Un 1er mai tendu à Paris, mais pas l'"apocalypse"

  •  FranceSoir a besoin de votre soutien, SIGNEZ LA PETITION !  

Un 1er mai tendu à Paris, mais pas l'"apocalypse"

Publié le 01/05/2019 à 19:01 - Mise à jour à 19:04
© Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP
PARTAGER :

Auteur(s): Par Marie GIFFARD, Antoine GUY, Alexandre HIELARD et Marie DHUMIERES - Paris (AFP)

-A +A

Pluie de pavés et de lacrymogène, vitrines brisées: le défilé parisien du 1er mai a rapidement dégénéré mercredi quand plusieurs centaines de "radicaux" ont affronté les forces de l'ordre, causant des dégradations, mais sans faire de Paris la "capitale de l'émeute" comme annoncé.

A la mi-journée, une foule bigarrée patiente sur le boulevard du Montparnasse, bien avant le départ annoncé de la manifestation syndicale. Des groupes de personnes encapuchonnées se mêlent aux "gilets jaunes" et militants syndicaux cassant la croûte sous le soleil. Après avoir passé masque et sweat noir, ils remontent en colonne vers la tête de cortège.

"Attention à vous!" leur lancent des "gilets jaunes" restés sur les côtés, immobiles.

Il est 13H00 et les premiers projectiles sont lancés sur les forces de l'ordre, protégeant en nombre la brasserie "La Rotonde", où le chef de l'Etat avait célébré sa qualification au second tour de la présidentielle il y a deux ans. Symbole "macroniste", elle faisait partie des cibles des "black blocs" selon les appels circulant sur les réseaux sociaux pour cette journée voulue "apocalyptique".

Visés par des jets de bouteilles en verre et de pavés, policiers et gendarmes -- plus de 7.400 sont déployés à Paris où étaient attendus "1.000 à 1.200 activistes radicaux" selon les autorités -- répliquent immédiatement en tirant des grenades lacrymogène et de désencerclement.

C'est autour de "La Rotonde", entièrement recouverte de panneaux de bois et fermée à la demande de la préfecture de police comme près de 600 commerces sur l'axe de la manifestation, que les tensions se concentrent pendant plus d'une heure.

Les "black blocs", utilisant pour se protéger deux grands cygnes en carton-pâte, l'un noir, l'un blanc, montés sur des caddies de supermarché, multiplient des incursions par petits groupes compacts et organisés.

Postées devant les vitrines de commerces, les forces de l'ordre amplifient leurs charges et les interpellations - près de 300 en fin d'après-midi.

Alors que les syndicats et leurs militants restent en queue de cortège, la confusion règne à sa tête, avec des mouvements de panique récurrents et des manifestants criant "ne courez pas, ne courez pas".

Acclamés, les "street medics" sont régulièrement appelés pour soigner des blessés ou donner du sérum physiologique.

- "A l'attaque !" -

La CGT, dont le service d'ordre semblait débordé, a dénoncé "une répression inouïe et sans discernement" après les "actes de violences de certains", accusant les forces de l'ordre d'avoir "gazé" leurs militants.

Les larmes aux yeux, l'un d'eux, assure n'avoir "jamais vu ça, même en 68". "C'est pas les +gilets jaunes+ les responsables. C'est le gouvernement qui laisse faire pour pouvoir nous interdire de manifester. C'est scandaleux", accuse-t-il.

Sophie, "gilet jaune" de 60 ans, dit "comprendre" les violences. "Quand on est confronté au mépris et à l'indifférence il peut y avoir de l’irrationalité qui monte", estime-t-elle.

Des manifestants scandent "Révolution, révolution", d'autres chantent "On est là, on est là, même si Macron ne veut pas, nous on est là pour l'honneur des travailleurs et pour un monde meilleur, nous on est là".

Après un relatif retour au calme, les tensions redoublent quand la tête de cortège arrive vers 15H30 place d'Italie, fin du parcours de la manifestation syndicale.

Renfilant leur survêtement noir par dessus leur jean sur un boulevard menant à la place, certains "black blocs" courent en criant "A l'attaque !".

Devant le commissariat du XIIIe arrondissement, des "black blocs", les mains gantées de noir, tentent de repousser et mettre à terre des barrières anti-émeutes protégeant l'enceinte, encouragés par des "gilets jaunes".

Les lieux sont rapidement inondés de lacrymogènes, comme la place d'Italie voisine où tout le monde recule, puis court dans tous les sens. "On va où?", crie un "gilet jaune", "les syndicats se sont barrés?", se demande un autre. "Faut retrouver le bloc, faut retrouver le bloc", lâchent des jeunes hommes vêtus de noir.

Sur les boulevards, des barricades sont montées, des poubelles incendiées, des commerces attaqués à l'aide de briques ou de barres de fer. Les vitrines de restaurants, d'un salon de massage et d'une banque - sur laquelle a également été tagué "CRS = DAESH" - sont brisées, essentiellement sur le boulevard Saint-Marcel.

mig-agu-alh-mdh-asl/epe/cbn

Auteur(s): Par Marie GIFFARD, Antoine GUY, Alexandre HIELARD et Marie DHUMIERES - Paris (AFP)


Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.



PARTAGER CET ARTICLE :


Heurts entre manifestants et forces de l'ordre, et jets de gaz lacrymogènes en marge du défilé du 1er mai à Paris

Newsletter


Fil d'actualités France




Commentaires

-