Valérie Bacot aimait son mari proxénète, selon sa mère

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Valérie Bacot aimait son mari proxénète, selon sa mère

Publié le 23/06/2021 à 19:04 - Mise à jour à 20:58
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Auteur(s): Par Loïc VENNIN - Chalon-sur-Saône (AFP)
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Valérie Bacot, jugée pour avoir assassiné son mari violent et proxénète, était "amoureuse" de son bourreau, a avancé mercredi devant les assises de Saône-et-Loire sa propre mère.

"Je serais tentée de dire +amoureuse+", répond Joëlle Aubague, 65 ans, à la présidente de la cour, Céline Therme, qui lui demande comment on pouvait qualifier la relation entre Valérie Bacot et son violeur.

Valérie Bacot, 35 ans à l'époque des faits, encourt la perpétuité pour avoir assassiné d'une balle dans la nuque, le 13 mars 2016, Daniel Polette, alors âgé de 61 ans.

Ce dernier avait déjà été condamné en 1995 pour avoir agressé sexuellement Valérie Bacot, qui avait alors 12-13 ans. Mais, après avoir purgé sa peine, il est revenu au domicile familial en septembre 1997. Valérie Bacot est tombée enceinte de lui et l'a suivi en s'installant en couple avec son violeur.

C'est un des "nombreux dysfonctionnements" des autorités qui ont poussé Me Nathalie Tomasini, une des avocates de Mme Bacot, à assigner l’État en justice pour "faute lourde".

"Valérie voulait" que Daniel Polette revienne "à la maison", assure à la barre sa mère Joëlle. Selon elle, Valérie Bacot avait déjà dit, quand son violeur a été jugé: "Je ne lui en veux pas. Je ne veux pas qu'il aille en prison".

"Je veux rester avec mon homme", avait écrit Valérie Bacot, alors presque majeure, dans une lettre écrite à sa mère à l'époque.

"J'ai été naïve. On donne une deuxième chance. Oui, ce n'était peut-être pas normal", tente de se justifier Mme Aubague, assurant avoir "découvert" le viol de sa fille par son compagnon "quand les gendarmes ont débarqué un matin". "J'étais atterrée".

Mais "vous étiez sa mère! Comment avez-vous pu emmener cette enfant chez son bourreau ?", s'emporte Me Tomasini en évoquant les visites de Valérie Bacot, alors adolescente, dans la prison où était son violeur. "C'est elle qui voulait", assure la mère. "Mais qu'est-ce qui vous est passé par la tête ?", crie l'avocate. "Je n'ai rien imposé", affirme Mme Aubague.

La mère restera sans mots quand l'avocate lui annoncera que sa fille vient de déposer plainte contre elle pour "complicité de viol par omission".

- "Il aurait pu la tuer" -

"Je voudrais bien pouvoir faire marche arrière", lâche la mère, concédant ne pas avoir été "parfaite" mais assurant n'avoir jamais chassé sa fille du domicile familial quand elle est tombée enceinte.

"Valérie a cru comprendre que je voulais qu'elle parte mais non", dit-elle, jurant ses grands dieux que c'était Daniel Polette qu'elle voulait chasser de sa vie.

Au cour de l'après-midi, les jurés ont entendu de nombreux témoignages de proches de Daniel Polette, le dépeignant, comme son frère Alain, un être "ignoble". "Monstre, c'est un mot trop gentil pour lui", déclare-t-il, se souvenant que son frère lui avait "planté une fourchette dans la main" après qu'il eut osé lui répondre.

"J'habitais la maison du diable car le diable était dedans. Ce n'est pas lui la victime, c'est elle. Elle ne mérite que la liberté", ajoute Alain Polette.

"Dans ses yeux, on voyait la mort", renchérit Régine Jolivet, une ex-compagne. "On était sa chose".

Michèle Nadoux, mariée avec Daniel Polette de 1981 à 1987, explique n'avoir obtenu son salut qu'en réussissant à divorcer "mais en cachette". "C'est très compliqué quand vous êtes sous emprise. J'étais surveillée. Il m'appelait quinze fois par jour", dit-elle, se souvenant avoir déposé plainte à la gendarmerie après avoir été "défigurée" par son mari - initiative restée "sans suite", selon elle.

"Oui, il aurait pu tuer" Valérie Bacot, assure-t-elle à l'instar des deux autres ex-compagnes.

"J'ai toujours pensé que mon frère était un pervers", affirme Mireille Polette, soeur de Daniel, qui a dénoncé le viol sur Valérie Bacot alors jeune adolescente.

Une autre soeur, Monique Polette, a, elle raconté comment elle avait été violée à l'âge de 12 ans par son frère. "Il m'a amenée dans la chambre... Il m'a mis le couteau sous la gorge, et un 22 long rifle...", s'est-elle souvenue, assurant que "son plus grand regret" était de "ne pas l'avoir tué".

Le procès à Chalon-sur-Saône doit s'achever vendredi.

Auteur(s): Par Loïc VENNIN - Chalon-sur-Saône (AFP)

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