Aux États-Unis, un centre funéraire fabrique du "compost humain"

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FranceSoir
Publié le 23 août 2021 - 19:51
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Centre funéraire Recompose
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Le processus de recomposition, qui transforme le corps du défunt en compost
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À Seattle, dans l’État de Washington, le centre funéraire Recompose propose de transformer les corps en terreau. Une pratique plus écolo que les pratiques funéraires traditionnelles, mais toujours interdite en France.

Une transformation des dépouilles en 30 jours

Seriez-vous prêts, après votre mort, à accepter que votre dépouille ne soit ni inhumée, ni incinérée, mais continue à participer au cycle de la vie en étant transformée en compost ? Cette pratique funéraire écolo, encore interdite en France et en Belgique, fait son chemin ailleurs dans le monde. Appelée funérailles de compost humain, de recomposition ou d'humusation, elle a ainsi été légalisée en 2019 dans l’État de Washington, sur la côte ouest américaine, où elle fait de plus en plus d’adeptes.

Au point que certains centres funéraires se soient spécialisés dans la transformation des dépouilles en compost dans un processus de « réduction naturelle organique ». C’est le cas de Recompose, une entreprise funéraire lancée en décembre 2020 dans la banlieue de Seattle, dans un espace appelé The Greenhouse. Ce centre funéraire écolo est équipé de dix caveaux cylindriques en acier qui transforment les corps des défunts en compost en l’espace de 30 jours, après avoir été placés dans un mélange de copeaux de bois, de luzerne et de paille. Obtenu après séchage, le compost peut être rendu à la famille ou bien, si elle le souhaite, donné à Bells Mountain, un organisme à but non lucratif de 700 acres dans le sud de l’État.

Une pratique écologique et économique

Selon l’entreprise, tout le monde peut bénéficier de ce processus après la mort, hormis les personnes malades dont la pathologie nécessite un isolement en quarantaine. En plus de son impact environnemental plus faible, la transformation des dépouilles en compost s’avère économique. Il faut compter environ 5 000 euros, soit moins qu’une inhumation, mais plus qu’une crémation.

Actuellement, en France, il s’agit des deux seuls modes d’inhumation autorisés. En 2016, l’Assemblée nationale s’était penchée sur la potentielle légalisation du compost humain, mais le ministère de l’Intérieur avait considéré que la pratique « posait des questions de compatibilité avec le Code civil ». Le texte législatif indique en effet que les restes des personnes décédées doivent être traités avec « respect, dignité et décence ».