La pêche au chalut dégage autant de CO2 que le transport aérien au niveau mondial

  •  FranceSoir a besoin de votre soutien, SIGNEZ LA PETITION !  

La pêche au chalut dégage autant de CO2 que le transport aérien au niveau mondial

Publié le 31/03/2021 à 12:47 - Mise à jour à 13:05
Unsplash
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): FranceSoir
-A +A

Alors que la crise sanitaire a drastiquement fait baisser le volume des trajets aériens, la pêche au chalut émerge comme une des autres sources principales de gaz à effet de serre au niveau mondial. Elle n’est donc pas seulement nocive pour la biodiversité qu’elle détruit avec ses lourds filets, mais elle est en plus très polluante. Une étude mesure comment le raclage des sols nous empêche de bien absorber les émissions de CO2.

Pêche interdite dans les eaux européennes, mais légale dans les eaux internationales

Pour protéger les écosystèmes profonds des ravages de la pêche industrielle et mettre fin à la destruction systématique et légale des milieux marins et des espèces profondes vulnérables, ce type de pêche ( au chalut ) a été interdit dans les eaux européennes. Mais, cette mesure n'empêche pas, chaque année, 4,9 millions de km2 de surface océanique d’être raclés par les chaluts. Selon cet article, paru le 17 mars 2021 dans la revue Nature, la pêche au chalut occasionne entre 0,6 et 1,5 gigatonne d’émissions de CO2 par an, contre 1 gigatonne pour le transport aérien au niveau mondial (918 millions de tonnes en 2018). Concrètement, en raclant le fond des océans, les chaluts remuent les sédiments marins, qui constituent le premier réservoir de carbone à long terme de la planète.

L’acidification des océans, responsable de l'accumulation de CO2 atmosphérique

En perturbant ces réserves de carbone, on reminéralise le carbone sédimentaire en CO2, ce qui est susceptible d'accroître l'accumulation de CO2 atmosphérique. Si l'eau est déjà saturée à partir de sources situées en contrebas, elle sera incapable d'absorber les émissions d'origine humaine d'en haut, ce qui entrave l'un de nos meilleurs atouts dans la lutte contre le climat.

L'acidification des océans n'impacte pas seulement les émissions de CO2, elle serait aussi nocive pour les poissons. Dans une autre étude australienne, des chercheurs ont démontré que lorsque les larves se développent dans un océan acidifié, riche en dioxyde de carbone, l’audition des poissons de récif se voit affectée. En étant moins sensibles au son, les poissons auraient plus de difficulté à survivre.

La protection des océans n'est pas incompatible avec le soutien de la pêche

Pour réduire ces émissions, les chercheurs préconisent la création de zones protégées dans les zones plus sollicitées et là où le stockage du carbone est le plus élevé. En protégeant 3,6 % de l'océan, on pourrait éliminer jusqu'à 90 % du risque de perturbation du carbone sédimentaire. L’article réfute ainsi une vision de longue date selon laquelle la protection des océans nuit à la pêche. L'étude a révélé, au contraire, que des aires marines protégées (AMP) bien placées, qui interdisent la pêche, stimuleraient en fait la production de la vie marine en fonctionnant comme des nurseries de poissons et des générateurs de biodiversité capables d'ensemencer des stocks ailleurs. Malgré les défis de la surpêche et du changement climatique, les chercheurs préconisent que, en protégeant des endroits convenables, on pourrait même augmenter la pêche de fruits de mer de plus de 8 millions de tonnes métriques par an.

Auteur(s): FranceSoir

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




En perturbant les réserves de carbone, on reminéralise le carbone sédimentaire en CO2, ce qui est susceptible d'accroître l'accumulation de CO2 atmosphérique.

Newsletter





Commentaires

-