Ivermectine : pourquoi le refus de l’ANSM ?

Ivermectine : pourquoi le refus de l’ANSM ?

Publié le 13/04/2021 à 16:48 - Mise à jour à 17:01
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Auteur(s): Dr Gérard Maudrux, pour FranceSoir

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TRIBUNE - L’Agence Nationale de la Sécurité du Médicament a rejeté notre demande de Recommandation Temporaire d’Utilisation pour l’Ivermectine, en date du 31 mars 2021 (disponible ici), estimant qu’« il ne peut être présumé d’un rapport bénéfice/risque favorable de l’Ivermectine en traitement curatif ou en prévention. » Vous ne saurez pas réellement pourquoi, car la loi sur la transparence n’a pas été respectée. Suite à l’affaire du sang contaminé, le souci de transparence a conduit à créer l’AFSSAPS. Insuffisant suite à l’affaire du Médiator, l’ANSM l’a donc remplacé, et le Docteur Maraninchi, premier directeur de l’ANSM avait décidé que les commissions décisionnelles seraient enregistrées et disponibles au public, ce qui avait été transposé dans les textes : Article L1451-1-1 du code de la Santé publique créé par la Loi n°2011-2012 du 29 décembre 2011 – art 1. 

Manifestement encore insuffisant car non respecté par les hauts fonctionnaires : nous avons demandé à l’ANSM de nous fournir ces documents, on nous a répondu que de tels documents n’existaient pas ! Vous ne saurez donc pas ce qui a été dit, par qui et pourquoi une telle décision. Arbitraire et illégale ? Il ne pouvait en être autrement vu les faits.

Les arguments de la réponse :

PROPHYLAXIE :

L’ANSM prétend que l’Ivermectine n’a aucune action en ne citant qu’une étude sur une douzaine existantes, celle de Bereha (41 traitements !). Je cite la conclusion de l’étude : « La prophylaxie à deux doses par l’ivermectine, a été associée à une réduction de 73% de l’infection par le SRAS-CoV-2 chez les travailleurs de la santé pour le mois suivant. La chimioprophylaxie est pertinente pour endiguer la pandémie». L’’ANSM ne retient que la réserve d’usage exprimée quasi systématiquement dans toutes les études : « ils ont souligné la nécessité d’obtenir confirmation par des études longitudinales ou interventionnelles ». Qu’en est-il de l’étude de Carvallo  en Argentine sur 1 200 soignants avec 100% d’efficacité, et de l’expérience de GTFoods sur 12 000 employés d’une entreprise à risques (viandes) et en permanence touchée, avec éradication totale de l’épidémie ? Pas lues ?

CURATIF :

L’ANSM, pour démontrer l’inefficacité de l’Ivermectine, n’avance que 6 études sur une cinquantaine possibles. 6 études plus que discutables et pourtant majoritairement positives !

Bien évidemment l’étude colombienne Lopez Medina, étude du niveau de celle de Mehra dans The Lancet, qui ne trouve pas de différence, mais les auteurs ont accepté des patients dans le groupe témoin ayant pris de l’Ivermectine depuis plus de 5 jours (présente 3 semaines dans les tissus !), ont donné de l’Ivermectine par erreur à la place du placebo, ont changé de protocole en cours d’étude n’arrivant pas à leurs fins, etc. Et on publie, et certains reprennent sérieusement ! Il y a quand même 0 mort dans le groupe Ivermectine, et 1 dans le groupe placebo, sans doute plus s’ils n’avaient pas reçu d’ivermectine !

Il y a l’étude Rajter (USA), pas sérieux quand on prétend étudier l’efficacité de l’Ivermectine et que l’on vante les études randomisées. La décision de prescrire était à la discrétion des médecins, qui ont donné de l’Hydroxychloroquine, de l’Azithromycine dans les 2 groupes ! Malgré tout, les auteurs signalent quand même un bénéfice significatif dans le groupe Ivermectine, et l’ANSM ne le retient pas au profit de la formule d’usage « les auteurs préconisent la mise en place d’études randomisées avant d’émettre une conclusion ».Tout ce que dit cette étude, c’est que l’Ivermectine est aussi ou plus efficace que HCQ, pas qu’elle est inefficace !

Mêmes excuses pour 2 études au Bengladesh. L’étude Ahmed : « clairance plus précoce du virus par rapport au placebo (p = 0,005), indiquant ainsi qu’une intervention précoce avec cet agent peut limiter la réplication virale chez l’hôte, … baisse significative de la CRP et de la LDH au jour 7, qui sont des indicateurs de la gravité de la maladie, … la valeur Ct de l’acide nucléique viral (indicateur de la charge virale) a chuté de manière significative par rapport au groupe placebo aux jours 7 et 14» selon les auteurs, mais  l’ANSM retiendra non pas le résultat, mais la « nécessité d’une étude plus large ». Puis l’étude Podder, 32 traités. Pas de résultat selon les auteurs et l’ANSM, nombre trop faible pour tirer des conclusions, mais « réduction de 20% de la durée des troubles » !

Enfin 2 études ridicules. L’étude Chaccour en Espagne, 12 patients traités ! Ils ne voient pas de différence, mais patients très jeunes, âge moyen 26 ans, sans facteurs de risques. Comment voulez-vous démontrer qu’un traitement fait mieux quand la maladie guérit toute seule ! Il y a pourtant un résultat net sur les troubles comme la « réduction de la durée l’anosmie divisée par 2 et de la toux réduite de 30% », là encore l’ANSM ne retient que la proposition de faire une étude plus importante vu le faible nombre. Il n’en reste pas moins qu’avec 50 patients au lieu de 12, la réduction de l’anosmie sera toujours divisée par 2. Enfin l’étude Chachar au Pakistan,2 x 25 patients.  Là encore, sur une population jeune et peu symptomatique, comment le traitement peut faire mieux quand la maladie guérit toute seule ? Trop petit nombre également.

En conclusion, on ne prend en compte que les séries les plus petites, avec patients jeunes, et quand il y a des résultats significatifs, on se retranche derrière la “formule d’usage” proposant d’affiner ces résultats par des études plus importantes. Pourtant ces études plus importantes existent, comme celle de République Dominicaine, avec plus de 3 000 patients. 1 seul décès sur 2 706 patients traités précocement à domicile, 3 décès sur 300 patients traités plus tardivement et hospitalisés.

Ensuite l’ANSM balaye d’un revers la demi-douzaine de méta analyses que nous avions transmis (Kory (USA), Hill (GB), Nardelli (Italie), Guillauseau (France), Bryant/Lawrie (GB), Cobos-Campos(Espagne), C19Ivermectine,  Ivmeta), au prétexte qu’elles n’ont pas fait l’objet d’une validation par un comité de lecture, et comportant des études avec des insuffisances méthodologiques. En ce qui concerne la lecture ou relecture, quelles sont les compétences des membres de l’agence s’ils n’ont pas la capacité de lire et analyser eux-mêmes ces études ? Ensuite quand on voit les insuffisances et défauts des études citées par l’ANSM, quand on voit que pour valider un médicament avec une seule étude du labo concerné, que pour valider un cocktail de vaccins sans aucune étude préliminaire, et forcément non publiée, et qu’ici 50 ne suffisent pas, selon cette vieille expression française, n’est-ce pas l’hôpital qui se fout de la charité ! 

https://ivmmeta.com

Bien entendu, pour terminer, la formule d’usage de la conclusion de la méta analyse d’Andrew Hill est reprise, alors qu’il a avoué avoir été influencé pour ses conclusions. Il serait peut-être bon de rappeler qu’avant cette conclusion « sous influence », Hill s’était plusieurs fois exprimé clairement pour l’efficacité et l’utilisation de l’Ivermectine. Pourquoi ces méta analyses sont ainsi écartées ? Pourtant elles arrivent toutes aux mêmes conclusions : l’utilisation de l’Ivermectine divise par 4 à 5 la mortalité de la Covid, et dans 80% des cas les troubles disparaissent deux fois plus vite.

L’ANSM cite ensuite la position du HCSP, dont nous avons pris l’habitude de ses positions contradictoires. Egalement celle de l’Agence Européenne du Médicament qui est politique, n’ayant même pas statué : l’EMA reconnaît dans un communiqué ne pas avoir été saisie du dossier et ne cite qu’une étude, in vitro, alors qu’ici il est question des études et de l’utilisation chez l’homme. Elle n’évoque pas la position de l’OMS, position négative, politique et sans vote. En effet il est bon de citer le premier paragraphe de la conclusion de Andrew Hill sur lequel l’OMS s’appuie : « Cette méta-analyse de 18 ECR portant sur 2282 patients a montré une amélioration de 75% de la survie, un délai de récupération clinique plus rapide et des signes d’un effet dose-dépendant de la clairance virale chez les patients recevant l’ivermectine par rapport au traitement témoin. »

RISQUE :

Pour accorder une RTU, la loi ne prévoit que deux conditions : une présomption d’efficacité et un minimum d’effets indésirables afin d’établir un rapport bénéfice/risque favorable. L’Ivermectine est un des médicaments les plus sûrs de la pharmacopée mondiale. Reconnu comme » sans danger pouvant être utilisé à grande échelle » par l’OMS. A titre de comparaison, Vigibase recueillant les données de pharmacovigilance de plus de 130 pays adhérents à l’OMS, relève en 30 ans 16 décès et 4 700 effets indésirables pour l’Ivermectine, contre 3 695 décès et 161 147 effets indésirables pour le Doliprane. L’ANSM évoque une inconnue concernant la posologie qui n’a pas de raison d’être : c’est la même que dans les autres pathologies concernées par une AMM, et lorsque la prescription est renouvelée, aucune étude ne signale un quelconque problème. Des essais avaient par ailleurs était faits à 10 fois la dose en 2002 par Merck détenteur du brevet à l’époque, sans aucun inconvénient.

Nous avions également proposé à l’ANSM de contacter les spécialistes qui en France connaissaient le mieux l’Ivermectine pour avoir travaillé le sujet. Le laboratoire Medincell qui prépare un dossier avec des études pour une AMM concernant une forme injectable d’Ivermectine à action prolongée, avec une grosse publication sur la sécurité du médicament faite par Jacques Descotes, professeur émérite à l’Université Claude Bernard à Lyon. Jean-Pierre Changeux de l’Académie des Sciences, professeur honoraire au Collège de France et à l’institut Pasteur, et Pierre-Jean Guillausseau de l’Université de Paris Sorbonne, auteur d’un gros travail d’analyse des études étrangères. Aucun n’a été consulté, pas plus qu’il n’est fait état des constatations très positives faites dans deux Ehpads en France en début d’épidémie et portées à la connaissance des autorités. Aucun médecin prescripteur n’a été contacté pour évoquer son expérience, alors que ce sont ces remontées de terrain qui ont permis au Baclofène d’avoir une RTU dans l’addiction alcoolique, sans aucune étude clinique, montrant qu’il existe d’autres moyens que les études étrangères pour évaluer l’efficacité d’un médicament.

Voilà pour l’analyse de la réponse de l’ANSM. Pour les motifs concernant cette décision de mauvaise foi, contraire aux constatations médicales et à l’intérêt des citoyens, je vous laisse juges.

 

Article initialement paru sur le blog du Dr Maudrux et repris avec son autorisation.
 

Auteur(s): Dr Gérard Maudrux, pour FranceSoir

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Gérard Maudrux, chirurgien urologue

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