Présidentielle: Zemmour compte ses troupes pour son premier meeting de campagne

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Par Anne RENAUT, Adrien DE CALAN - Villepinte (AFP)
Publié le 05 décembre 2021 - 01:45
Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Presse)
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Eric Zemmour, candidat d'extrême droite à la présidentielle, sur le plateau de TF1 à Boulogne-Billancourt, le 1er décembre 2021
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© Thomas COEX / POOL/AFP/Archives
Eric Zemmour, candidat d'extrême droite à la présidentielle, sur le plateau de TF1 à Boulogne-Billancourt, le 1er décembre 2021
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Après son annonce de candidature critiquée, Eric Zemmour entend faire une démonstration de force lors de son premier meeting de campagne présidentielle dimanche à Villepinte (Seine-Saint-Denis), dans une journée "à risque" selon la police, avec des anti-Zemmour mobilisés.

Le candidat d'extrême droite réunit dans l'après-midi ses troupes au Parc des expositions, derrière son nouveau slogan "Impossible n'est pas français", expression attribuée à Napoléon.

"C'est une des plus grandes salles de meeting depuis quelques années", "c'est absolument dingue", insiste le porte-parole Antoine Diers, qui se dit "très heureux" si son candidat rassemble plus de 10.000 personnes.

Le directeur des événements de M. Zemmour, Olivier Ubéda, assure avoir recensé 19.000 inscrits. Plus de 400 journalistes sont accrédités.

Le polémiste a calqué son calendrier sur le congrès des LR, qui ont choisi samedi leur championne Valérie Pécresse, au profil plus modéré que son rival Eric Ciotti.

Comme Marine Le Pen, sa concurrente à l'extrême droite, Eric Zemmour a invité les déçus parmi les électeurs LR à le rejoindre, dans une lettre ouverte où il leur atteste: "Nous sommes si proches et avons tant en commun".

L'ex-conseillère régionale RN Agnès Marion sera du meeting dimanche et pourrait se voir confier des responsabilités dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle "espère" un discours autour "du grand déclassement" et du "grand remplacement", cette théorie complotiste régulièrement revendiquée par Eric Zemmour du remplacement des populations européennes par des immigrés non européens.

- Faire "taire" Zemmour -

Initialement prévu au Zénith, à la Villette, le meeting a finalement été délocalisé à Villepinte, à une vingtaine de kilomètres. L'équipe d'Eric Zemmour l'explique par "l'engouement populaire" mais admet aussi des raisons de sécurité, alors qu'une manifestation est prévue dans Paris.

Une cinquantaine d'organisations syndicales, partis et associations ont appelé à manifester de Barbès à la Villette pour faire "taire" Eric Zemmour.

De source policière, la manifestation et le meeting au Parc des expositions sont considérés "à risque". La police attend quelques milliers de personnes dans la capitale et une centaine de militants de l'ultra-gauche à Villepinte, où elle craint des affrontements avec des militants pro-Zemmour pour tenter d'empêcher la tenue du meeting.

Le président PS de la Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel avait lancé de son côté une pétition pour faire annuler le meeting par les propriétaires du lieu, le groupe Viparis, en l'interpellant sur sa "charte de la diversité" qu'il juge "incompatible" avec l'accueil de l'ancien éditorialiste. La démarche a scandalisé le camp Zemmour.

Durant le meeting seront dévoilés le nom du parti, avec adhésion payante, ainsi que la "scénographie" du candidat qui l'accompagnera tout au long de sa campagne.

Il permettra de mesurer les ralliements, alors que l'organisation est critiquée en interne pour sa fragilité et que des militants plus radicaux ont intégré l'organisation de la campagne.

Le financier Charles Gave a retiré son soutien, après avoir prêté 300.000 euros, et le souverainiste Philippe de Villiers ne sera pas présent dimanche.

- Identitaires -

Pour le nouveau parti, l'ancien mégrétiste et proche des identitaires Grégoire Tingaud sera chargé de coordonner les référents régionaux, parmi lesquels l'ancien cadre du Bloc identitaire Philippe Milliau, actuel président de TV Libertés, qui s'occupera notamment de la Bretagne.

L'ancien député conservateur Jean-Frédéric Poisson, du petit parti "VIA la voix du peuple" (ex-Parti chrétien-démocrate), a annoncé vendredi qu'il renonçait à sa candidature pour se ranger derrière celle d'Eric Zemmour, qu'il ira applaudir à Villepinte avant de s'occuper des législatives.

Le général Bertrand de la Chesnais, ancienne tête de liste pour le RN aux municipales de 2020 à Carpentras (Vaucluse), qui planche déjà sur les questions de défense pour le candidat, pourrait être nommé directeur de campagne.

Le maire de Béziers Robert Ménard, soutien de Marine Le Pen (RN) et ami d'Eric Zemmour, a dit espérer dimanche des "propositions". Il avait jugé son annonce de candidature d'une "noirceur apocalyptique", comme l'ensemble de la classe politique.

Outre sa tonalité, la vidéo d'Eric Zemmour avait été critiquée pour son amateurisme avec l'utilisation d'images sans avoir les droits. Le candidat était ensuite apparu tendu au 20h de TF1, puis s'était emporté contre le présentateur Gilles Bouleau, avec des propos insultants en sortie du plateau.

"Il y a une mue à faire. Il n'apparaissait pas ultra rodé, mais du coup on voit que ce n'est pas un politicien au sens de politicard. Ce sera intéressant de voir les sondages dans une semaine", relativise l'ex-RN Agnès Marion.

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