Fausse alerte attentat dans une église de Paris: ce que l'on sait

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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
Publié le 18 septembre 2016
Mis à jour le 18 septembre 2016
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SAIP, l'application en cas d'attentat.
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L'application SAIP a été déclenchée samedi, faisant état d'une alerte attentat à Paris.
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Erreur de bonne fois dans un contexte tendu ou acte de malveillance? Une enquête est en cours pour découvrir ce qui a motivé un appel à la police, samedi, évoquant une prise d'otages dans une église du centre de Paris. Une fausse alerte largement relayée sur les réseaux sociaux avec son lot d'approximations.

Un appel à la police, une église et finalement une fausse alerte: des rumeurs de prise d'otages ont conduit samedi après-midi à une vaste opération des forces de l'ordre dans le centre de Paris, sur fond de menaces d'attentats en France.

"C'est bien une fausse alerte qui a entraîné l'intervention des forces de l'ordre cet après-midi dans une église de la rue Saint-Denis à Paris", a déclaré le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve dans un communiqué.

C'est l'église Saint-Leu, située rue Saint-Denis non loin de la place du Châtelet, en plein centre de la capitale, qui s'est trouvée au cœur de cette intervention à la suite d'un appel aux services de police.

Appel de bonne foi ou malveillant? "L'enquête est en cours et permettra d'établir ce qui s'est passé", a indiqué sur BFMTV Pierre-Henry Brandet, le porte-parole du ministère.

Peu après cet appel, les policiers de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) se sont rendus sur place. Dans ce quartier commerçant et touristique, particulièrement fréquenté le samedi, le secteur a été bouclé, des habitants évacués ou confinés.

"Des policiers armés sont entrés dans mon immeuble et ressortis", a raconté à l'AFP un riverain, sous couvert d'anonymat. "Je suis descendu dans la rue, tout était bouclé et des policiers armés étaient postés au coin de l'église, ils nous ont crié de rentrer chez nous".

Aux alentours de 16h30, la préfecture de police avait annoncé sur Twitter une "intervention en cours" et appelé à "éviter le secteur", sans préciser le motif de cette opération.

Via l'application pour smartphone SAIP (Système d'alerte et d'information aux populations), les autorités avaient délivré un message "église - alerte attentat". Pour certains, cela a contribué à nourrir les inquiétudes, alors que sur les réseaux sociaux des internautes évoquaient - pêle-mêle et avec ou sans conditionnel - "attentat" ou "prise d'otages".

"Par précaution, le système d'alerte aux populations +SAIP+ a été immédiatement déclenché", a expliqué M. Cazeneuve, saluant "la grande réactivité des forces de l'ordre et leur très grand professionnalisme en toutes circonstances, au service de la sécurité des Français".

"Il est nécessaire de donner un certain nombre d'informations. C'est un besoin pour une prise maximale de précaution", a justifié le porte-parole du ministère lors d'un point presse organisé près de la zone d'intervention.

Que s'est-il passé au juste? "Les circonstances qui ont mené à cette intervention restent à déterminer avec précision", selon le ministre de l'Intérieur. "De ce que nous comprenons à ce stade, il y aurait eu un mouvement de foule dans la rue, qui aurait conduit des personnes à se confiner dans l'église et provoqué l'alerte", a relaté Patrice Latron, directeur du cabinet du préfet de police.

A ses côtés, Pierre-Henry Brandet a poursuivi: "à 15h39 les services de police ont reçu un appel faisant état d'une possible prise d'otages en cours à l'église St-Leu". "Immédiatement l'alerte est donnée et les premiers effectifs de police arrivent sur les lieux et sont rejoints très rapidement par des effectifs de la BRI. Le quartier a été bouclé et un périmètre de sécurité a été installé", a-t-il ajouté.

Ensuite, le prêtre puis d'autres personnes sont sorties de l'église, les mains en l'air. Les hommes de la BRI on alors investi les lieux: au bout d'"environ une heure", ils ont constaté qu'il n'y avait aucun danger.

"Ça se termine bien, c'est une fausse alerte, qui a permis de démontrer que le dispositif prévu en cas d'alerte ou d'attentat terroriste fonctionne parfaitement", a affirmé M. Brandet.

Cette fausse alerte intervient alors que, selon le Premier ministre Manuel Valls, la menace terroriste est "maximale" en France, touchée depuis 2015 par une série d'attentats, qui ont fait 238 morts.

Le 26 juillet, un prêtre avait été assassiné en pleine messe par deux jeunes djihadistes dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen.

 

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