Les USA, la Chine, l’UE et une vingtaine d’autres pays signent une déclaration sur l’intelligence artificielle, “l’une des plus grandes menaces pour l’humanité” selon Elon Musk

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France-Soir
Publié le 02 novembre 2023 - 12:32
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Elon Musk Sommet IA Londres 1-11-2023
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Toby Melville / Pool / AFP
Elon Musk, présent au sommet londonien sur l'IA, a réitéré ses craintes à propos de cette technologie.
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TECH - Pour Elon Musk, patron du réseau social X (anciennement Twitter), l’intelligence artificielle (IA) est sans doute “l’une des plus grandes menaces” pour l’humanité. Présent à Londres pour assister au premier sommet international dédié à cette technologie (1er et 2 novembre), le milliardaire dirigeant de Tesla et SpaceX, a estimé “qu’il n’est pas certain que nous puissions réellement contrôler une telle chose” mais qu’il est possible de “la guider dans une direction qui soit bénéfique pour l’humanité”.

Lors de ce sommet organisé à Bletchley Park, au nord-ouest de la capitale britannique, la Chine, les États-Unis, l’Union Européenne et une vingtaine de pays ont signé une déclaration commune pour un développement “sûr” de l’IA. La tenue de cet événement intervient quelques jours après la signature par le président Joe Biden d’un décret régularisant l’IA, et quelques mois après l’adoption, par le Parlement européen, de son Artificial Intelligence Act.

Interrogé en marge de ce sommet britannique sur l’intelligence artificielle, Elon Musk a déclaré que l’humanité est dans une situation inédite, “où quelque chose va être beaucoup plus intelligent que le plus intelligent des humains”. “Vous savez, nous ne sommes ni plus forts ni plus rapides que les autres créatures, mais nous sommes plus intelligents”, explique-t-il. “Et nous voilà, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, avec quelque chose qui va être bien plus intelligent que nous”. Le fondateur de Tesla a la certitude que l’intelligence artificielle est “l’un des risques existentiels auxquels nous sommes confrontés et c’est potentiellement le plus urgent”.

“Il n’est pas certain que nous puissions contrôler l’IA”

Dans sa déclaration, l’homme d’affaires, qui a racheté Twitter il y a un an, se montre néanmoins optimiste quant à l’avenir de cette technologie. “Il n'est pas certain pour moi que nous puissions réellement contrôler une telle chose, mais je pense que nous pouvons aspirer à la guider dans une direction qui soit bénéfique pour l'humanité”, a-t-il conclu.

En avril 2023, peu après le lancement de ChatGPT puis de GPT4, Elon Musk avait appelé, avec des centaines de personnalités du monde de la tech, à un moratoire sur la recherche autour de l’IA. Dans une pétition, les signataires ont soulevé le danger que représente cette technologie pour l’humanité, les sociétés et les démocraties.

Cette inquiétude est aussi partagée par les responsables politiques du monde entier. Lundi 30 octobre, le président américain Joe Biden a signé un décret, le premier pas de Washington vers la régularisation de l’intelligence artificielle, obligeant, entre autres, les sociétés du secteur à transmettre au gouvernement les résultats de leurs tests de sécurité, lorsque leurs projets présentent “un risque sérieux en termes de sécurité nationale, de sécurité économique nationale, ou de santé publique”. “Il n’y a pas d’autre solution : l’IA doit être encadrée”, explique le chef de l’État américain.

Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, a souhaité convaincre les participants au sommet de Bletchley Park de créer un groupe d’experts internationaux inspiré du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), devant être chargé de dresser un état des lieux de l’IA. Le Royaume-Uni, où la technologie suscite bien des inquiétudes, est en retard dans la régularisation de l’IA par rapport à l’UE, aux États-Unis et à la Chine.

Les grandes puissances d’accord pour une IA “sûre et responsable”

Le sommet a abouti, mercredi 1er novembre, à la signature, par les États-Unis, la Chine, l’Union Européenne ainsi qu’une vingtaine de pays de la déclaration de Bletchley pour un développement “sûr” de l’intelligence artificielle. “Cette déclaration historique marque le début d'un nouvel effort mondial visant à renforcer la confiance du public dans l'IA en veillant à ce qu'elle soit sûre”, s’est félicité le Premier ministre britannique Rishi Sunak sur X.

Dans cette déclaration, Bruxelles et les 28 autres pays réunis ont exprimé leur accord sur “le besoin urgent de comprendre et gérer collectivement les risques” de l'IA à travers “un nouvel effort mondial visant à garantir que l'IA est développée et déployée de manière sûre et responsable”. La ministre britannique de la Technologie, Michelle Donelan, a précisé que ce sommet “n'a pas pour objectif de poser les bases d'une législation mondiale, mais doit servir à tracer une voie à suivre”. Elle a annoncé que deux autres sommets similaires auront lieu, le premier en Corée du Sud dans six mois et le second en France dans un an.

Malgré cette déclaration commune, la régularisation et la normalisation de l’intelligence artificielle n’en reste pas moins sujette à une course effrénée entre la Chine et l’Occident, précisément les États-Unis et l’Union européenne. En juin, Washington a réintégré l’Unesco cinq années après quitté l’organisation afin de contrecarrer l’influence de Pékin.

Avant le décret de Joe Biden, qui doit passer par un accord du Congrès américain pour espérer aboutir à une législation solide, Bruxelles avait déjà élaboré son règlement sur l’IA (Artificial Intelligence Act), adopté par son Parlement en juin et actuellement examiné par la Commission et son Conseil. Le texte est jugé très sévère par certaines entreprises du secteur, mais pour le président français Emmanuel Macron, “le pire scénario serait une Europe qui investit beaucoup moins que les Américains et les Chinois”.

Plusieurs personnalités, considérées comme les “pères fondateurs” de l’IA, ont appelé, dans une lettre publiée mardi, à “élaborer et ratifier un traité international” sur l’intelligence artificielle, insistant sur les risques “potentiellement catastrophiques que les systèmes avancés font peser sur l’humanité”.

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