"Le ciel attendra": déradicalisation djihadiste féminine (VIDEO)

  •  Vous appréciez FranceSoir, soutenez son indépendance, faites un don !

"Le ciel attendra": déradicalisation djihadiste féminine (VIDEO)

Publié le 04/10/2016 à 02:13 - Mise à jour le 05/10/2016 à 08:50
©Guy Ferrandis/UGC Distribution
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Jean-Michel Comte
-A +A

La radicalisation islamiste d'adolescentes françaises, via Internet notamment, est le sujet du film "Le ciel attendra", en plein dans l'actualité et qui sort ce mercredi dans les salles françaises, avec notamment Sandrine Bonnaire et Clotilde Courau.

L'actualité récente le prouve, les jeunes filles sont aussi les cibles des recruteurs de Daech. La radicalisation djihadiste féminine est le thème du film Le ciel attendra, fiction aux allures de documentaire, qui sort ce mercredi 5 sur les écrans.

Sonia, 17 ans, a failli commettre l’irréparable pour "garantir" à sa famille une place au paradis islamique: sa mère (Sandrine Bonnaire) et son père (Zinedine Soualem) ne comprennent pas pourquoi elle est devenue fanatique, presque folle, embrigadée dans un combat religieux et extrémiste. "Allah passe avant toi", dit-elle à son père. Ils essayent, avec l'aide de spécialistes, de la ramener à la raison.

Mélanie, 16 ans, vit avec sa mère (Clotilde Courau), aime l’école et ses copines, joue du violoncelle et veut changer le monde. Idéaliste comme les ados de son âge, elle adhère aux pages Facebook "Des crayons pour le Burkina Faso" et "Et si on changeait le monde!". Quand elle tombe amoureuse d’un "prince" sur Internet, qui se présente comme "épris de liberté", elle tombe dans le panneau et devient petit à petit adepte de la religion musulmane, en secret, sous les ordres de ce mystérieux Mehdi qui promet de l'épouser…

Ces deux exemples, parmi tant d'autres, forment la trame de ce film qui parle de la radicalisation djihadiste des jeunes filles françaises, via Internet et les différents sites qui, des théories du complot aux propagandes islamistes, embrigadent les adolescent(e)s d'aujourd'hui.

Par deux histoires parallèles, avec des flash-back et un montage ingénieux, Le ciel attendra montre avec pédagogie et efficacité ce phénomène nouveau et inquiétant, au cœur de l'actualité. "Mon film est une fiction mais tous les personnages de parents et d’adolescentes concernées par le sujet sont le reflet de ceux que j’ai rencontrés, que j’ai écoutés. Les deux personnages principaux sont la somme de plusieurs jeunes filles. J’ai aussi regardé des heures de vidéos de propagande. Certaines d’une violence absolue, insoutenable", raconte la jeune réalisatrice, Marie-Castille Mention-Schaar, dont c'est le quatrième film.

Le tournage du film a commencé le lundi 15 novembre 2015, deux jours après les attentats du Bataclan. Aux côtés des actrices confirmées que sont Sandrine Bonnaire et Clotilde Courau, les deux jeunes comédiennes Noémie Merlant (Sonia) et Naomi Amarger (Mélanie) sont criantes de vérité. Mais le plus frappant est, dans son propre rôle, dans des scènes où elle reçoit les parents d'ados radicalisés, la présence de Dounia Bouzar, spécialisée dans les techniques de déradicalisation et qui a eu un temps le soutien du gouvernement avant de couper les liens avec lui.

Ses apparitions sont très pédagogiques et le film mériterait d'être montré dans les écoles, ce qui en ferait une arme efficace contre les dérives idéologiques terroristes colportées par Internet auprès des adolescents en cette période troublée dans la France d'aujourd'hui.

Car c'est bien l'adolescence –ici des filles, comme des garçons– qui est au cœur du film, comme le souligne la réalisatrice: "Le film parle de ce moment tellement fragile qu’est l’adolescence, où l’on a soif de pureté et d’engagement, et où l’on passe si violemment d’un extrême à l’autre, de l’exaltation à la dépression. On est contre les profs, les parents, contre ce qui représente l’autorité. On conteste l’organisation de la société et sa fondamentale injustice. Ce n’est pas pour rien que les rabatteurs ciblent les adolescentes. C’est à cet âge-là qu’elles ont soif d’idéal le plus souvent".

(Voir ci-dessous la bande-annonce du film):

Auteur(s): Jean-Michel Comte

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Sandrine Bonnaire (à droite) et Noémie Merlant: la mère ne comprend pas pourquoi sa fille s'est radicalisée.

Newsletter


Fil d'actualités Culture




Commentaires

-