De l’expansion constante des catégories LGTBQIA2S+ qui défient l’hétérosexualité en tant que norme : et l’avenir commun dans tout ça ?

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Xavier Azalbert, France-Soir
Publié le 18 août 2023 - 17:30
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Image par AndreasAux de pixabay.com
Un "kiki" "atomisé" à "toutes les sauces" ?
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ÉDITO - "Syndicats, caca. Krasucki... kiki !" (1) Cette formule de Coluche semble puérile et potache de prime abord. Cependant elle ne manque pas de profondeur. Ni de pertinence. Et surtout elle demeure pleinement d'actualité aujourd'hui, à savoir 40 ans plus tard. Et pas uniquement concernant le fiasco total des syndicats face au Gouvernement et à sa volonté affichée de détruire les acquis sociaux ou le droit du travail. 

Non. C'est aussi le cas concernant l'accaparement de l'actualité politique, médiatique et culturelle par une forme de rapport débridé à la sexualité, le "kiki" à toutes les sauces en somme. En ce qui concerne ce que l’on voit à la télévision ou sur internet, nul besoin de détailler. Citer l'exceptionnel Alexandre Soljenitsyne suffira :

"On asservit le peuple plus facilement avec la pornographie qu'avec les miradors." 

Ce rapport constant à la chose, le Gouvernement tente de l'imposer comme une petite ritournelle, aussi bien sur le lieu de travail qu'à l'école. Et pourquoi pas dans les crèches, pendant qu’on y est ? 

Nous assistons à l’expansion constante de l’acronyme LGBT qui est devenu au fil des années LGTBQIA2S+, le "maxi plus" (2), dans une sorte d’inventaire à la Prévert. Le nombre de catégories représentées est non exhaustif. Elles concernent les personnes qui sont lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, queers, etc, autrement dit qui ne sont pas hétérosexuelles ou cisgenres (qui se réclament d’un type d’identité de genre pour lequel le genre ressenti d’une personne correspond au genre assigné à sa naissance). Faut suivre ! 

Ces sexualités dites "alternatives" sont venues s'ajouter à l'hétérosexualité (qui fait que le monde est monde) et à l'homosexualité (qui a toujours existé). Mais le Gouvernement et quelques lobbies tentent désormais de nous imposer ces étiquettes particulières en tant que norme, ce que nous devrions accepter au risque d’être de "mauvais citoyens", voire de "mauvaises personnes". 

Premier argument livré pour justifier cette intégration à la norme pour des manières de voir sa sexualité et de vivre son genre, qui se sont pourtant historiquement réclamées d'un anti conformisme et d'une jalouse originalité : les injustes discriminations subies par les LGBT au cours de ces dernières années, au sein de notre société contemporaine.

Le droit de chacun à ne pas être discriminé, attaqué, harcelé ou insulté pour son style de vie (qui ne regarde que lui à partir du moment où il est compatible avec les lois de la République et respecte autrui), voilà qui ne fait guère débat. Mais la manœuvre pourrait être bien plus perfide... Le but de cette présentation pour le moins kaléidoscopique de la nature humaine, qui fonctionne dans sa grande majorité d’une façon qui permet à nos sociétés de se pérenniser simplement depuis la nuit des temps (excusez du peu) pourrait être très différent.

Au lieu de vouloir sauvegarder une "minorité" qui serait en péril, voire de se préoccuper de sa "culture", cette division à l’extrême, cette atomisation du sens façon puzzle qui offre des chemins sinueux que même Dédale ne s’y retrouverait pas, ne participe-t-elle pas à une forme de manœuvre pour démanteler la cellule familiale classique ? Cette cellule familiale qui peut marcher à l'économie, satisfaire des besoins essentiels en toute liberté et octroyer aux individus le droit de se construire sans préoccupations que l'on pourrait imaginer trop sophistiquées. Y compris, d'ailleurs, le droit de faire un pas de côté, de développer à la marge son caractère original sans le besoin d'un gouvernement ou d'une organisation non gouvernementale pour savoir comment disposer de son corps...

Soyons clairs : je n'ai pas à juger personnellement les choix et les aspirations des individus à suivre leurs sensibilités. Mais une idéologie qui pense pouvoir assimiler les hétérosexuels "qui s’interrogent" quant à l’évolution de la "pensée LGBT" à des sous-catégories qui ne seraient plus les représentants majoritaires d’une société, mais les témoins de son évolution (sur laquelle ils n’auraient plus d'ailleurs, comme les autres, aucune prise autonome), voilà qui est autre chose.

Une sorte de marche forcée vers les sables mouvants d'un système auquel nul ne peut échapper : par exemple, un hétérosexuel (homme ou femme) qui n'a jamais pensé avoir une relation homosexuelle mais qui dit ne pas être contre, peut être répertorié comme "woke", et donc assimilé de fait aux LGBT en y ajoutant l’extension requise. Cette grille d’interprétation du monde qui est finalement totale, ne laisse guère de choix pour considérer autrement le monde, y compris une certaine liberté de pensée pour ne pas mettre mécaniquement ce genre de considérations au centre de la société, au centre de sa vie, bref, au centre de tout. N’est-ce pas trop matériel, au fond ? N’est-ce pas trop réducteur pour un individu d’être résumé à son orientation sexuelle ou de devoir en faire découler une identité si atomisée ?

Un lexique de ces catégories de l'émotion a d'ailleurs été édité en 2020. S’y côtoient des définitions psychédéliques, amphigouriques (afin que personne n'y comprenne rien ?), inventées ad hoc pour matérialiser un "dictionnaire de la sexualité" dont les instigateurs et penseurs de cette situation veulent pouvoir le doter. Après tout on a fait de même avec la Covid et le complotisme... On ne peut plus douter de quoique ce soit, s’interroger sans prendre le risque de se faire targuer de complotiste ! Pourtant, qui est vraiment "complotiste" ? Seulement celui qui en fait une obsession.

Faut-il pour autant imposer au peuple ce genre de vision et l'accabler de cette pensée très unique, pour ne pas dire narcissique, devenue l'alpha et l'oméga de toute son évolution ? S'économiser de mille figures imposées au sens littéral pourrait peut-être participer à la stabilité de l'esprit. Pourquoi ? Parce que la nature a imposé à l'espèce humaine l'association de deux genres qu'elle a créés, masculin et féminin, pour procréer et faire durer l'espèce humaine et ses civilisations. Respecter ces genres et leur fonction est aussi important.

Considérés en minorité, les LGBT ont été défendus par la majorité politique au travers de la mise en place de diverses lois (dont le mariage pour tous) afin de reconnaître les droits de chacun. Mais lorsque la minorité inspire une idéologie qui se veut majoritaire par la modification constante de son périmètre grâce à la capture d’espaces de liberté de penser, la chose publique est alors reléguée à un moyen au service des idées théoriques de quelques-uns et non une fin pour tous. Résumons : en droit, l’abus de minorité existe autant que l’abus de majorité. 

Le reste n'est que masturbation intellectuelle ou idéologie. Elle peut être aussi, éventuellement, fornication. Et cette dernière ne doit nullement intéresser la société. Hormis bien sûr à Sodome et Gomorrhe... Elle doit être cantonnée strictement à la sphère privée. Et obliger l'État à exercer l'un de ses premiers devoirs, à savoir assurer la sécurité des mineurs (placés qu'ils sont à ce titre, jusqu'à leur majorité, sous sa responsabilité). L'école de la République ne peut décemment être le lieu de l'exposition de nos enfants à la sexualisation "en tous genres" , a fortiori en tant que norme.

Peut-on imaginer qu’il soit "normal" par exemple que ces derniers en viennent à penser si jeune qu’un changement de sexe est une option et une opération banale de la vie ? Ces opérations aux États-Unis sont devenues courantes dans leur expression idéologique. Elles impliquent (tiens, tiens...) l’industrie pharmaceutique qui se presse pour apporter des solutions chimiques de toutes sortes pour faire croire que les transitions sont "simples" et sans conséquence lourdes. Pourtant, l'une de ces dernières peut être l'infertilité ou la stérilisation. Certains représentants de la communauté transgenre payent très cher le droit de vouloir le rappeler publiquement en étant alors... discriminés en retour.

Toutes ces évolutions ne me semblent pas acceptables. Ces préoccupations en effacent d'autres, plus politiques, plus cruciales pour l'humanité tout entière, au-delà de nos différences, qui nous regardent. En tout cas, c'est mon avis. Si le vôtre tend au contraire, je vous saurais gré de me l'expliciter.

Comme l'a écrit l'écrivain Pier Paolo Pasolini : 

"L’homme tend à s’assoupir dans sa propre normalité, il oublie de réfléchir sur soi, perd l’habitude de se juger, ne sait plus se demander qui il est." (3)

Il faut alors des poètes pour repenser le monde et ne pas oublier de dénoncer certaines discriminations. C'est sans doute préférable à n'importe quels diktats promus par un gouvernement, une quelconque industrie ou une idéologie tarabiscotée qui prétend au final pouvoir convenir à tous.

Coluche était un poète, à sa manière. Par exemple déguisé en femme ou vantant "l'excellent France-Soir" (à 1m30), il réunissait tout le monde, en disant cela "aux filles comme aux garçons", clin d'œil à l'appui, et n'oubliait jamais de s'attaquer aux puissants, dans l'intérêt commun.

Notes :

(1) Henri Krasucki, secrétaire général de la CGT de 1982 à 1992 

(2) LGTBQIA2S+ est un acronyme qui désigne les lesbiennes, les gays, les bisexuels, les transgenres, les queers et/ou les personnes en questionnement, les intersexes, les asexuels, les "bispirituels" et les innombrables façons affirmatives dont les personnes choisissent de s'identifier.

(3) Pier Paolo Pasolini, La rage

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