Pour le pape François, "les aboiements de l’OTAN" ont peut-être provoqué l’offensive russe en Ukraine

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FranceSoir
Publié le 07 mai 2022 - 18:37
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Le pape François, le 21 octobre 2015 au Vatican, à Rome.
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Dans un entretien au quotidien italien Corriere della Sera, mardi 3 mai, le pape François a reconnu que certains des griefs invoqués par Moscou pourraient justifier les causes de la guerre en Ukraine. Le chef de l’Église catholique a fait valoir que « les aboiements de l’OTAN à la porte de la Russie » auraient, en effet, pu pousser Moscou « à mal réagir et à déclencher le conflit » – « une colère, ajoute-t-il, dont je ne sais dire si elle a été provoquée, mais peut-être facilitée ».

Une déclaration du pontife qui s’inscrit dans une volonté de diplomatie avec la Russie. Celui-ci se dit avec insistance « prêt à aller à Moscou » pour rencontrer Vladimir Poutine. Il explique lui avoir transmis ce souhait mi-mars, « après vingt jours de guerre ». « Nous n’avons pas encore reçu de réponse et nous continuons à insister, même si je crains que Vladimir Poutine ne puisse et ne veuille pas de cette rencontre pour l’instant », déplore-t-il, cependant.

Voir aussi : Russie-Ukraine : selon l'ex-président brésilien Lula, Volodymyr Zelensky "voulait la guerre"

Au moment du déclenchement du conflit en Ukraine, le pape a dénoncé à plusieurs occasions l’intervention de l’armée russe, adjurant les belligérants de mettre un terme au combat. Pour autant, si d’autres représentants du Saint-Siège désignaient la Russie comme coupable d'avoir causé cette guerre, lui-même s’en est souvent tenu à des formulations plus diplomatiques.

Le pape François ne se rendra pas à Kiev « pour l’instant »

Le pape argentin s’est montré très explicite dans les colonnes du Corriere della Sera en proposant au grand jour ses services de médiation. Aussi, il explique qu’il a décidé de ne pas se rendre à Kiev « pour l’instant » – hypothèse un temps « sur la table », car ce serait immanquablement perçu comme un acte hostile par le Kremlin. « D’abord, je dois aller à Moscou, d’abord je dois rencontrer Poutine […]. Je fais ce que je peux. Si Poutine ouvrait la porte… »

Le pape argentin fait part, en revanche, de son « pessimisme ». Comme il l’a affirmé à plusieurs reprises depuis le début de son pontificat, les guerres sont à ses yeux le fruit du commerce des armes, qui débouche sur une course aux armements. Lors de son message de Pâques, François avait fait référence au manifeste en faveur du désarmement signé en 1955 par le philosophe Bertrand Russell (1872-1970) et par Albert Einstein. Dans un livre en langue italienne paru le 14 avril et intitulé Contre la guerre (Contro la guerra, Solferino et Librairie éditrice vaticane), il déclarait que « l’Ukraine a été agressée et envahie », mais précisait un peu plus loin que « la guerre n’est pas la solution ».

Faut-il livrer des armes à l’Ukraine, comme le font de nombreux pays de l’OTAN ? À cette question, François n'apporte pas de réponse : « Je ne sais pas comment répondre, je suis trop loin. » « Ce qui est clair, poursuit-il, c’est que des armes sont testées là-bas. […] C’est pour cela qu’on fait des guerres : pour tester les armes que l’on produit. »

Le pape jésuite confirme aussi dans cet entretien que la rencontre avec le chef de l’Église orthodoxe russe, qui aurait dû se tenir à Jérusalem le 14 juin, est reportée sine die.

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