Prison ferme pour deux frères condamnés pour l'agression d'un couple de policiers

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Prison ferme pour deux frères condamnés pour l'agression d'un couple de policiers

Publié le 11/07/2018 à 18:28 - Mise à jour à 18:38
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Auteur(s): Par Myriam LEMETAYER - Meaux (AFP)
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Emmanuel Macron avait promis que les agresseurs d'un couple de policiers, la semaine dernière en Seine-et-Marne, seraient "retrouvés et punis": deux frères de 27 et 24 ans ont été condamnés mercredi à de la prison ferme.

Une semaine jour pour jour après cette agression qui avait soulevé une vague d'indignation dans la classe politique, le tribunal correctionnel de Meaux est allé au-delà des réquisitions.

L'aîné, en récidive, a été condamné à six ans de prison, dont 18 mois avec sursis et mise à l'épreuve pendant deux ans. Son frère, qui avait pour toute mention dans son casier une conduite sous stupéfiants, a été condamné à quatre ans, dont six mois avec sursis et mise à l'épreuve pendant deux ans.

Le parquet avait requis quatre ans de prison, dont un an avec sursis, à l'encontre du premier, et trois ans dont six mois avec sursis à l'encontre du second.

Cette décision est un "signal très fort envers tous les agresseurs de policiers", a estimé auprès de l'AFP Christophe Gonzalez, du syndicat Alliance.

Les jeunes hommes, qui avaient été placés en détention provisoire dimanche dans l'attente de ce procès en comparution immédiate, sont retournés en prison. Apparus sonnés à l'énoncé du jugement, ils avaient un peu plus tôt dit "regretter" les violences commises.

Le 4 juillet vers 21H00 à Othis (Seine-et-Marne), le couple de policiers sort du domicile d'une amie, également nounou de leur fille de trois ans. Les deux frères, qui résident chez leurs parents à 50 mètres de là, passent en voiture. L'aîné reconnaît la policière qui l'a déjà contrôlé à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

"Barbie, c'est pas fini, on va te niquer", lance-t-il à la jeune femme aux cheveux blonds, selon le récit fait par le couple aux enquêteurs de la police judiciaire de Meaux.

- "Sentiment d'insécurité" -

Son compagnon s'approche du véhicule, l'aîné en sort. S'ensuivent des violences, notamment des coups de pied au visage, qui ont valu au fonctionnaire quinze jours d'interruption totale de travail (ITT). Sa compagne s'est vu prescrire quatre jours d'ITT.

Les prévenus, qui avaient gardé le silence en garde à vue, ont affirmé avoir été pris à partie ce soir-là par les policiers, qui accusaient l'aîné d'avoir ébruité l'adresse de ce logement après avoir croisé la fonctionnaire six mois plus tôt devant le domicile de la nounou.

Le parquet et les policiers ont jugé "ridicules" ces allégations.

Le couple a rappelé qu'ils rentraient ce soir-là de vacances, récupéraient leur fille et étaient "en tongs".

"On s'en remet toujours pas, je trouve ça dégueulasse", a déclaré l'homme, œil gauche tuméfié, minerve autour du cou.

"On se demande ce qu'on va faire pour notre fille, pour nous", a enchaîné la brigadière, laissant entendre qu'elle s'interrogeait sur son avenir dans la police.

Pour le parquet, cette affaire "illustre" le "sentiment d'insécurité" affectant les policiers jusque dans leur vie privée depuis l'assassinat de deux fonctionnaires à leur domicile de Magnanville (Yvelines) le 13 juin 2016, une attaque revendiquée par l'organisation jihadiste Etat islamique (EI).

Il a insisté sur cet "effet Magnanville" évoqué dans un rapport parlementaire récent sur le "malaise général" des forces de l'ordre.

Revenant sur cette référence, l'avocate des deux frères, Louise Tort, a affirmé que ce dossier avait pris une tournure "politique" et que ses clients faisaient face à une "justice d'exception".

"On ne cherche pas la vérité dans ce dossier, on cherche à couper des têtes", a-t-elle appuyé.

Peu après la révélation de l'agression, le chef de l'Etat avait réagi sur Twitter: "Pas de mots assez durs pour l'ignominie et la lâcheté des deux voyous qui ont agressé (...) un couple de policiers en dehors de leur service sous les yeux de leur petite fille. Ils seront retrouvés et punis."

Auteur(s): Par Myriam LEMETAYER - Meaux (AFP)

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