Les tests : un hôpital par mois !

Les tests : un hôpital par mois !

Publié le 24/01/2022 à 10:20
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Auteur(s): Alain Tranchant, pour FranceSoir
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CHRONIQUE - "Au fil des jours", tel était le titre que je voulais donner à cette chronique, avant de me raviser pour mettre en exergue cette véritable gabegie des tests à tout-va. Les autres thèmes abordés ici sont également le fruit de réflexions au jour le jour, consécutives à des déclarations, des émissions de télévision ou des articles de presse.

Journaliste : un métier qui a bien changé

Il y a une quinzaine de jours, Nicolas Dupont-Aignan est interrogé sur une chaine d'informations en continu. Il est beaucoup question du Covid, de la vaccination, du passe vaccinal et même, à l'initiative du député, des traitements précoces. La conversation se déroule sous le feu des questions pressantes, pour ne pas dire plus, de la journaliste. Manifestement, les réponses ne lui conviennent pas. Elle lance alors : "Je ne peux pas vous laisser dire ça !"

Venant de la part d'une professionnelle qui interviewait déjà François Mitterrand, et qui par conséquent ne manque pas d'expérience, le propos est tout sauf anodin, il est surtout révélateur. Une certaine presse est là pour contrôler la conformité des réponses à la pensée dominante et, en ces temps de Covid, on ne badine pas avec l'orthodoxie.

Autre exemple. En début de semaine dernière, j'écoute le journal de 8 h d'une radio périphérique, à la peine depuis quelque temps. Il est abondamment question du Covid, des tests, du protocole scolaire. D'un coup, le journaliste s'exclame : "Il faut dire chapeau au gouvernement !"

Il y a encore quelques années, les journalistes étaient jaloux de leur indépendance, et ne s'en laissaient pas conter. Désormais, certains en sont ainsi réduits au rôle de censeur de leur invité ou d'encenseur du pouvoir. Le métier se perd…

"Il est sûr et efficace, ce vaccin !"

Le professeur Deray le clamait haut et fort sur les ondes l'été dernier. Bien qu'il n'ait pas démérité dans son appui inconditionnel au pouvoir, il n'a pas dû en faire assez !

Car il se vérifie que l'injection qui lui est chère n'est ni sûre, ni efficace. Et il vient de m'être donné de le constater dans mon entourage immédiat. C'est d'abord une amie pour qui la 2ᵉ dose de Pfizer a entrainé une thrombose artérielle à une jambe, et la 3ᵉ dose la même thrombose à l'autre jambe. À coup sûr, passe vaccinal ou pas, elle s'interroge sur la confiance qu'elle doit accorder à "la science" — comme ils disent, pour une éventuelle 4ᵉ injection.

C'est ensuite une personne qui a reçu ses "trois doses", et qui vient d'être déclarée positive au Covid. Elle estime qu'elle a attrapé le virus à son travail, et s'étonne de voir qu'une collègue de bureau non vaccinée est passée à côté du virus.

Pourtant, M. Véran clamait, lui aussi, et de façon péremptoire, le 29 décembre, que les non-vaccinés avaient "peu de chances de passer entre les gouttes, le virus circulant trop". Pour le punir et le faire mentir, Omicron a tenu à ce qu'il ne passe pas entre les gouttes. Il y a un verbatim à réaliser sur les propos d'un ministre tellement représentatif de l'amateurisme et de l'arrogance de ce pouvoir…

Les tests : un hôpital par mois !

C'est une évidence. "Quoi qu'il en coûte", le gouvernement est en train d'édifier sa statue de champion du monde des tests ! Il eut mieux valu en disposer au début de la pandémie, afin d'isoler et soigner les malades au lieu d'enfermer tout le monde. Mais nous étions tellement bien préparés à la "guerre" que nous ne disposions ni de masques, ni de tests. Et ceux qui ont manqué à leur devoir élémentaire sont encore en place, par pur copinage politique, n'est-ce pas M. Salomon ?

Omicron est arrivé à point nommé, au moment des fêtes de fin d'année, pour remettre en route les grands orgues de la peur et de la terreur, et il y a vraiment urgence à mettre à l'étude un vrai vaccin contre le... panurgisme !

Car, à l'invitation du pouvoir — qui a immédiatement saisi l'opportunité de mettre en place son passeport vaccinal — nos concitoyens se sont rués sur les tests. Bilan des courses : un milliard d'euros pour le seul mois de décembre, et vraisemblablement 1,5 milliard d'euros pour janvier.

M. Castex, qui s'est brillamment distingué en qualifiant Omicron de "certes beaucoup plus dangereux, mais clairement moins sévère que ses prédécesseurs" (comprenne qui pourra !), était à Nantes vendredi pour la pose de la première pierre du nouveau CHU. C'est, en France, le plus grand projet hospitalier en phase de début de travaux. Son coût est de 1,2 milliard d'euros.

Lire aussi : Assouplissement des mesures : Jean Castex maintient la pression sur les non-vaccinés

Bien évidemment, c'est faire preuve d'un très mauvais état d'esprit que de rapprocher le coût d'un mois de tests et le prix d'un hôpital ! C'est même d'un goût plus que douteux !

La Cour suprême, c'est le peuple

Nous avons vraiment des drôles de gouvernants. Dès jeudi soir, sans attendre la décision du Conseil constitutionnel, le gouvernement annonçait aux Français la mise en place de son passe vaccinal, avec un léger bémol : sous réserve de la décision des soi-disant "Sages" du Palais royal, qui se réunissaient le lendemain.

La pandémie reculant, et alors que nos voisins européens lèvent les contraintes sanitaires, le Conseil constitutionnel avait l'occasion de redorer son blason, de montrer son indépendance, de retrouver une respectabilité et un honneur perdus. C'était trop lui demander !

Lire aussi : Le Royaume-Uni prévoit de retirer le "Covid Pass" à la fin du mois de janvier

Peut-être terrorisés par le virus (je n'en crois rien !), plus sûrement peu enclins à fâcher un Président soucieux d'"emmerder" plusieurs millions de Françaises et de Français, le Conseil constitutionnel s'est une nouvelle fois distingué par sa complaisance envers le pouvoir, au mépris des droits sacrés de l'homme et du citoyen. Pour la circonstance, il a inventé une formule qui restera dans les annales, et qui fera le bonheur des étudiants en Droit amenés à commenter sa décision du 21 janvier 2022 : il doit être "mis fin" au passe vaccinal "sans délai", lorsqu'il "ne sera plus nécessaire". Que voilà une vraie date butoir et une belle définition juridique !

Il se confirme ainsi qu'en France, "la meilleure Cour suprême, c'est le peuple". Et cela tombe bien : le peuple français est appelé aux urnes au mois d'avril. À lui de sanctionner un pouvoir qui l'a gouverné par le mensonge et la manipulation, qui l'a ligoté par des mesures empruntées aux régimes totalitaires, et qui n'a obtenu le consentement de la population qu'en répandant la peur et en distribuant subventions et chèques.

Plus de 700 milliards de dettes en 5 ans !

Dans un ouvrage qui vient de paraître ("Le vrai état de la France"), Agnès Verdier-Molinié dénonce l'omerta sur la situation réelle du pays en cette campagne présidentielle. À l'évidence, la France n'est pas dans un bel état, elle décroche (il n'y a pas si longtemps 4ᵉ puissance économique du monde, nous avons reculé au 7ᵉ rang !), et la crise sanitaire n'a fait qu'aggraver les choses.

"La France est l'un des pays européens qui a le plus stoppé son économie en raison de la pandémie. C'est un choix qui s'est révélé très coûteux". En 2020, le produit intérieur brut de la France a reculé de 7,9 %", beaucoup plus qu'en Allemagne (– 4,6 %), aux Pays-Bas (- 3,8 %), au Danemark (– 2,1 %).

Avec sa "politique d'open bar en matière de dépenses publiques", le gouvernement a porté l'endettement de la France à un "niveau inégalé dans l'histoire de la Vᵉ République" : 2 950 milliards d'euros, soit 114 % du PIB, au lieu de 69,2 % par exemple en Allemagne. "Aucun de nos partenaires européens, souligne Agnès Verdier-Molinié, ne se trouve aujourd'hui avec plus de 700 milliards de dettes en cinq ans".

Conclusion de l'auteure : "Au premier mouvement sur les taux d'intérêt, la situation va se corser. La France risque de payer cher sa politique du quoi qu'il en coûte".

Auteur(s): Alain Tranchant, pour FranceSoir

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Avec sa "politique d'open bar en matière de dépenses publiques", le gouvernement a porté l'endettement de la France à un "niveau inégalé dans l'histoire de la Vᵉ République".

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