Les catastrophes naturelles favoriseraient l'apparition de la démence chez les seniors

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La rédaction de FranceSoir.fr
Publié le 27 octobre 2016 - 21:57
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Un sismographe enregistre un tremblement de terre.
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©Christian Hartmann/Sipa
"A la suite d’une catastrophe naturelle, la plupart des gens se concentrent sur des problèmes mentaux contre le stress post-traumatique", explique l'auteur de l'étude.
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Les personnes âgées ayant survécu à une catastrophe naturelle auraient plus de risques de tomber dans la démence, selon une nouvelle étude parue lundi. Étonnamment, le déclin cognitif serait dû, non pas à la mort de proches, mais à la perte d'une maison et au changement de voisins.

Pour la première fois, des scientifiques font explicitement le lien entre démence et catastrophe naturelle. D'après une étude réalisée par des chercheurs de l'école de santé publique d'Harvard parue dans lundi 24 dans le Journal National de l'Académie des Sciences, les personnes ayant été victimes d'un tsunami ou d'un tremblement de terre ont plus de risques de contracter cette maladie qui entraîne une détérioration cognitive et affecte, entre autres la mémoire, la compréhension et le langage.

Pour en arriver à cette conclusion, Hiroyuki Hikichi et ses confrères ont observé les personnes âgées de la ville japonaise d'Iwanuma, dans la préfecture de Miayagi, frappée de plein fouet par le tsunami de 2011. Alors qu'avant la catastrophe, 4,1% des plus de 65 ans souffraient de démence, le chiffre était monté à 11,5% deux ans plus tard. "A la suite d’une catastrophe naturelle, la plupart des gens se concentrent sur des problèmes mentaux contre le stress post-traumatique", explique Hiroyuki Hikichi, auteur de l'étude, au site Medical Xpress.

Et, contrairement à ce qu'on l'on pourrait imaginer, ce n'est pas la mort de certains proches qui ferait plonger les personnes âgées dans la démence mais surtout la perte de leur maison. En effet, à Iwanuma, la maladie s'est prononcée plus fortement chez les personnes ayant dû emménager dans des refuges temporaires. Car, en 2012, la commune japonaise a amorcé un projet de relocation massive dans le but de protéger sa population des catastrophes futures éventuelles. Ainsi, 348 foyers ont été déplacés vers le quartier Tamaura Nishi et 156 nouveaux logements ont été construits. "Les procédures de relocalisation séparent les personnes non seulement de leur maison, mais de leurs voisins, ce qui entraîne une accélération du déclin cognitif des personnes vulnérables", poursuit Hiroyuki Hikichi.  

Cela s'explique d'autant plus car "les Japonais sont très collectivistes; leur identité personnelle est intrinsèquement liée à leurs voisins. Briser ces communautés affectent profondément les individus", notait la chercheuse Niwako Yamawaki, professeur à l’Université Brigham Young au Japon, dans une précédente étude sur le stress post-traumatique. D'après elle, les jeunes éprouvaient en revanche moins de difficultés à partir s'installer autre part. En conclusion, elle recommandait aux seniors ayant vécu une catastrophe naturelle de rester actifs après le drame afin de "conserver une once de normalité" et d'éviter ainsi la dépression. "Même s'il ne s'agit que de bénévolat".