Loiret: suicide d'un prêtre visé par une enquête pour "suspicion d'agression sexuelle"

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Loiret: suicide d'un prêtre visé par une enquête pour "suspicion d'agression sexuelle"

Publié le 22/10/2018 à 16:35 - Mise à jour à 16:38
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Auteur(s): Par Hélène DUVIGNEAU - Orléans (AFP)

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Un mois après le suicide du père Sèbe à Rouen, un prêtre du Loiret, visé par une enquête pour "suspicion d'agression sexuelle" sur mineur de moins de 15 ans, a été trouvé mort samedi dans son presbytère,"un moment d'épreuve tragique", selon l'évêque d'Orléans Mgr Blaquart.

Le Père Pierre-Yves Fumery, 38 ans, a été découvert samedi pendu dans son presbytère à Gien (Loiret). L'Orléanais, qui avait été ordonné prêtre en juin 2014, avait d'abord exercé comme animateur pastoral, avant d'être nommé dans le Giennois fin 2017.

Lundi, l'évêque d'Orléans a évoqué devant la presse "un moment d'épreuve tragique et de souffrance" pour les catholiques. Il a expliqué que des paroissiens avaient alerté la cellule "d'écoute des blessures" du diocèse le 7 septembre. Ils auraient, selon lui, été témoins de "comportements inappropriés envers des adolescents de 13, 14 ans". Mgr Blaquart a évoqué notamment une "proximité physique", un "comportement pas ajusté avec une jeune fille qu'il a prise dans ses bras et raccompagnée plusieurs fois en voiture".

Selon l'évêque, "aucun des gestes mentionnés n'obligeait à saisir la justice". Il a précisé avoir demandé au Père Fumery de "prendre du recul et de se faire accompagner, de quitter Gien quelque temps".

Une recommandation suivie par l'intéressé, qui est revenu le 8 octobre à Gien avec l'accord de Mgr Blaquart, "avec interdiction d'entrer en contact avec les personnes concernées", a précisé ce dernier.

Parallèlement, les témoignages des paroissiens ont été transmis aux services sociaux qui ont mené une enquête auprès des familles.

Contacté par un correspondant de l'AFP, le procureur de Montargis Loïc Abrial a confirmé qu'une enquête préliminaire pour "suspicion d'agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans" avait été ouverte le 21 septembre à la suite d'"informations préoccupantes".

- commission d'enquête refusée -

"Plusieurs auditions ont eu lieu (...) et le prêtre a été entendu le 15 octobre en qualité de témoin", en l'absence d'infraction pénale matérialisée, a précisé le parquet. Le père Fumery avait rapporté le jour-même au diocèse que les faits ayant motivé l'enquête n'entraînaient, selon les gendarmes, aucune poursuite judiciaire.

Selon le procureur, le prêtre a laissé des écrits dans lesquels il "demande pardon". "Mais aucun élément du dossier ne permet de dire que son geste est lié à l'enquête", selon M. Abrial.

"Des informations préoccupantes auraient pu laisser penser que des adolescentes auraient pu subir des comportements inappropriés, mais qui ne relèvent pas d'infractions pénales, d'agressions, de violences, il fallait s'en assurer", a-t-il renchéri. "C'est un questionnement sur une relation amicale en tant qu'adulte responsable de l'encadrement d'adolescents", ajoute encore le procureur.

Une autopsie doit être pratiquée en début de semaine.

Ce suicide intervient dans un contexte délicat pour l'Église catholique, soupçonnée de vouloir minimiser, voire taire des comportements d'abus sexuels.

Il y a un mois, le père Jean-Baptiste Sèbe, également âgé de 38 ans, s'était pendu dans les combles de son église à Rouen. Il avait été dénoncé par une femme qui l'accusait de comportements indécents et d'agression sexuelle sur sa fille majeure. Rien n'avait été porté à la connaissance de la police avant le suicide. Une enquête préliminaire du chef d'agression sexuelle a été ouverte. La jeune femme de 21 ans qui avait dénoncé le comportement du prêtre n'a elle pas déposé plainte.

La semaine prochaine doit par ailleurs s'ouvrir à Orléans le procès de l'ancien évêque d'Orléans, Mgr André Fort, ainsi que du père Pierre de Castelet.

Il est reproché à Mgr Fort, mis en examen en 2017, de n'avoir pas dénoncé l'abbé de Castelet, 69 ans, soupçonné d'attouchements sur des mineurs, après pourtant en avoir été informé.

Face aux témoignages d'agressions et aux révélations dans de nombreux pays, des personnalités et des victimes avaient demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire indépendante. Mais cette proposition a été rejetée mercredi par le Sénat.

L'assemblée de la conférence des évêques de France, qui se réunit début novembre à Lourdes, a prévu des groupes de travail réunissant victimes et évêques.

Auteur(s): Par Hélène DUVIGNEAU - Orléans (AFP)


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