers payant généralisé et sa mise en place comme une mesure de "justice et de simplification".

De nombreux médecins grévistes ce vendredi alors que le projet de loi de santé revient à l'Assemblée nationale

"Cette loi suit son parcours parlementaire depuis quelques temps et une mesure cristallise les inquiétudes: le tiers payant généralisé".

"Le tiers payant c'est quoi? C'est ce que l'on vit chez le pharmacien, à l'hôpital, on n'avance pas le prix de la consultation et le médecin est payé par la sécurité sociale et éventuellement les organismes complémentaires. C'est une mesure de justice et de simplification. Quand ce sera en place, ça apparaitra comme une évidence. Cette mesure pose des inquiétudes auxquelles je veux répondre. Je veux que la simplicité vienne à bout des inquiétudes."

"Il n'y a pas de médecins en grève (ce vendredi, NDLR) à l'hôpital public"

"Le tiers payant cristallise des inquiétudes sur l'avenir de la profession de médecin qui est en train de se transformer profondément".

"Je ne changerai pas le tiers payant. Nous avons introduit une série de garanties pour rassurer les médecins. Ils craignent d'être payés +à la Saint-Glinglin+ pour parler trivialement. J'ai inscrit dans la loi que le paiement se fera en moins de sept jours. Quand j'entends qu'il n'y a pas de dialogue et pas de débat, ce n'est pas vrai. Je veux dire aux médecins que mon intérêt et  ma volonté, ce n'est pas de les embêter mais de permettre aux Français d'être soignés dans les meilleures conditions".

 

Les mutuelles devaient présenter leurs solutions informatiques avant le 31 octobre mais rien n'est arrivé

"Il y a un peu de retard entre l'Assurance maladie et les organismes complémentaires. Les solutions arriveront dans quelque semaines".

"Les organismes complémentaires se sont engagés, il n'y aura qu'un interlocuteur, elles vont avoir une sorte de guichet unique et elles répartiront les remboursements entre les différents organismes. Les médecins auront  un interlocuteur unique et seront payés de manière unique".

 

Le risque que les mutuelles, qui payeront les médecins, puissent avoir un poids trop important dans le choix des médecins et des soins

"Mais c'est déjà le cas (les mutuelles qui payent les médecins, NDLR). C'est une critique que j'entends et prends au sérieux. Depuis que je suis aux responsabilités, la part des organismes complémentaires a baissé. On ne peut pas me faire ce procès".

"Ce n'est pas possible (que les mutuelles choisissent les médecins). Il y a eu une loi en 2012 sur les réseaux de soins,(...) il a été inscrit que cela ne pouvait pas s'appliquer aux médecins, toutes ces inquiétudes ne reposent sur rien".

 

Certains médecins menacent de recourir à la désobéissance civile et de ne pas appliquer le tiers payant

"Je ne suis pas dans une logique de confrontation. Je n'oppose personne, les médecins exprimaient les mêmes inquiétudes au moment de la carte vitale. C'est un changement d'habitudes, des évolutions plus que dans l'air du temps. C'est déjà fait dans d'autres pays, dans les  pharmacies et les hôpitaux. Ça se mettra en place progressivement, avec une période d'adaptation pour permettre à ceux qui veulent le faire tout de suite de le faire toute de suite et à ceux qui veulent le faire progressivement de le faire progressivement. Je n'ai pas envie d'embêter le  monde. (...) Les Français regrettent plutôt la lenteur du processus".

 

La revalorisation du tarif des consultations

"L'Assurance maladie va s'engager sur le sujet en février. Je n'imagine pas qu'il n'y ait pas d'évolution sur ce point-là. Chaque fois qu'un patient de plus de 80 ans va voir son médecin, il reçoit 5 euros de plus de l'Assurance maladie. Chaque fois qu'il reçoit un patient, il reçoit 8,5 de plus. Les 23 euros de la consultation plus une série de choses, on arrive à 31,5 euros en moyenne".

"Les rémunérations portent sur le tarif de la consultation mais doivent aussi porter sur autre chose: le travail en équipe, les médecins qui s'engagent dans la vaccination..."

 

Les déserts médicaux

"J'ai mis en place le Pacte territoire santé pour répondre aux attentes des médecins. S'ils ne s'installent pas dans les régions rurales, c'est parce qu'ils n'y trouvent pas les condition pour travailler. Les jeunes médecins me disent qu'ils ont besoin de maisons de santé, de faire de la médecine mais aussi de la recherche, de travailler avec un hôpital. Une série de mesures à été prise et donne des résultats".

"Je vais dans quelques jours annoncer le Pacte territoire-2 avec des aides, des incitations pour créer un +écosystème+ favorable et attractif. Mon travail c'est de donner envie aux jeunes médecins de s'installer".

 

Un assouplissement de la loi Evin et de la publicité pour l'alcool dans le projet de loi de santé.

"Je le crains et je le regrette, je l'ai dis. D'autant plus qu'introduire cela dans une loi de santé publique est excessif. Je ne me sens pas désavouée. Je n'attend pas de soutien particulier du ministre de l'économie en matière de santé publique".

"La santé publique n'est pas un enjeu technique mais d'intérêt général. Il y avait un équilibre avec la loi Evin. J'aurais l'occasion de le redire à l'Assemblée nationale".

 

Le paquet de cigarettes neutre

"Je pense que ce sera une avancée importante. Chaque année, 80.000 personnes meurent du tabac. On ne peut pas se satisfaire que la France soit un des pays où l'on fume le plus et où les jeunes fument le plus".

"Il y a aussi des mesures pour que les moins jeunes soient accompagnés, avec le triplement de l'aide au sevrage".

 

L'interdiction du vapotage dans les bureaux, le prix du paquet et la TVA sur les protections périodiques

"Quand vous voulez fumer, vous  allez dehors. Eh bien vous  pourrez vapoter dehors".

"Un choix a été fait sous la responsabilité du président de la République pour mettre en place un plan cohérent dont la pièce maîtresse et le paquet neutre et pas la hausse du prix".

"Je serai favorable (à une TVA à 5,5% sur les protections périodiques). C'est un produit de première nécessité mais je comprends que Bercy veuille remettre à plat tout cela".

 

La proposition de Manuel Valls de fusion des listes socialistes et républicaines au second tour des régionales pour faire barrage au Front national.  

"Aujourd'hui, la priorité c'est de se battre sur le terrain et les équipes se battent pour être le plus haut possible. La responsabilité de Manuel Valls, qui se bat sur le terrain aussi, c'est de penser à l'après premier tour".

"Il faudra tout regarder. Je ne m'engagerai pas avant le soir du premier tour. Aujourd'hui nous sommes en campagne et rien ne doit être exclu mais ce débat doit être ouvert le soir du premier tour".

 

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