L’IHU contre-attaque et porte plainte pour harcèlement et extorsion de fonds

L’IHU contre-attaque et porte plainte pour harcèlement et extorsion de fonds

Publié le 10/05/2021 à 20:58 - Mise à jour à 20:59
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Auteur(s): FranceSoir
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Depuis de nombreux mois, l’IHU du professeur Raoult et certains de ses employés font l’objet d’attaques sur les réseaux sociaux et de dénigrements constants de leur travail. Tant que les échanges restent au niveau scientifique, cela paraît tout à fait normal, cependant les évènements ont pris une nouvelle tournure avec certaines personnes qui se présentent comme des « fact checkers » scientifiques, une nouvelle forme de redresseurs de torts qui attaquent à tout-va les publications de l’IHU, certaines datant de 15 ans.

De temps à autres certaines attaques vont trop loin, ce fut le cas des menaces verbales du Pr Raffi de Nantes à l’encontre du professeur Raoult qui s’est soldé récemment par un passage aux aveux et le paiement d’une amende de 300 euros – rappelons que le Pr Raffi a reçu plus de 540 000 euros des laboratoires pharmaceutiques dont 52 000 euros du laboratoire Gilead. Une autre attaque, celle menée par Elisabeth Bik au travers du site PubPeer et sur les réseaux sociaux a dépassé les bornes puisqu’elle aurait instrumentalisé ce réseau social pour attaquer les publications de l’IHU. Une plainte a été déposée.

Qui est Elisabeth Bik ?

Mme Elisabeth Bik, depuis de nombreux mois et de façon beaucoup plus intensive à compter de janvier 2021, se présente comme une déceleuse de fraudes scientifiques au travers de deux sites internet : scienceintegritydigest.com et MicrobiomeDigest.com, et ne cesse d’inonder le site pubpeer.com et le réseau social Twitter d’attaques envers les articles scientifiques publiés par l’IHU et certains de ses employés.

Dans un passé récent, elle a été la directrice scientifique de uBiome alors que cette société faisait des levées de fonds importantes (une de 20 m$ puis une de 80 m$). Cette société a fait l’objet d’une enquête pénale du FBI suite à des malversations pour abus de biens sociaux. Mme Bik nous a confirmé avoir quitté l’entreprise « cinq mois avant que le FBI ne fasse une descente dans les bureaux de la société ». De plus, elle déclare « ne pas avoir été contacté par le FBI à propos d’une éventuelle fraude. » Même si aucun lien direct n’est établi, il est difficile d’imaginer qu’une directrice scientifique ne soit pas au courant d’activités pouvant faire l’objet d’une investigation alors qu’il y a eu deux levées de fonds importantes. Son départ est lié à sa « déception de l’équipe de direction » et au fait qu’elle aurait « trouvé un autre poste dans une autre start-up.» Lors de son départ, elle déclare avoir donné « un préavis de 15 jours, ce qui est la norme pour les Etats-Unis » et « ne pas avoir exercé d’options d’achat de titres ». On ne sait pas s’il y a eu protocole ou une clause de confidentialité, ce qui est plus qu’habituel dans les sociétés de la Silicon Valley, surtout pour une directrice scientifique. 

À propos de son activité actuelle, elle évalue avoir revu « 100 000 articles scientifiques » et elle aurait trouvé « 5000 articles avec des problèmes allant de la duplication d’images, de plagiats, des conflits d’intérêts et de potentiels problèmes d’éthiques humains et animaux». Ses clients seraient des universités et des éditeurs. Elle déclare « travailler seule en postant son travail en ligne (blog et Twitter) et que son travail est réalisé par elle-même, sans qu’elle ne commente le travail fait pour ses clients.

Un expert en fraude scientifique nous dit : « revoir 100 000 publications est un travail de titan, surtout si l’on veut détecter des fraudes scientifiques – chaque article peut demander plusieurs jours voir semaines de travail. » « Je ne vois pas comment une personne seule peut prétendre avoir revu autant d’articles, même si le chiffre n’était que 5 000 ».

Visée par une plainte pour harcèlement moral aggravé, tentative de chantage, tentative d’extorsion et complicités de ces infractions

Depuis son départ d’uBiome, Mme Bik qui réside aux Etats-Unis, est blogueuse et détient le compte Elisabeth Bik (@MicrobiomDigest) sur Twitter. Elle fait aujourd’hui l’objet d’une plainte de la part de l’IHU-Méditerranée Infections, du Pr Raoult et du Pr Chabriere – dans la plainte, on peut lire que :

« L’objectif de Mme Bik, après avoir quitté prématurément une société qui est poursuivie pour abus de biens sociaux, est aujourd’hui de démontrer que de nombreuses publications scientifiques sont fondées sur des falsifications ou des erreurs. Elle va jusqu’à prétendre que beaucoup des publications qu’elle analyse sont frauduleuses (plagiat, mensonges, détournements, etc.).

Elle a alors décidé de procéder à l’analyse de la plupart des études publiées par les chercheurs de l’IHU de Marseille et en particulier par les professeurs Didier RAOULT et Eric CHABRIERE.

Elle profite de son positionnement de « déceleuse de fraudes scientifiques », qualification qu’elle a acquise sur les réseaux sociaux, pour mettre en place une véritable stratégie de harcèlement à l’encontre des plaignants, harcèlement qui ne pourra cesser que lorsqu’ils feront appels à ses services d’analyses moyennant rétribution.»

Pubpeer, un site aux utilisateurs anonymes utilisé comme terrain de bataille

Mme Bik est allée jusqu’à qualifier les études de l’IHU de néocoloniales dans certaines publications faites sur le site Pubpeer. Site administré par un certain Boris Barbour ayant pour objet de permettre aux utilisateurs d'émettre des commentaires sur des articles scientifiques en post-publication, mais aussi de signaler des soupçons de manquements à l'éthique scientifique.

Mme Bik publie continuellement des accusations de fraudes scientifiques à l’encontre de l’IHU de Didier Raoult et Eric Chabrière par l’intermédiaire de ce site à la notoriété grandissante dans le domaine des redresseurs de torts scientifiques malgré l’absence de modération ou de revue par les pairs.

Ces accusations aux caractères mensongers et non revues par les pairs prospèrent puisque certaines revues spécialisées qui ont publié ces études demandent désormais des comptes aux auteurs comme Didier Raoult. Cela entraine une énorme perte de temps puisque ces derniers se voient obligés de reprendre des publications de 15 ans pour répondre aux éditeurs et démontrer une nouvelle fois la réalité de leurs travaux. On se demande si Mme Bik passe autant de temps à cibler les travaux des autres chercheurs ou si elle fait une fixette contre Didier Raoult et l’IHU, étant une opposante déclarée au traitement à base d’hydroxychloroquine.

Une tentative de chantage

L’activisme de Mme Bik, avec le support de Boris Barbour, se concrétise puisqu’en novembre 2020 elle se déclare prête à revoir des article de l’IHU contre rémunération – coup double pour elle car après avoir attaqué l’intégrité scientifique de l’IHU, elle propose un service tarifé :

L’avocat de l’IHU écrit : « D’un cyberharcèlement (harcèlement moral aggravé par le média électronique), mis en œuvre grâce à la complicité de Boris BARBOUR, administrateur du site PUBPEER, lui ayant apporté les moyens de réalise le dit harcèlement, Mme BIK va se livrer à une tentative de chantage en indiquant clairement qu’elle mettra un terme à son harcèlement « aussi longtemps » qu’elle serait payée par l’IHU de Marseille. »

Interrogé sur ce point Mme Bik, dément avoir demandé de l’argent à l’IHU.

Un autre point important soulevé par plusieurs utilisateurs de Twitter concerne les demandes répétées de Mme Bik de bien inonder l’IHU de messages – cette méthode n’est pas très scientifique.

Le rôle du site Pubpeer : complicité ?

Dans la plainte de l’IHU on découvre que le site Pubpeer vient de lever 400000 $ auprès d’une fondation américaine s’évertuerait à censurer certaines publications et pas d’autres.

Une modération sélective à la tête du client : par exemple, lorsque Mme Bik indique dans 25 de ses commentaires sur ce site que les études scientifiques de l’IHU, réalisées pour la plupart d’entre elles par M. Didier Raoult, pourraient s’interpréter comme de la « science néocolonialiste », cela démontre qu’un choix est opéré par le site sur les publications autorisées ou pas.

Le site Pubpeer écrit que les articles ne respectant pas les conditions d’utilisation seront supprimés ou modérés ( (les insultes - la diffamation - la nouveauté - le minimum d'appui et éventuellement – les théories complotistes) – cependant cela n’a jamais été le cas concernant Mme Bik.

En 2020, il est possible de recenser 88 714 articles scientifiques traitant de la microbiologie (source PubMed.gov). Il est certain que Mme Bik ne les a pas tous analysés et qu’un choix a donc été opéré.

La plainte relève aussi qu’ « analyser autant d’articles signés par des chercheurs de l’IHU est pour le moins étonnant mais surtout illustre le harcèlement que Mme Bik exerce à l’encontre des plaignants. »

Voir aussi : Me Brice Grazzini, avocat de Didier Raoult, au Défi de la vérité

Une stratégie proche de celle utilisée par Sleeping Giants

"Sleeping Giants" est un groupe d’activiste ciblant les annonceurs publicitaires pour les culpabiliser d’annoncer dans certains médias. Rappelons la campagne contre la publicité de Décathlon sur Cnews – Sleeping Giants avait poussé Décathlon à déprogrammer cette campagne – et ce n’est pas le seul puisque par exemple FranceSoir a aussi fait l’objet de ces campagnes de dénigrement.

L’activisme de Mme Bik, ciblant les publications de l’IHU en priorité, permet de jeter le discrédit sur le travail de l’IHU dans la communauté des éditeurs au travers de publications non revues – un processus s’apparentant à du chantage.

Qui finance le blog de Mme Bik?

Nous avons adressé une série de question à Mme Bik sur les sources de financement de son blog ainsi que les liens qu’elle aurait avec l’industrie pharmaceutique dont certaines personnes nous ont fait part. Elle déclare « ne pas avoir reçu de financement de l’industrie pharmaceutique ».

Quant à la plainte de l’IHU ce 30 avril elle écrivait sur Twitter qu’elle avait reçu la plainte de l’IHU :

« Wow. l'IHU de Marseille me poursuit ainsi que Boris Barbour pour tentative de chantage et d'extorsion. »

Puis elle ajoutait dans la foulée :

"Mise à jour : je viens de parler avec un avocat français qui m'a expliqué que ce document n'est qu'une menace, et qu'il n'y a aucune crainte à en avoir.
Je ne serai pas intimidée par des menaces qui s'apparentent à des poursuites-bâillons et à la divulgation de données personnelles (doxxing) de la part de l'IHU et de ses professeurs.

Alors que les redresseurs de torts du droit proposaient le même jour leurs services :

Et malgré cela Mme Bik, déclarait dans une interview le 3 mai sur un blog inconnu empreint de charlatanisme informationnel : « On ne sait pas si la plainte a effectivement été déposée; tout ce que j’ai vu, c’est la déclaration de Raoult et la capture d’écran de Chabrière. On ne sait pas non plus si le procureur donnera suite à la plainte. »

Avec Mme Bik, la précision scientifique ne paraît pas de mise - ou alors serait-ce un oubli par omission ? Comment peut on déclarer le 3 mai ne pas savoir si la plainte est déposée et le 30 avril dire avoir reçu un document ! La rigueur ne serait-elle que pour les autres ?

Sur la plainte

L’IHU, Raoult et Chabriere ont donc porté plainte contre Mme Bik pour harcèlement répété entrainant une dégradation des conditions de vie, d’avoir tenté d’obtenir une somme d’argent ou de signer un contrat d’engagement, en l’espèce en menaçant les victimes de continuer à publier sur le site Pubpeer et sur le réseau social Twitter des faits portant atteinte à leur considération scientifique et à leur honneur déontologique. La plainte vise aussi M. Barbour, accusé de s’être rendu complice de Mme Elisabeth Bik, auteure principale, par fourniture de moyens, et des infractions de harcèlement moral aggravé, de tentative de chantage et de tentative d’extorsion, en l’espèce en permettant la publication répétée sur le site internet Pubpeer qu’il administre, en connaissance de cause, sans que la moindre modération ne soit exercée, les remises en cause systématiques de l’intégrité des études scientifiques réalisées par l’IHU de Marseille, par M. Didier Raoult et par M. Eric Chabrière.

À ce sujet, Mme Bik nous répond « ne pas avoir reçu de plainte officielle de l’IHU, avoir parlé à des avocats français qui lui auraient expliqués ce que veulent dire ces documents et ce qu’ils ne veulent pas dire. » Les avocats lui auraient dit « qu’il n’y avait pas matière à s’inquiéter ».

De son côté, Me Grazzini, avocat de l’IHU, a répondu à nos questions – et attend de voir ce que le parquet donnera comme suite.

Auteur(s): FranceSoir

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