McKinsey au Sénat : les conseillers peinent à répondre aux questions de la Commission

McKinsey au Sénat : les conseillers peinent à répondre aux questions de la Commission

Publié le 20/01/2022 à 17:40
F. Froger / Z9, pour FranceSoir / DR
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Auteur(s): FranceSoir
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Auditionné par une commission d’enquête sénatoriale mardi 18 janvier, un des directeurs associés du cabinet de conseil McKinsey a eu toutes les peines du monde à justifier un contrat de 496 800 euros pour « évaluer les évolutions du métier d’enseignant », entre autres sujets de discussion.

Une somme versée pour « réfléchir aux évolutions du métier d’enseignant »

En langage familier, c’est ce que l’on appelle « passer un sale quart d’heure ». Mardi 18 janvier, la commission d’enquête du Sénat s’est réunie pour mesurer « l’influence croissante des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques ». L’objectif était de mieux comprendre le rôle joué par ces cabinets dans la gestion de la campagne de vaccination contre le Covid-19, mais aussi en savoir davantage sur la nature de certaines missions facturées à plusieurs centaines de milliers d’euros.

C’est justement pour justifier un contrat 496 800 euros que deux directeurs associés du cabinet américain McKinsey ont dû répondre aux questions des sénateurs. La présidente du groupe communiste, ici rapporteure de la commission Éliane Assassi, a ainsi interrogé Karim Tadjeddine, responsable du pôle Secteur public de McKinsey France sur un contrat d’un montant de 496 800 euros pour « évaluer les évolutions du métier d’enseignant ».

Pour justifier la somme perçue par son cabinet, Karim Tadjeddine a déclaré qu’elle avait servi à organiser un « séminaire » pour « réfléchir aux grandes tendances des évolutions du secteur de l’enseignement ». « Nous avons accompagné la DITP [Direction Interministérielle de la Transformation Publique, ndlr] dans cette réflexion. », a-t-il ajouté.

« 496 800 euros, c’est l’équivalent d’un million de masques FFP2 »

Une réponse qui n’a visiblement pas convaincu l’élue de Seine-Saint-Denis, qui a estimé que la réponse était « un peu imprécise » pour une somme aussi conséquente. « Ça a abouti à quoi, précisément ? », insiste Éliane Assassi. Ce à quoi Karim Tadjeddine répond qu’il s’agissait de « travaux de "benchmarking" du marché, de comparaison » des évolutions du métier d’enseignant et des systèmes éducatifs européens et de « réfléchir à des thèmes de réflexion pour la tenue d’un séminaire avec les responsables des enseignants ».

Toujours pas convaincue. Un peu plus tard, face à la ministre chargée de la Transformation et de la Fonction publiques Amélie de Montchalin, la sénatrice a rappelé que « 496 800 euros, c’est l’équivalent de 1 600 purificateurs d’air dans 1 600 restaurants scolaires, et c’est l’équivalent d’un million de masques FFP2 qu’attendent dans l’urgence les enseignants comme l’a promis le ministre Jean-Michel Blanquer ».

Largement partagée sur les réseaux sociaux, cette séquence montrant le conseiller de McKinsey en difficulté a beaucoup fait réagir, alors qu’une nouvelle mobilisation des enseignants a été organisée ce jeudi 20 janvier pour protester contre la gestion de l’épidémie dans les écoles, et que Jean-Michel Blanquer est en pleine tempête médiatique après les révélations de ses vacances à Ibiza par Médiapart.

Depuis le début de la crise sanitaire, le cabinet de conseil McKinsey, bien aimé du gouvernement français depuis déjà quelques années, a engrangé plus de 13,5 millions d’euros, selon cette même Commission d’enquête sur l’influence croissante des cabinets de conseil sur les politiques publiques.

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En langage familier, c’est ce que l’on appelle « passer un sale quart d’heure ».

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