Pour un véritable retour à la normale

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Jean-Frédéric Poisson, pour FranceSoir
Publié le 03 février 2022 - 21:17
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Jean-Frédéric Poisson et Olivier Véran
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F.Froger / D6, pour FranceSoir -- AFP
Jean-Frédéric Poisson et Olivier Véran
F.Froger / D6, pour FranceSoir -- AFP

TRIBUNE — Le passe vaccinal « pourrait être supprimé bien avant juillet », selon Olivier Véran. C’est du moins ce qu’il a déclaré sur BFM TV mercredi dernier. Cette formule n’est pas sans rappeler la rengaine que nous avons entendue depuis deux ans à la fin de chaque vague : « le plus dur est derrière nous, nous allons bientôt revenir à la normale ». Hélas, comment pouvons-nous croire un gouvernement dont les ministres n’ont fait que nous mentir, nous trahir, entretenir l’espoir d’un retour à la normale avant de revenir immédiatement sur leur parole ? Ne soyons pas naïfs, la seule certitude que nous ayons, c’est que la suppression pure et simple du passe vaccinal n’est pas aujourd’hui à l’ordre du jour. Combien de temps allons-nous le tolérer ?

Alors que le Royaume-Uni a fait sauter les dernières restrictions liées au Covid-19 le 27 janvier dernier, et que l’Espagne compte le rétrograder à un statut de maladie endémique avec laquelle il faut apprendre à vivre, la France au contraire, n’a pas hésité à imposer le passe vaccinal. Depuis le 24 janvier dernier, ce passeport discriminatoire est entré en vigueur en France métropolitaine avec la bénédiction du Conseil constitutionnel. En validant la mise en place de mesures disproportionnées au regard de la réalité de l’épidémie, les sages ont définitivement discrédité leur fonction prestigieuse. Ils savent, pourtant, que le motif sanitaire n’est qu’un prétexte. De même, en déclarant vouloir faire passer le délai de validation du certificat de rétablissement de six à quatre mois à partir du 15 février, le gouvernement ne répond à aucune exigence scientifique. Par quel processus mystérieux nos défenses immunitaires perdent-elles leurs propriétés bénéfiques à partir de quatre mois soudainement ? Il n’y a aucune science ici. Seulement une volonté d’« emmerder les non-vaccinés », de pousser les populations à se faire injecter les traitements achetés en quantité industrielle aux laboratoires pharmaceutiques qui n’auront, de toute manière, aucun compte à rendre en cas d’effets secondaires dans cinq ou dix ans. Désormais le terme d’« apartheid sanitaire » considéré comme excessif il y a encore quelques mois, prend tout son sens. Nos gouvernants souhaitent diviser notre société en deux castes de citoyens distincts : ceux qui, bon gré mal gré, acceptent de rentrer dans la logique du passe vaccinal. Et ceux qui, vaccinés ou non, ont la possibilité d’en refuser l’utilisation. Ceux-là sont utilisés comme des boucs émissaires pour camoufler les erreurs et servir les ambitions de nos dirigeants.

Hélas, le passe sanitaire ne sera qu’un début si nous ne nous opposons pas aux mesures gouvernementales. En effet, rien ne nous dit que l’état d’urgence sanitaire ne sera pas prolongé au-delà du 31 juillet 2022, malgré les belles paroles d’Olivier Véran. Rien ne nous assure, non plus qu’il ne sera pas décliné de mille manières différentes. De nombreux commentateurs nous ont avertis depuis le début de cette crise. L’idée d’un passe écologique qui faisait sourire hier, pointe désormais le bout de son nez : au Canada, plusieurs penseurs progressistes à l’instar de Francis Vailles ou de François Delorme interrogent ainsi l’idée d’un « passeport carbone ». En France, le sociologue Alain Caillé propose un passe kWh avec un quota de kWh ou de CO2, dans Marianne. La proposition a d’ailleurs été reprise récemment par les Jeunes avec Macron. Enfin, le QR code qui se répand plus vite que l’épidémie dans tous les aspects de notre vie, va faire son apparition sur les cartes d’électeurs avec un matricule et un accès à des « contenus explicatifs » douteux mis en place par le ministère de l’Intérieur. Dans ces conditions, comment peut-on parler de « retour à la normale » ?

Il n’y aura de retour à la normale que lorsque les libertés auront été retrouvées et l’ensemble des mesures prises au nom de la pandémie abolies, à commencer par le passe vaccinal. Il nous faut le renvoyer là où est sa vraie place : dans les poubelles de l’Histoire.


Jean-Frédéric Poisson est président de Via - la voie du peuple.

Voir aussi :
Passe vaccinal, immunité naturelle, McKinsey: Olivier Véran joue selon ses propres règles
La lutte contre le passe sanitaire s’ancre dans un combat civilisationnel

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