Agnès Saal condamnée à 4.500 euros d'amende pour ses notes de taxis démesurées

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Agnès Saal condamnée à 4.500 euros d'amende pour ses notes de taxis démesurées

Publié le 11/04/2016 à 13:55 - Mise à jour à 13:56
©Remi Mathis/Wikipedia
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
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L’ancienne directrice de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), Agnès Saal, a été condamnée à 4 .500 euros d’amende pour ses notes de taxis démesurées. Jugée pour détournement de fonds publics, elle avait décidé de plaider coupable.

Elle était devenue un symbole des abus des élites de l'Etat quand François Hollande promettait "une République exemplaire": l'ex-patronne de l'Institut national de l'audiovisuel (INA), Agnès Saal, a été condamnée lundi à 4.500 euros d'amende pour ses notes de taxis démesurées.

Elle n'a cette fois pas eu de privilège à son arrivée au tribunal correctionnel de Créteil: Agnès Saal, habillée de noir et d'un foulard pourpre, a dû faire la queue et se plier au passage par le portique de sécurité, comme tous les justiciables. Une salle d'audience, plus petite et plus discrète, a cependant été choisie pour une audience qui n'a duré que quelques minutes. Jugée pour "détournement de fonds public par personne chargée d'une mission de service public", un délit puni jusqu'à dix ans de prison, Mme Saal avait choisi la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), ou plaider coupable à la française, pour s'épargner de longs débats devant le tribunal.

Après un court délibéré, un magistrat a simplement homologué la peine proposée par le parquet de Créteil, acceptée par la fluette énarque, soit 150 jours d'amende à 30 euros. Si la prévenue ne s'acquitte pas de cette somme, les jours amende deviennent des jours de détention. Mme Saal a également été condamnée à verser 5.500 euros à l'association de lutte contre la corruption Anticor, partie civile, au titre des dommages et intérêts et des frais de justice.

"L'épreuve est longue, l'épreuve est dure, l'épreuve est violente, elle est peut-être disproportionnée. J'ai commis une faute, je l'ai reconnue, je l'ai assumée, je la paye très cher. J'aspire vraiment aujourd'hui, à ce qu'on m'autorise à tourner la page, à clore ce chapitre", a déclaré Agnès Saal après le prononcé du jugement. "Je sers l'Etat depuis plus de 30 ans. Je crois l'avoir très bien servi et je voudrais continuer à le faire aussi bien, mieux peut-être encore que je ne l'ai fait toutes ces années" a-t-elle ajouté, remerciant "ses proches, ses amis" dont "aucun ne (l')a lâchée".

Entre mai 2014 et avril 2015, alors qu'elle était à la tête de l'INA, la haut fonctionnaire a dépensé 23.788,46 euros de frais de taxis, soit 685 courses, dont plus la moitié a bénéficié à son fils, ses deux filles et sa tante "Lucette", a détaillé le président à l'audience. Ces sommes ont été depuis remboursées par Agnès Saal, a observé son avocat Eric Morain, qui a qualifié la peine "juste" ponctuant "la fin d'un long calvaire" pour sa cliente, "une haut fonctionnaire sans tache", à la réputation de "work addict".

Me Morain a cependant regretté que sa cliente soit sanctionnée "quatre fois": par les tribunaux de Créteil et Paris, par une sanction administrative et par "le tribunal de l'opinion". Début janvier, le président François Hollande l'avait exclue par décret pour deux ans de la fonction publique, dont six mois ferme, pressé par la tempête médiatique qu'avait déclenchée l'affaire, qui succédait à plusieurs autres cas de dépenses de responsables publics.

Mme Saal doit également comparaître à nouveau vendredi matin à Paris pour ses notes de taxis quand elle dirigeait le Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou (CNAC).

"L'affaire" Agnès Saal avait éclaté en avril dernier, quand un "corbeau" avait dénoncé au conseil d'administration de l'INA les dépenses de la dirigeante. Moins de 48 heures plus tard, Agnès Saal démissionnait, à la demande de la ministre de la Culture d'alors, Fleur Pellerin. Après les révélations, le monde de la culture s'était mobilisé pour prendre sa défense, publiant une tribune dans Libération et adressant une lettre à Fleur Pellerin.

Pour Me Jérôme Karsenti, l'avocat d'Anticor, c'est au contraire "une sanction a minima, comme le procès, symbolique", regrettant "une peine négociée, sans débat". A l'audience, il a dénoncé "les marquis qui ne se sentent pas concernés par l'argent public" et "une justice qui ne prend pas la mesure de la gravité du trouble à l'ordre public" causé par cette affaire.

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Agnès Saal a écopé de 4.500 euros d'amende dans l'affaire des "frais de taxis".

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