Lorraine: ouverture du procès de l'explosion mortelle sur un site pétrochimique

Lorraine: ouverture du procès de l'explosion mortelle sur un site pétrochimique

Publié le 29/02/2016 à 18:25 - Mise à jour à 18:33
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr
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Après une explosion survenue en 2009 sur un site industriel pétrochimique de Total à Carling (Moselle), le tribunal correctionnel a entamé ce lundi le procès des responsables présumés.

Le tribunal correctionnel de Sarreguemines a entamé ce lundi 29 février le procès des responsables présumés d'une explosion survenue en 2009 sur un site industriel pétrochimique de Total à Carling (Moselle), qui avait coûté la vie à deux employés. Le directeur de l'usine à l'époque, Claude Lebeau, 51 ans, encourt 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende et Total Petrochemicals France (TPF), en tant que personne morale, 375.000 euros d'amende pour "homicides involontaires".

Aujourd'hui directeur de la zone est de la branche Raffinage-Chimie de Total, Claude Lebeau, costume-cravate sombre, n'a fait aucune déclaration à son arrivée au tribunal. L'avocat de TPF, Me Jean-Benoît Lhomme, a tenu à faire part de l'émotion de Total face à ce "drame qui a touché l'ensemble de la société".

Outre les deux tués, six personnes avaient été blessées lors de l'explosion du 15 juillet 2009. Une accumulation de gaz avait provoqué une "boule de feu" dans un surchauffeur du vapocraqueur, une installation servant à transformer un liquide issu de la distillation du pétrole (naphta) en dérivés pétrochimiques, destinés notamment à la fabrication de plastique.

Les blessés, certains de leurs proches, les parents des deux tués, quatre syndicats (CFTC, CFDT, CGT et FO) et la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs (Fenvac) se sont constitués parties civiles dans ce procès, prévu jusqu'au 4 mars et dont les débats s'annoncent très techniques.

L'audience s'est ouverte par l'examen de l'organisation de l'usine. Claude Lebeau était arrivé sur le site mosellan en 1994, en tant qu'ingénieur en charge des vapocraqueurs. Il en est devenu directeur en 2007. "Je connaissais les victimes. Aujourd'hui encore, c'est une blessure d'évoquer ces moments. C'est quelque chose que personnellement on assume, que l'on a en mémoire", a-t-il déclaré à la barre.

Il avait quitté Carling en février 2010, un départ qui "était prévu avant les événements" de juillet 2009, a précisé à ses côtés Philippe Goebel, à l'époque PDG de TPF et aujourd'hui conseiller auprès du PDG du groupe Total. Selon les expertises, l'explosion a été causée par l'accumulation d'un mélange air-fioul/gaz dans le surchauffeur du vapocraqueur, qui était en phase de redémarrage.

Il avait été mis à l'arrêt dans la nuit du 13 au 14 juillet, soit la veille de l'accident, à cause d'infiltrations d'eau dues à de violentes intempéries. Alors que plusieurs personnes travaillaient à rallumer le réchauffeur, plus de 10 kg de fioul/gaz s'étaient accumulés en à peine plus d'une minute. Au contact d'une étincelle, une boule de feu s'était formée, tuant Maximilien Lemerre, 21 ans, et Jérôme Griffoul, 28 ans.

Selon la procédure, le surchauffeur doit, avant son redémarrage, être purgé à la vapeur pour éliminer toute présence de gaz. Or cette étape n'a pas eu lieu, selon plusieurs témoins, qui affirment que la direction le savait. Selon une source proche du dossier, la direction aurait au contraire soutenu devant les enquêteurs ignorer pourquoi la procédure n'avait pas été respectée.

 

 

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Claude Lebeau, l'ancien directeur de l'usine qui a explosé en Moselle, risque jusqu'à 5 ans prison.

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