Le complot contre la liberté

Le complot contre la liberté

Publié le 04/12/2020 à 12:34
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Auteur(s): Nadia Lamm pour FranceSoir

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L'humanité.

   Tribune : La civilisation c'est "servir premier le plus souffrant" (l'Abbé Pierre); "un homme ça s'empêche" comme dit Albert Camus. Le chrétien et le païen tombent ici d'accord: la barbarie c'est se gaver aux dépens des plus faibles, faire des armes que la nature ou la société nous ont données des outils de prédation à l'encontre des désarmés. Ce n'est pas pour rien que le mot d'humanité revêt simultanément le sens d'une espèce animale  douée de raison et celui d'une faculté de surseoir à ses pulsions prédatrices à l'encontre des plus faibles. Les deux conjoints, pas uniquement la raison. Car la raison, à elle seule, peut enfanter des monstres comme les chambres à gaz, la rationalité de la bureaucratie au service de la mise à mort de millions de vies humaines.

Toute société humaine est implicitement régie par ce droit du plus faible qui permet aux nouveaux-nés d'être mis à l'abri de menées criminelles et à la société de perdurer en se renouvelant. Le mot : "les femmes et les enfants d'abord" est le code moral élémentaire de toute vraie société. Ce n'est pas, contrairement à ce qu'écrivait Nietzsche, une morale d'esclaves. Cette morale-ci c'est celle de la servitude volontaire sous des maîtres redoutés. Au contraire la morale judéo-chrétienne est celle de l'homme créé à l'image de Dieu, libre et souverain comme lui et laissant aux autres leur propre liberté, faisant tout, même, pour qu'elle advienne et renforce la sienne propre, comme stimulant partagé, puisque l'homme trouve ou devrait trouver dans sa sociabilité naturelle non pas un motif de destitution de sa liberté mais un motif de renforcement de celle-ci comme l'a illustré Jean-Jacques Rousseau dans Le Contrat social (1762). Quant à la servitude volontaire, elle témoigne elle aussi de la connaturalité de l'humanité et de la liberté car nul ne peut m'asservir dans la totalité de mes facultés, pensée incluse, si je n'y consens pas tout d'abord. Liberté et sociabilité sont donc liées de façon interne l'une à l'autre, car la liberté est conscience de soi médiatisée par la conscience d'autrui comme l'ont montré Hegel dans la dialectique du maître et de l'esclave et Sartre dans Huis Clos.

L'appartenance au genre humain est indétermination et liberté de se choisir sinon les sociétés  seraient des ruches ou des fourmilières. En témoignent les deux alliances de Dieu avec les Juifs puis l'ensemble de l'humanité pour faire mémoire d'une loi morale limitant les velléités de toute-puissance du fort sur le faible qui reconduiraient immanquablement les plus faibles en Egypte, dans la terre de l'esclavage d'où le Dieu monothéiste a fait sortir les Hébreux et, à travers eux, l'humanité toute entière. Que l'on aime ou pas le monothéisme, force est d'admettre que c'est sur son impulsion et sur aucune autre que les droits civils et politiques se sont généralisés et non sur celle de la pensée politique d'Athènes qui interdisait le travail manuel aux élites pour leur réserver le loisir dédié à la pensée et à l'activité politique, le travail étant lié à l'esclavage.

   

La société de la peur.

 Or voilà que sous couvert de sécurité sanitaire et de protection des plus faibles, les gouvernants des pays les plus riches de la planète veulent nous pousser à accréditer le sophisme pervers : sociabilité équivaut à démission de nos libertés individuelles privées et publiques, acceptation de la servitude volontaire. Dans un enrobage pseudo-humaniste Klaus Schwab, fondateur et président du Forum économique mondial, décrit dans son livre : Covid 19 : la grande réinitialisation (éd Forum publishing, juillet 2020) qu'il n'a pas l'intention de laisser passer l'épisode d'une maladie qui fait à l'instant où j'écris 0,05 pour cent de morts, sans transformer de fond en comble la société pour l'amener, via les technologies de l'intelligence artificielle, à ce qui risque bien de devenir une "dystopie", selon ses propres dires, c'est-à-dire un monde cauchemardesque de "surveillance totalitaire" (p.191). Nous voilà prévenus! Il ajoute fort obligeamment et à la manière commune aux mondialistes qui joignent la recommandation paternaliste à leurs intentions fermes de profiter sans scrupules des moindres de nos négligences: " […] la santé et le bien-être des personnes deviendront une priorité beaucoup plus importante pour la société [ici c'est le financeur de l'ingénierie sociale de la fabrique du consentement qui s'exprime] c'est pourquoi le génie de la surveillance technologique ne sera pas remis dans la bouteille. Mais il appartient à ceux qui gouvernent et à chacun d'entre nous personnellement de contrôler et d'exploiter les avantages de la technologie sans sacrifier nos valeurs et libertés individuelles et collectives." (Ibid. p. 194) Ben voyons !    

   Cette volonté de "réinitialisation" qui est simultanément politique, économique, sociale, culturelle est également appelée "Agenda 2030" par les capitalistes mondialistes. Elle n'a jamais été présentée par les gouvernants aux peuples dont les élites intellectuelles sidérées ou lamentablement prudentes observent un déni de plus en plus ridicule quand on leur explique que cet agenda du "great Reset" – la fameuse "grande réinitialisation" n'est pas un pur fantasme orwellien de bas-du-plafond complotistes. C'est une décision qui n'a pas été prise de manière cachée, car chacun peut aller s'informer sur le site du World Economic Forum, à l'onglet Great Reset. Mais elle a été prise en passant par-dessus les peuples et en leur mentant effrontément, à toutes les étapes de la communication au sujet de la "pandémie de Covid 19" dont on comprend, à travers l'ampleur des changements que veulent opérer les mondialistes dans nos vies, qu'il leur fallait un truc, une ruse, pour nous avoir au départ sans discussion – donc sur un sujet dramatique tel que la protection de la vie, en utilisant la stratégie du choc.  On comprend, dès lors que  l'entreprise relève de la plus pure malhonnêteté intellectuelle.

   Le capitalisme suit une logique qui lui est propre, c'est cela qu'il faut bien comprendre, quand il se met à coloniser "le temps de cerveau disponible" ou à vouloir rentabiliser la peur de la mort comme le préconise Klaus Schwab. La logique du capitalisme c'est de tuer votre grand-mère qui de toute façon n'a plus qu'une "durée de vie résiduelle" (Laurent Alexandre) pour cause de rapport coût-profit insatisfaisant. La logique du capitalisme c'est de tuer à la naissance les fœtus dont les mères sont en "détresse psychosociale" comprenez : faiblesse économique. C'est de vendre des "vaccins" qui sont en réalité de la "thérapie génique" (Christian Perronne au micro d'André Bercoff sur Sud Radio, le 2 décembre 2020) et non des vaccins, et dont l'ARN pourra peut-être – on n'est jamais sûr de rien! – migrer dans votre ADN et, via-celui-ci, causer de graves dégâts à votre descendance.

Le capitalisme a une logique qui n'a rien de philanthropique et qui s'est très bien accommodée de l'eugénisme et du génocide comme l'a montré la collaboration active de l'industrie et de la finance avec le régime nazi. Le problème aujourd'hui ce n'est pas tant le capitalisme qui est ce qu'il est, que le fait que la plupart des gouvernants soient devenus des satellites de ce capitalisme mondialisé et illimité, entraînant leurs peuples dans des politiques criminelles à commencer par le crime de haute trahison envers les électeurs des démocraties.

 

Un langage politique de démission.

 Il est possible, par exemple, de déceler la complicité du président Macron à ce programme de spoliation des Français de leurs droits constitutionnels dans sa sortie sur la "bête de l'évènement" dans un entretien de la mi-avril 2020 avec Victor Mallet et Roula Khalaf, respectivement correspondant du Financial Times à Paris et journaliste du titre à Londres et partagé sur Facebook le 13 mai 2020. C'est sur le site du Monde.fr du 22 mai 2020 qu'on peut réécouter cet entretien mais également lire, sous la plume de William Audureau le décryptage "anti-complotiste" qu'il souhaite en faire1. Transcrivons le propos de Macron que nous allons commenter  et laissons au lecteur le soin de lire l'interprétation qu'en fait le journaliste du Monde.fr:

  « Je crois que notre génération doit savoir que la bête de l’évènement est là, elle arrive, qu’il s’agisse du terrorisme, de cette grande pandémie ou d’autres chocs. Il faut la combattre quand elle arrive avec ce qu’elle a de profondément inattendu, implacable. »

  Cette phrase et surtout la formule "la bête de l'évènement" n'ont pu manquer d'interpeller les auditeurs qui y ont, très souvent  vu une allusion à l'Apocalypse de St Jean qui traite de la fin du monde et de la montée au pouvoir de l'Antéchrist, autrement dit le Diable. Ce qui a généré le soupçon d'une adhésion du président Macron à une politique de destruction massive de la société qu'il est missionné pour diriger certes, mais également pour protéger. Or nous dit W. Audureau, le contexte  de son propos devrait  avoir de quoi nous rassurer : voilà ce que dit E. Macron :

" J'ai des convictions profondes sur ce qu'est mon pays, ce qu'est notre Europe, ce qu'est le cours du monde idéal à mes yeux, qui est fait de libertés, de coopération, d'entraide, d'amitié entre les peuples, au sens profond du terme. Et après [souligné par nous]  je crois que notre génération doit savoir que a bête de l'évènement est là et elle arrive, qu'il s'agisse du terrorisme, de cette grande pandémie ou d'autres chocs. Il faut la combattre quand elle arrive avec ce qu'elle a de profondément inattendu, implacable. Il faut le faire en restant conforme à ces principes et ne rien céder mais en étant disponible à l'évènement et pour qu'advienne quelque chose de nouveau. C'est aussi ça."

   La séquence sur "la bête de l'évènement" est ici prise dans une double tentative de désamorçage de ce qui pourrait s'opposer à l'interprétation des "chocs" sociétaux que veut en faire Macron. D'une part il veut nous rassurer sur ses propres "convictions profondes"  dans un langage, il  est vrai marqué de stéréotypes et du coup très froid, un peu comme s'il s'agissait de la récitation convenue d'un représentant de l'UNESCO ou du MRAP; de l'autre il traite des évènements qui choquent, c'est-à-dire agressent, blessent, tuent et traumatisent la société en les référant à un destin supérieur imprévu et imprévisible qui fond sur la société , président inclus qui n'y a aucune espèce de responsabilité de manière "implacable".

Le "Et après" modulant le langage sur les "convictions profondes" et précédant la mention de ce que "notre génération doit savoir" sur  "la bête de l'évènement" est terrible : car la position du président de la République sur les souffrances de ses compatriotes n'est pas celle d'un acteur  décidé à tout faire pour épargner leurs vies autant que possible, mais celle d'un spectateur extérieur qui s'intéresse aux "évènements" dans ce qu'ils peuvent avoir de terrifiant, mais sans pour autant se sentir personnellement engagé pour en modifier le cours. Imagine-t-on un seul instant le Général de Gaulle s'exprimer de la sorte en juin 1940? Et que dirait-il aujourd'hui ? Il parlerait de ses décisions pour retrouver activement la liberté menacée et non des "évènements" que sa génération doit connaître pour en quelque sorte s'y adapter, ce qui était précisément le langage d'impuissance de Pétain en son temps.

La "bête de l'évènement" est en effet une allusion à l'Apocalypse de St Jean.  Mais contrairement à la Bible, qui recommande aux êtres humains de combattre le Diable en toutes choses et de ne jamais s'allier avec lui que ce soit dans les grandes choses ou dans les petites (comme on dit si bien : "le Diable est dans les détails") - Macron veut se rendre "disponible à l'évènement pour qu'advienne quelque chose de nouveau" Il effectue le même geste que Klaus Schwab, décidé à utiliser le choc de la Covid 19 pour installer la grande réinitialisation des mondialistes. Mais le Diable est-il "utilisable" par les hommes pour leur rapporter un quelconque profit ou bien les hommes doivent-ils se garder de frayer avec lui, autrement dit, en termes laïques, avec le Mal, sachant que celui-ci les mettra tôt ou tard à sa botte? Telle est bien la question que ne se pose à aucun moment le passif Macron qui dit, en somme, qu'il y a d'un côté tous les bons principes hérités de nos traditions morales et politiques, mais que finalement, quand le "destin" pointe son nez méchant, il s'agit aussi, "en même temps", n'est-ce pas…de pouvoir passer à autre chose, "quelque chose de nouveau" mais quoi ? On ne le saura pas ici sauf à épiloguer sur ce que W. Audureau juge être des termes "plus concrets" quand Macron "explique plus loin : « Je crois que ce choc qu’on est en train de vivre après beaucoup d’autres, va nous obliger à repenser la mondialisation, et va nous obliger à repenser les termes de la souveraineté. » Ce qui laisse toutes les interprétations ouvertes!

   On peut donc dire que Macron envisage son rôle de manière très inquiétante, davantage comme celui d'un exégète de l'Histoire, dont les mouvements et la violence semblent le fasciner, que comme un véritable acteur de premier plan. Doit-on penser, avec l'historien des idées mondialistes Pierre Hillard, qu'il adhère à la philosophie de la "rédemption par le péché", doctrine franc-maçonne qui, à l'instar du communisme, justifie les moyens criminels par la fin, elle, philanthropique ? Ce n'est pas exclu, car Jacques Attali, qui forme la classe politique depuis 40 ans est lui-même un admirateur de Marx2 et de sa "violence sage-femme de l'histoire" et c'est lui qui présenta Macron à François Hollande, lui ouvrant une carrière politique. Il est possible, comme l'écrit Lionel Astruc dans L'Art de la fausse générosité: la fondation Bill et Melinda Gates (éd. Actes Sud, 2019) que les multimilliardaires Bill Gates, Klaus Schwab, Rockfeller, Soros, Attali qui propagent cette idéologie soient sincères et se soient fabriqué une parade historiciste à toute épreuve aux critiques qui leur seraient faites pour justifier leur volonté de faire main basse sur nos libertés en usant de tous les moyens en vue d'amener l'établissement d'une société planétaire hygiéniste et totalitaire : ils ne font ainsi, selon eux, qu'aller dans le sens de l'Histoire et les gogos que nous sommes dans notre génération "doivent" comme dit Macron "le savoir".

Cette sincérité leur est évidemment indispensable pour dormir tranquilles.

 

Nadia Lamm est Professeur de Philosophie/formateur de professeurs sur les thématiques: philosophie de l’éducation, philosophie morale et politique. Elle prépare un livre sur l’urgence démocratique du combat contre l’antisémitisme. 

 

Notes

1.  https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/05/22/macron-et-l-arrivee-de-la-bete-de-l-apocalypse-comment-remonter-le-fil-de-cette-petite-phrase_6040469_4355770.html

2. Jacques Attali a écrit un pavé intitulé Marx ou l'esprit du monde (éd. Fayard, 2005).

 

Auteur(s): Nadia Lamm pour FranceSoir

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