Tueries de Mohamed Merah: Loïc Liber, le seul rescapé, se livre pour la première fois

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AZ
Publié le 15 mars 2015 - 19:50
Mis à jour le 16 mars 2015 - 12:44
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Mohamed Merah victimes
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©LANCELOT FREDERIC/ SIPA/SIPA
Hommage aux trois militaires tués par Mohamed Merah.
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Le 15 mars 2012, Loïc Liber se trouvait en compagnie des deux militaires abattus à Montauban par Mohamed Merah. Tétraplégique après avoir reçu une balle dans le dos, trois ans plus tard, il a décidé de se livrer pour la première fois depuis les faits.

Loïc Liber aurait pu mourir ce jour-là. Le 15 mars 2012, jour de la deuxième attaque perpétuée par Mohamed Merah, la vie de ce militaire a basculé. Alors qu'il se trouvait devant un guichet bancaire près de sa caserne à Montauban, "le tueur au scooter" lui a tiré une balle dans le dos. Blessé mais pas décédé, le militaire, seul rescapé des trois attaques de Mohamed Merah qui ont fait au total 7 victimes, a échappé à la mort.

Ses deux camarades militaires n'ont toutefois pas eu sa "chance". Abel Chennouf et Mohamed Legouad, sont décédés des suites de leurs blessures. Quatre jours avant, Mohammed Merah avait également abattu le maréchal des logis-chef, Imad Ibn Ziaten, un Français d'origine marocaine du 1er régiment du train parachutiste. 

Touché par un tir à la moelle épinière, le parachutiste antillais est aujourd'hui tétraplégique. Pour la première fois, trois ans après les faits, il a décidé de se livrer. "Je me rappelle très bien de la scène", a raconté le militaire guadeloupéen au réseau radio-télé Outre-mer Première."On était trois. Et cet homme est venu par derrière. C'est un geste lâche. J'étais au mauvais endroit au mauvais moment", a-t-il déclaré depuis sa chambre de l'hôpital militaire Percy à Clamart.

Concernant l'auteur de la fusillade, Loïc Liber ne veut pas prononcer son nom. "Quand je l'évoque, ça m'énerve parce qu'il a gâché ma vie, tous mes projets", a-t-il raconté. Si aujourd'hui, Loïc Liber a retrouvé la mobilité de sa tête et de ses épaules, le militaire souhaite désormais avancer. "Là, je m'accroche pour essayer d'avoir une meilleure santé. Ensuite, ce sera pour la vie, les projets, voir si je peux faire quelque chose dans la vie. J'aimerais fonder une famille avec ma compagne. Si possible, en Guadeloupe", a-t-il confié.

Bien qu'il aille mieux, le militaire a toutefois vécu certains moments difficiles, comme les attentats de janvier qui l'ont replongé trois ans en arrière. "J'ai suivi les infos. Cela m'a fait très mal. J'ai repensé au 15 mars, quand ça m'est arrivé à moi. Cela m'a fait beaucoup de peine".

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