Marseille n'aura pas sa grande mosquée, abandon du projet

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Marseille n'aura pas sa grande mosquée, abandon du projet

Publié le 27/09/2016 à 17:58 - Mise à jour à 18:01
©Adek Berry/AFP
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
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Faute de financement, la ville de Marseille n'aura pas sa grande mosquée. La mairie a décidé de résilier le bail du terrain où elle devait être construite, mettant un terme à un projet vieux de neuf ans.

Marseille, qui compte environ un quart d'habitants musulmans, n'aura pas sa grande mosquée: la mairie a décidé de résilier le bail du terrain où elle devait être construite, mettant un terme à un projet vieux de 9 ans et déjà moribond. Lundi, le conseil municipal doit notamment se pencher sur le rapport 235, qui porte sur la "résiliation du bail emphytéotique administratif conclu par la ville de Marseille au bénéfice de l'association La mosquée de Marseille pour l'édification d'une mosquée".

La ville avait consenti ce bail de 50 ans en 2007 pour un terrain de 8.000 m2 sur le site des anciens abattoirs au nord de la ville, dans le 15e arrondissement. La ville évoque plusieurs raisons pour la résiliation du bail, révélée par le quotidien La Provence mardi. "Depuis 2013, nous avons des soucis de recouvrement" des loyers, a expliqué à l'AFP Marie-Agnès Caradec, l'adjointe à l'urbanisme en charge du dossier: "Aujourd'hui, les dettes cumulées s'élèvent à 62.000 euros", soit trois ans de loyer. D'autre part, "un permis de construire a été délivré en 2009. Le bail prévoyait 7 ans pour construire la mosquée. Aujourd'hui, rien n'a été entrepris", poursuit Mme Caradec.

Le projet, lancé il y a presque 10 ans, n'a en fait jamais dépassé le stade de la première pierre. En 2010, après avoir réglé des problèmes de parking - le projet initial n'en avait pas prévu - et malgré des recours déposés en justice par des opposants, cette première pierre avait été posée. En 2013, le chantier était officiellement lancé. Mais, faute de financement et sur fond de dissensions au sein de l'association porteuse du projet aux côtés de la mairie, il n'a jamais réellement commencé.

Aujourd'hui, le terrain est à l'abandon et les bâtiments actuels ne sont toujours pas rasés, l'association n'ayant pas réuni l'argent pour entamer les travaux. "Nous ne savons même pas si l'association a souscrit une assurance", déplore Mme Caradec, qui assure que l'association "ne répond à aucun courrier de mise en demeure". La mairie a envoyé le 4 août une lettre donnant un mois à l'association pour lui répondre, sans effet, assure-t-elle. "Pour l'instant, ce n'est pas une décision, (mais) la mairie l'envisage", veut croire de son côté le président de l'association, Abderrahmane Ghoul, joint par l'AFP, au sujet de la résiliation.

Pour expliquer le fiasco, il reproche pêle-mêle à la mairie d'avoir fait main basse sur le projet et provoqué la fuite des donateurs: "Ils nous ont ligotés par des conditions qui ne nous offrent aucune liberté d'action, ce qui n'encourage pas à s'engager dans ce projet, qui reste sous tutelle de la mairie". En ce qui concerne le loyer, il assure avoir payé "pendant 7 ans" les 24.000 euros de loyer annuel. "On a cessé de payer. La situation (financière de l'association) est difficile, mais ça fait 4 ans que j'envoie des courriers au maire pour trouver d'autres solutions, sans réponse", jure-t-il.

La cité phocéenne compte quelque 220.000 musulmans, dont 70.000 pratiquants, sur 850.000 habitants, selon une estimation établie à partir de données du Conseil régional du culte musulman (CRCM) et de la préfecture des Bouches-du-Rhône. Elle abrite également environ 70 mosquées et salles de prière officielles, toujours selon le CRCM. "Marseille a besoin d'une grande mosquée", juge d'ailleurs M. Ghoul. Cette décision, "c'est un symbole, au moment où on est en train de faire tout pour combattre la radicalisation des jeunes". "Il y a des solutions, mais pour cela, il faut qu'on soit tous autour d'une table", regrette-t-il.

"Nous avons mis en oeuvre toutes les conditions pour que cette mosquée soit construite, nous ne pouvons pas nous substituer", explique de son côté l'élu municipal, qui met en avant les dissensions au sein de l'association. "Entre eux, il y a une situation à régler, à gérer. Mais nous n'avons pas à nous en mêler".

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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