Macron relance la réforme des institutions en célébrant les 60 ans de la Ve République

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Macron relance la réforme des institutions en célébrant les 60 ans de la Ve République

Publié le 04/10/2018 à 17:23 - Mise à jour à 23:20
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Auteur(s): Par Laurence BENHAMOU, avec Jérôme RIVET à Paris - Colombey-les-Deux-Églises (France) (AFP)

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Stoppée par l'affaire Benalla, la réforme institutionnelle sera relancée en janvier, a annoncé jeudi Emmanuel Macron, en louant les qualités de la Ve République, née il y a 60 ans par la volonté du général de Gaulle.

A Colombey-les-Deux-Eglises, le village de de Gaulle, puis à Paris, le chef de l'Etat a consacré sa journée à célébrer l'anniversaire de la Constitution de 1958, loin de la crise gouvernementale provoquée par la démission de Gérard Collomb.

Sans évoquer directement les difficultés politiques des dernières semaines, il a dénoncé avec force "la tyrannie de l'immédiat, le règne de l'image et le goût pour l'écume des jours" qui "n'aident pas à mener une action sereine".

"Qu'on ne prétende pas gouverner la France si l'on n'est pas prêt aux déferlantes et aux vents contraires. Il faut tout ignorer de notre pays pour espérer une mer d'huile", a-t-il ajouté en s'adressant à 200 invités, dont ses prédécesseurs Valéry Giscard d'Estaing et Nicolas Sarkozy, accueillis au Conseil constitutionnel.

Quelques heures plus tôt, à Colombey, le chef de l'Etat a tenté de prendre de la hauteur en visitant tous les sites liés au général de Gaulle, de la Boisserie, la demeure où il est mort en 1970, à sa tombe, en passant par l'immense Croix de Lorraine qui domine le village.

Mais il a aussi, comme à chacun de ses déplacements, longtemps échangé avec les habitants, dont de nombreux retraités. Qui l'ont, pour la plupart, interpellé sur leurs faibles pensions. Comme ces conjointes d'agriculteurs qui ne perçoivent que 500 ou 600 euros par mois.

A leurs questions bienveillantes mais insistantes, il a répété qu'il demandait "des efforts" aux seniors pour privilégier ceux qui travaillent. Il a glissé que la France se porterait "autrement" si les Français se plaignaient moins et réalisaient leur chance de vivre dans ce pays.

"Le petit-fils du général (de Gaulle) m'a dit tout à l'heure" que la règle devant son grand-père était: "+ Vous pouvez parler très librement; la seule chose qu'on n'a pas le droit de faire, c'est de se plaindre +." Pour le président, "c'est une bonne pratique qu'avait le général. Le pays se tiendrait autrement s'il était comme ça".

- "lien de confiance" -

Devant le Conseil constitutionnel, Emmanuel Macron s'est montré optimiste sur le sort de la réforme des institutions, dont l'examen avait été suspendu le 23 juillet jusqu'à nouvel ordre, l'Assemblée nationale étant paralysée pendant plusieurs jours par l'affaire Benalla.

"Je sais que le gouvernement, par le dialogue, avec l'Assemblée nationale et le Sénat, trouvera la manière de faire intelligemment cheminer cette réforme", a souligné le chef de l'Etat.

Le Sénat, dominé par la droite, sans qui l'adoption de la réforme est donc impossible, voit dans ce texte un affaiblissement des droits du Parlement face à l'exécutif, avec notamment la proposition de limiter les amendements ou réduire les navettes pour les textes.

La réforme constitutionnelle prévoit notamment la suppression de la Cour de justice de la République, qui juge les ministres en fonction, au profit de la cour d'appel de Paris. Elle doit également réformer les conditions de fabrique de la loi, notamment les règles de dépôt d'amendements et l'accélération des procédures.

La réduction de 30% du nombre de parlementaires, la limitation du cumul à trois mandats identiques dans le temps et la dose de 15% de proportionnelle figurent dans les projets de loi organique et ordinaire.

Pour Emmanuel Macron, cette réforme est destinée à retisser "le lien de confiance entre électeurs et élus", qui "s’est étiolé d'années en années". "Cette érosion est mortelle", a-t-il averti.

Cette Constitution donne-t-elle trop de pouvoir au président? "Non, je ne crois pas", a répondu M. Macron à Colombey.

"Ceux qui, comme dirait le général, sautent comme des cabris sur leur chaise pour vouloir une VIe République, n'aiment tout simplement pas l'État et n'aiment pas qu'on décide. Aucun pays n'avance si on ne décide pas", a-t-il ajouté.

Présent à Colombey, Jean-Louis Debré, fils de Michel Debré, l'un des initiateurs de la Ve République, a fait remarquer que la Constitution avait "survécu à huit présidents, 23 Premiers ministres et 1.400 ministres", signe de "son efficacité".

Auteur(s): Par Laurence BENHAMOU, avec Jérôme RIVET à Paris - Colombey-les-Deux-Églises (France) (AFP)


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