Mort de François Chérèque, un "combatif" adepte du compromis

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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
Publié le 02 janvier 2017 - 14:49
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François Chérèque, secrétaire général CFDT de 2002 à 2012
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François Chérèque se définissait comme un "ours", "réformiste et impatient".
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Décédé ce lundi à l'âge de 60 ans, l'ancien leader de la CFDT François Chérèque laissera l'image d'un homme adepte du compromis. Ce qui lui vaudra de nombreuses critiques. Mais bien que "réformiste", il n'en était pas moins selon ceux qui ont travaillé avec lui "combatif", voire "autoritaire".

Éternel révolté contre les injustices, aussi fougueux que chaleureux, François Chérèque a dirigé la CFDT de 2002 à 2012, avec le réformisme en boussole et un mental de combattant, qu'il mettra ensuite au service de grandes causes sociales sous la présidence Hollande. Ancien joueur de rugby à la carrure imposante, il se définissait comme un "ours", "réformiste et impatient" - le titre de son livre publié en 2005.

Régulièrement courtisé par tous les gouvernements, de droite ou de gauche, qui voient en lui un acteur loyal pour accompagner les réformes, son penchant pour le compromis n'a pas toujours été apprécié. "Dans tous les pays où le syndicalisme est fort, il est réformiste", déclarait-il à FranceSoir en octobre 2014.

Même s'il a dit n'avoir "aucun regret", l'accord passé avec le gouvernement Raffarin lors de la réforme des retraites en 2003 plongera la CFDT dans une crise de plusieurs années. Cette crise et les départs massifs de militants "l'ont beaucoup marqué. Il a compris que la confiance des militants est très importante. Il s'est mis à leur écoute", soulignait en 2012 Jean-Marie Pernot, chercheur à l'Ires.

Né le 1er juin 1956 à Nancy dans une famille de culture sociale-chrétienne, ce fils d'ouvrier métallurgiste est parvenu à se faire un prénom. Son père, Jacques Chérèque, fut ministre de Michel Rocard (1988-1991), après avoir été le numéro deux de la CFDT, au côté d'Edmond Maire.

Des cinq fils, il était pourtant le moins brillant à l'école. Dyslexique, médiocre en orthographe, s'exprimant dans un français souvent emberlificoté, il croit néanmoins en lui. Il apprend l'économie "sur le tas".

François Chérèque devient éducateur spécialisé au centre hospitalier de Digne (Alpes-de-Haute-Provence), désormais sa terre d'adoption. Sa maison, près de Sisteron, était son "port d'attache". Responsable local de la CFDT pendant vingt ans, ce grand gaillard barbu, père de deux garçons, est imposé en 2002 par Nicole Notat à la tête de la CFDT.

A l'époque patron de la puissante fédération Santé Sociaux, il est alors inconnu du grand public. Régulièrement invité dans les médias, il se soumet sans grand plaisir à l'exercice obligé.

Ses coups de sang ont rythmé pendant une décennie la vie politique et syndicale: il ne mâche pas ses mots quand il accuse Nicolas Sarkozy de "manipulation de l'opinion" et de "démagogie populiste" lorsque l'ex-président s'en prend aux syndicats lors de la campagne présidentielle de 2012.

"François Chérèque, c'est un tempérament. A la fois doux et impétueux, il a su être compréhensif et combatif. Il incarne à merveille le militantisme qui défend les salariés jusqu'au conflit tout en privilégiant la négociation", résumait en 2012 le ministre du Travail Michel Sapin.

Décrit comme "autoritaire" au sein de sa direction y compris par certains de ceux qui partagent ses orientations, l'homme n'en a pas moins été apprécié des militants. En novembre 2012, lorsqu'il passe les pouvoirs à 56 ans à son dauphin Laurent Berger, avant la fin de son mandat, un millier de délégués lui rendent un hommage chaleureux.

"Travailler avec François, c'est travailler à côté d'un responsable syndical qui avait de l'énergie, qui aime le combat, qui entraîne avec lui, et puis qui a eu un grand courage", disait de lui son successeur en mai 2016.

François Chérèque prend ensuite la présidence de Terra Nova, centre de réflexion proche du PS et rejoint l'Inspection générale des affaires sociales, chargé du suivi du plan gouvernemental sur la pauvreté.

Cette reconversion alimente l'image d'un syndicat proche du pouvoir socialiste. Le patron de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, l'étrille: cela ne "donne pas une image d'indépendance syndicale".

En janvier 2014, l'ancien syndicaliste, qui disait vouloir "servir l'intérêt général", prend la présidence de l'Agence du service civique, et il est nommé Haut-commissaire à l'engagement civique en avril 2016.

Il avait suspendu ses activités en septembre 2015 pour suivre un traitement de chimiothérapie, et quitté ses fonctions en juin 2016 pour "raisons de santé"

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